POUM POUM COMICS #10
VOLUME DEUX DE LA TRILOGIE « ET SI POUM POUM COMICS ETAIT UN VIDEOBLOG ».
JE PENSAIS L’UPLOADER HIER MAIS YOUTUBE A FAIT LE CON.
Poum Poum Comics #8
Ça fait longtemps, hein ? Je sais. J’avais deux-trois idées pour marquer le coup et faire un retour triomphal, mais je me suis assez vite aperçu qu’elles étaient toutes plus ou moins casse-gueule, et je ne sais pas pour toi mais perso je déteste me casser la gueule. Ça va un peu à l’encontre de mes principes. Imagine donc que le numéro précédent parle de tous les comics parus les semaines où je n’étais pas là, et profitons de l’instant présent en parlant des comics parus cette semaine.
Et quand je te dis que cette semaine est placée sous le signe du retour, j’entends retour sur tous les niveaux. Parce que oui, enfin, après plusieurs semaines d’abstinence, je m’en vais violenter un bon gros COMIC DE MERDE. Youpi-ya-ya youpi-youpi-ya, comme on dit par chez moi. And the winner is Avengers X-Sanction #2. Tout dans ce comic est absolument détestable, à commencer par la raison même de son existence : Cable, qui était CARRÉMENT MORT à la fin de Second Coming, n’était en fait PAS VRAIMENT MORT, il doit sauver sa fille Hope sinon le monde va être tout cassé, pour ça il va devoir CASSER LA GUEULE A TOUS LES AVENGERS, et il n’a plus que 24 heures à vivre MAIS POUR DE VRAI HEIN IL VA VRAIMENT CREVER CETTE FOIS.
C’est pas assez à chier pour toi ? Okay. Mettons. Alors prends tout ce que je viens de dire, et confie ça à Jeph Loeb, bien décidé à rester au fond d’un trou qu’il a commencé à creuser depuis déjà plusieurs années. Non, X-Sanction ne marquera pas son grand retour sur le devant de la scène. Rappelant les années 90 dans tout ce qu’elles avaient de plus indigeste, ses dialogues à base de one-liners moisis transforment des personnages respectables en gros tas puants de clichés sur pattes, et son script ultra-prévisible montre ses quelques rebondissements à des centaines de kilomètres. Résultat : cette insipide baston entre Cable et les Avengers peine à convaincre de son intérêt. Ed McGuiness, quand à lui, fait de son mieux, mais il est clair qu’au delà de sa spécialité (c’est-à-dire les types tellement musclés qu’ils ont des muscles sur leur muscles), il peine à offrir un résultat convenable.
Qu’on soit clairs : je l’ai acheté seulement pour que tu n’aies pas à le faire toi, et je crois que j’ai chopé un cancer des yeux en le lisant. Ne l’achète pas. Si un ami te l’offre, considère-le comme un ennemi. Si c’est censé convaincre du bien fondé d’Avengers Vs. X-Men, c’est un peu foiré.
Mais Marvel ne publie pas que des bouquins de merde, non. Ils publient aussi Defenders #2. Après s’être assez violemment cassé les dents sur Fear Itself, Matt Fraction revient, lentement mais sûrement, au plaisir des choses simples. Les choses simples, dans les comics, c’est de faire péter les gros trucs high-concept de malade. Hulk arrive dans le bureau de Doctor Strange. Et IL FLIPPE SA RACE. Et déjà, tu sais qu’il va se passer un truc d’assez énorme, parce qu’il en faut QUAND MÊME SACREMENT PAS MAL pour faire flipper l’incroyable Hulk. Du coup, ils décident de rassembler une équipe du genre carrément surpuissante, histoire d’être parés à toutes les éventualités. coupez les moteurs
Aux côtés de l’ancien Sorcier Suprême, on retrouve donc une sacrée bande de dingues, avec Namor, le Surfer d’Argent, Red She-Hulk et Iron Fist, même si Iron Fist n’est là que parce qu’il avait un avion de disponible. Et ils doivent affronter Nul, le briseur de mondes, qui est en gros un super fantôme de toute la rage destructrice de Hulk. Ouais. S’ensuivent des aventures à base de kung-fu en apesanteur, de bastons avec des hommes-tigres au sommet d’une montagne, d’artéfacts magiques, et d’une grande bataille pour sauver la réalité. Et tout cela est quand même assez cool. tout ceux que vous aimez vont mourir
Tout n’est pas parfait, non, et il est vrai que Fraction peine encore à différencier les voix de ses personnages. Mais sa plume s’affine et il parvient à nous offrir des petits moments magiques absolument géniaux entre ses personnages, comme ce passage ou Strange trouve les mots justes pour effrayer Red She-Hulk. Et comme en plus il semble avoir un plan assez dingue, on a d’autant plus envie de le suivre. Et quand à côté Terry Dodson assure avec son trait classe et stylé, on ne peut être que convaincu. battez-vous pour tout sauver
Je pourrais sans doute te parler un peu de X-Club #2, de Uncanny X-Men #4, de Wolverine and the X-Men: Alpha and Omega #1 ou de tous les autres X-Titres placés sous la bannière Regenesis. Mais l’exercice étant relativement conséquent, il mérite que j’y consacre un article complet, stay tuned tout ça tout ça. Mais je peux te toucher deux mots sur Uncanny X-Force #19.1, qui n’a absolument rien à voir avec tout ça puisque c’est l’introduction à Age of Apocalypse #1 qui arrivera en mars. Et une fois de plus, Rick Rememder assure le boulot avec classe, s’amuse à balancer des twists apocalyptiques sur quelques concepts de l’univers Marvel récent, tout en offrant à David Lapham un fantastique point de départ qu’il a intérêt à ne pas gâcher parce que c’est probablement le truc le plus intéressant que Marvel a fait à l’AoA depuis des plombes. Et Billy Tan fait un boulot magnifique. C’est absolument fantastique, mais Uncanny X-Force nous a habitué à du haut niveau alors je ne suis pas étonné.
J’ai écrit beaucoup trop de mots sur le reboot de DC, alors permets-moi de te faire juste un topo assez rapide des #5 sortis cette semaine avant de nous séparer. Justice League International est toujours aussi désespérément chiant, ce qui m’énerve parce que j’aime tous ces personnages et j’aimerais les voir dans un titre à la hauteur de leur potentiel. Fin d’arc, du coup c’est un bon moment pour se dire adieu, JLI. Batwing continue à épater, réussissant à toujours sonner juste, et construisant toujours aussi soigneusement un monde toujours aussi fascinant autour du Batman de l’Afrique. Stormwatch est toujours un bouquin dans lequel tout peut, et donc va, arriver. Rien n’est jamais certain d’un numéro au suivant, et même dans son avant-dernier numéro Paul Cornell balance des bons gros twists de malade, le tout avec classe et humour. O.M.A.C. est toujours le bouquin le plus réjouissant que DC publie, à base de bonnes grosses patates dans la tronche et de grosses explosions qui démontent, et c’est une joie de le voir se battre avec Frankenstein. Comme quoi, ça tient à peu de choses, le bonheur. Action Comics est dingue comme un titre signé Grant Morrison sait l’être. Il ajoute quelques idées complètement dingues à la figure imposée qu’est l’origine de Kal-El, et se termine sur un cliffhanger high-concept de fou comme seul Grant sait les écrire. Et évidemment, Swamp Thing et Animal Man déchirent leur race, les deux chacun à leur façon, mais je ne veux pas t’en dire plus parce que tu dois acheter ces bouquins et je vais t’épargner des longs paragraphes faisant maladroitement état de tout l’amour que j’ai pour ces deux titres. Of course Animal Man est le PICK OF THE WEEK. Allez, à la semaine prochaine.
La Roue De La Fortune Version Trois Point Zéro
Alors oui, il y aurait un millier de bien meilleurs sujets pour un premier article, surtout pour inaugurer ce qui sera sans doute la dernière année de l’histoire de l’humanité, mais à ces reproches que je sens déjà nombreux, j’aurais deux réponses. D’abord, je sais que l’inéluctable marche du Ragnarok qui mènera notre planète à sa destruction totale ne sera pas interrompue par un de mes articles, aussi mauvais soit-il. Ensuite, si après 4 mois de silence radio de ma part, tout ce que tu trouves à partager avec moi c’est la lame sarcastique d’un couteau fait de cynisme dans mon dos, je trouve que c’est quand même pas très très sympa et je te prierais de t’excuser parce que je ne suis pas entré dans cette pseudo-profession pour affronter la cruauté d’une meute de hyènes affamées même si en vérité je vous aime tous qui que vous soyez et je ne vous souhaite que le meilleur pour cette nouvelle année, profitez de vos derniers moments sur Terre et tout ça.
Qu’on se le dise, 2012 sera une année totalement placée sous le signe de la créativité et de la hype, et je ne dis pas ça juste parce que j’ai passé les quatre derniers mois à regarder tout ce qui fonctionnait à peu près bien sur Twitter afin de le reprendre dans mes articles. Non, en 2012, je te promets des articles de qualité sur des sujets divers et variés, et pas juste un ramassis de catchphrases déjà moisies venues d’un type tellement désespéré qu’il essaiera de noyer le poisson qu’est son manque absolu de talent sous l’eau de la dernière série à la mode.
Bref, j’ai regardé la Roue de la Fortune.
Avant d’aller plus avant dans cette critique, dont je sais que tu l’attendais dans ton for intérieur depuis des semaines au point de causer une insupportable douleur à ton petit coeur meurtri, je dois revenir ne serait-ce qu’un moment sur les épisodes précédents.
GRAND A PETIT UN: LA ROUE DE LA FORTUNE, UNE HISTOIREUH TUMULTUEUSEUH
Créée en 1975 par Merv Griffin, Wheel Of Fortune arrive sur NBC en- non attends t’as Wikipédia pour ça, pourquoi j’irai me casser le cul avec une présentation et tout. Tout ce que tu as besoin de savoir, c’est que le 2 janvier de cette année, Benjamin Castaldi a rejoint ce grand panthéon de la télévision Française qu’on appelle « La liste des animateurs de la Roue de la Fortune », qui contient entre autres sommités Michel Robbe, Christian Morin, Alexandre Debanne et Olivier Chiabodo. Je n’ai vu cette première ère de la Roudelaf, comme on s’amuse à la nommer dans les milieux autorisés, que pendant son déclin, mais j’ai une bonne excuse, je venais à peine de naître et à 5 ans j’avais autre chose à foutre. (A l’époque, ma mère pensait encore que j’arriverais à faire quelque chose de ma vie)
Par contre en 2006, lorsque Christophe Dechavanne, son chien et sa chatte, je veux dire ses nichons, je veux dire sa pute, je veux dire Victoria ont repris la boutique, cette fois en access prime-time, juste entre Secret Story et le journal de 20h. Et, même si tu sais comme moi que j’ai un certain passif avec Secret Story qui m’a coûté un poste auprès d’un blog qui gagnait à être connu, je dois t’avouer qu’à l’époque là non plus je ne m’emmerdais pas assez pour regarder un seul épisode en entier, malgré les pitreries de ce brave Christophe.
Mais aujourd’hui le monde a changé, et je ne parle pas uniquement du fait que partout à travers le monde des jeunes enfants sont sacrifiés lors de tentatives futiles de calmer la rage destructrice des anciens dieux qui ont gouverné sur la race humaine depuis des temps immémoriaux. Il y a une nouvelle Roue de la Fortune, dans un tout nouveau décor, avec de toutes nouvelles cases, et des tout nouveaux animateurs. Et puisque c’est la première nouveauté de 2012, je me suis dit que ça méritait investigation.
D’abord, il y a Benjamin Castaldi. Et nombreux sont les humoristes à s’être moqués de sa prétendue idiotie, et de son insupportable attitude de gamin constamment émerveillé par tout ce qui l’entoure, à commencer par le fait qu’il est à la télévision, comme ce gamin qui joue avec la caméra de son parrain, imitant un animateur télé avec une brosse à cheveux. Et je pourrais me moquer de cet amateurisme qui est tellement plus insupportable que charmant. Je pourrais tirer des conjectures et écrire qu’il demande au public de compléter ses phrases parce qu’il serait trop con pour être animateur sur TF1, un exploit qui mériterait d’être consigné dans le livre des records. Mais de une, ce serait faire preuve d’une fainéantise digne des auteurs des Guignols de l’Info, et de deux, il a produit Gloire et Fortune : La Grande Imposture sur M6 en 2004, et du coup sa balance karmique est dans le positif à vie.
Ensuite, donc, il y a Valérie Bègue, ancienne Miss France, prouvant définitivement que vers la fin Geneviève de Fontenay avait complètement pété les plombs, décrétant qu’avec suffisamment de fond de teint, même un lézard pouvait devenir une reine de beauté. Valérie Bègue donc, qui prend la place de la chatte non je veux dire les nichons non je veux dire la pute non je veux dire Victoria, et qui quand elle ne fait pas semblant de retourner les lettres en marchant devant un écran mange des souris vivantes. Valérie Bègue, enfin, qui parce qu’elle arrive à aligner deux mots dans un français correct l’un après l’autre te balance des grands morceaux de sagesse comme « la chance est le sourire de l’inconnu ». Certes, elle n’a pas autant de charisme (ma façon à moi de dire « nichons ») que Victoria, mais Victoria n’était pas la réincarnation du dieu lézard Quetzalcóatl, ce qui veut dire qu’elle sera parmi les premières à mourir lors de l’inévitable bain de sang prévu pour le 21 décembre.
Alors, il reste le jeu en lui-même, et c’est sans doute là que se situe le plus gros problème de cette nouvelle mouture de la Roue de la Fortune, à savoir que la Roue de la Fortune est sans doute le pire jeu jamais diffusé à la télévision, et je sais de quoi je parle puisque je regardais religieusement le Kouij avec Gérard Vivès, un sacré warrior de la comédie auquel je devrai rendre hommage un de ces jours. Et je ne parle pas ici du type du candidat que la Roue attire, bien qu’il y aurait des paragraphes entier à écrire sur l’infinie connerie dont ils sont capables. Non. Pour te parler en des termes de nerd dont je sais que tu vas les comprendre, je vais t’expliquer le game system de la Roue de la Fortune.
GRAND A PETIT B: LE GAME SYSTEM DE LA ROUE DE LA FORTUNE, UNE IMPOSTURE DIGNE DE HEAVY RAIN
Je peux imaginer avec une certaine certitude les questions que tu es en train de te poser. Oui, il y a des règles à la Roue de la Fortune. Et oui, lorsqu’elles sont scrutées avec un minimum d’attention, on s’aperçoit qu’à grand renfort de mauvaises idées et de contradictions, ces règles sabotent totalement l’intérêt de la Roue de la Fortune en tant qu’émission de divertissement.
Tiens, par exemple, comme tu le sais sans doute, chaque manche de la Roue de la Fortune est centrée autour de la résolution d’une énigme. Un canevas immaculé que les joueurs remplissent au fur et à mesure avec des lettres, jusqu’à trouver la solution afin de remporter la manche. Tu pourrais alors penser que le but de la manche est de résoudre l’énigme, et qu’il y aurait une récompense à la clé si tu venais à trouver la bonne réponse avant les autres candidats. BAH NON MON CON, tu vas vite t’apercevoir que le but de la manche n’est pas de trouver la réponse le plus tôt possible, mais de la trouver et DE LEECHER COMME UN GROS SALE DESSUS POUR FAIRE LE MAXIMUM DE POINTS. Et l’amateur de superplays que je suis te le dira sans hésitation : le leeching, c’est chiant.
« Mais », t’entends-je alors crier, « Je remporte la manche, non ? N’est-ce pas là le but ? De remporter le plus de manches possibles ? » HA HA HA MAIS QUE TU ES STUPIDE, BIEN SUR QUE NON. Le but de la Roue de la Fortune, c’est D’ACCUMULER DE L’ARGENT. Pourquoi avoir des manches qu’on peut remporter, alors ? MAIS PUTAIN QU’EST CE QUE J’EN SAIS.
« Et la roue alors ? » La ROUE ? NE ME PARLE PAS DE LA ROUE, PETIT HOMME. LA ROUE EST UN MYSTÈRE. Parfois, elle décidera de TOTALEMENT COUPER LE JEU DANS SON ÉLAN pour entrer dans la Caverne, un concept TOTALEMENT CON ou un type a 30 secondes pour tenter d’accumuler un maximum d’objets SANS DÉPASSER LA VALEUR MAXIMALE. La connerie du concept étant évidemment qu’en 30 secondes, le candidat n’a GÉNÉRALEMENT PAS LE TEMPS de prendre pour plus de 1500 euros dans la caverne, rendant la limitation FINALEMENT ASSEZ REDONDANTE.
ET NE VIENS PAS ME PARLER DU DEMI CADEAU.
J’EMMERDE LE DEMI CADEAU.
Bref, La Roue de la Fortune, 11h05 sur TF1, c’est un peu de la merde.
Poum Poum Comics #6
Pour toi, j’ai regardé la maladie dans les yeux. Et lorsqu’elle m’a transformé en l’immondice fait de sang et de morve qui est en train d’écrire ces mots, je lui ai dit « Non, maladie. Non, tu ne m’arrêteras pas. ». Alors je te prierai de bien vouloir m’excuser si j’ai pris un peu de retard. Ça arrive même aux meilleurs. Et à moi aussi d’ailleurs.
Inévitablement, on va ouvrir la semaine avec X-Men: Regenesis, et tout aussi inévitablement, on va en même temps parler de Generation Hope #12, puisque les deux partagent 5 pages. Regenesis a la tâche assez ingrate de refaire ce que des semaines et des semaines de teasing à base de silhouettes ont déjà fait, à savoir de nous dire qui va aller de quel côté, un peu comme l’entre deux tours de la primaire socialiste mais en un peu moins unilatéral. Il n’y a rien de vraiment intéressant dans cette liste, tout comme d’ailleurs il n’y a rien de vraiment intéressant dans l’illustration de cette liste transposée à l’âge de pierre qui ponctue ce numéro, comme pour donner à Billy Tan une excuse pour dessiner autre chose que des gens qui parlent pendant une trentaine de pages. Ce qui fait que Regenesis est aussi bon, c’est alors par élimination le « pourquoi » des décisions que chaque X-personne va être poussé à prendre. Et Kieron Gillen montre là toute l’étendue de son talent, réussissant à donner à presque tout le monde une bonne raison d’aller d’un côté ou de l’autre de la barrière idéologique, tout en plantant les graines de quelques unes des idées qui seront introduites dans les nouveaux X-titres, et en offrant au lecteur tout un tas de petits moments absolument magiques qui finissent de convaincre du bien-fondé de cette séparation.
Comme à son habitude depuis le début de Schism, Generation Hope fait exactement la même chose, mais à l’échelle réduite des jeunes mutants. Et parce qu’il y a un peu moins de terrain à couvrir, Kieron Gillen peut cette fois-ci un peu plus se concentrer sur l’aspect émotionnel du schisme. Ça pleure, ça fait des choses très stupides pour essayer d’oublier qu’il faudrait pleurer, ça essaie de faire des blagues pour ne pas montrer qu’à l’intérieur on pleure, et une fois qu’on a fini de pleurer, ça relève la tête et ça se prépare à affronter ce qui va venir. Et c’est bon. Très bon même.
Tout comme dans le numéro précédent, il y a dans Ultimate Comics: X-Men #2 le potentiel pour quelque chose d’assez énorme. Certes, le thème des humains chassant les mutants a déjà été vu ailleurs, mais la bonne idée de Nick Spencer, c’est de faire intervenir le divin dans tout ça. Et apparemment, le Dieu de l’univers Ultimate, c’est un sacré rigolo, qui pour déconner va parler à la fois aux mutants à travers Rogue et aux chasseurs de mutants, menés par le Révérend Stryker, un type mi-prêtre mi-Sentinel qui chante des chansons pourries et casse du X-mec à la chaîne. Avec son cast réduit, il offre des interactions intéressantes entre ses personnages, même si on pourra peut-être lui reprocher de désamorcer un peu trop vite le sérieux de la situation en balançant des vannes. Ça marche quand même un peu, mais il n’arrive toujours pas à être à la hauteur de son potentiel. Mais on s’en approche.
Au lieu de perdre du temps et des superlatifs pour te parler du génial Uncanny X-Force #16 qui est génial, parlons un peu de Amazing Spider-Man #671, dernier numéro avant le gros climax de Spider-Island, et bordel de merde vivement qu’on en finisse avec cet event tout moisi. Le dessin de Ramos devient absolument insupportable à regarder tant il ignore des trucs aussi simples que l’anatomie ou la lisibilité de l’action. Le scénario de Slott part dans tous les sens, si bien qu’en on oublierait presque qu’on tient dans les mains un comic avec Spider-Man dans le titre. Peter Parker réduit au rôle de témoin qui regarde la situation et qui tente d’ajouter un truc en balançant un one-liner qui tombe à l’eau ? Qui aurait pu penser que c’était une bonne idée ? Ne te laisse pas avoir par les gros nichons de Mary-Jane sur la couverture, on parle ici d’un bon gros comic de merde.
Il n’y a pas grand chose à dire sur Ressurection Man #2. Bon concept, bonne exécution, on se marre un peu, y’a de l’action assez satisfaisante et on en apprend un peu plus sur le mystérieux Mitch Shelley, amnésique qui essaie de retrouver la mémoire poursuivi par des gens qui veulent le tuer alors qu’il est immortel, et c’est assez intéressant pour mériter un coup d’œil.
Mister Terrific #2 se perd un peu dans toute sa pseudo-science, et te balance des tonnes et des tonnes de bon gros technobabble qui tache, et quand on retire cette gangrène, le scénario d’Eric Wallace peine à dépasser le cadre du cliché. Le résultat, c’est une histoire qui tourne un peu trop en mode pilote automatique et qui peine à intéresser, servie par un dessin qui pue un peu l’amateurisme dans les poses et les visages.
Le gros problème de Batman & Robin #2, c’est qu’il pose une question à laquelle Grant Morrison a déjà répondu, à savoir « Mais comment Damian Wayne peut-il être Robin alors qu’il a été élevé par des assassins pour devenir une véritable machine à tuer ? ». Une fois passé ce petit problème de redondance, Tomasi arrive quand même à convaincre, avec son Bruce Wayne qui essaie d’être un père de famille normal, vérifiant que son fils ait fait ses devoirs avant d’aller lui acheter un chien parce qu’il a été très sage, mais qui n’y arrive pas parce que des années et des années d’entraînement chez les ninjas n’apprennent pas grand chose sur la paternité. Mais évidemment, il y a aussi du Batman et du Robin qui tapent des méchants, illustrés de manière très propre par le talentueux Patrick Gleason. Du coup, on est contents.
Sans doute parce qu’il met en scène la première « vraie » mission de ses héros, Suicide Squad #2 est beaucoup plus convaincant que le numéro précédent. D’abord, Adam Glass maîtrise ses personnages, offrant à chaque membre du Squad une chance de briller et de faire quelque chose d’intéressant, entre Deadshot le méthodique, Voltaic le psychopathe, et King Shark le requin géant qui parle. Ensuite, il leur offre un bon gros concept de fou : récupérer un colis dans un stade rempli de techno-zombies, l’occasion d’avoir de bonnes grosse scènes de baston bien cool. Classe, gore, efficace, et aussi un peu surprenant.
Il y a un flashback assez joli dans Frankenstein: Agent of S.H.A.D.E. #2. Exactement le genre de moments qui montre tout le talent de Jeff Lemire et Alberto Ponticelli pour peindre des personnages tellement étranges, mais au fond tellement humains. Et autour de ce flashback, toujours plus de concepts aussi dingues qu’horrifiques, et des grosses scènes de baston avec des gros monstres admirablement bien exécutées. Et si tout cela ne suffisait pas pour convaincre d’acheter le prochain numéro, on a même la promesse d’encore plus de baston encore plus dingue dans le prochain numéro.
Là ou le numéro précédent intéressait, Superboy #2 intrigue. Pas vraiment clair sur les motivations de son personnage principal, le script de Scott Lobdell pose beaucoup de questions et n’offre pas vraiment de réponses satisfaisantes. Heureusement, ses dialogues sont assez solides pour tenir la route, et R.B. Silva fait une fois de plus preuve de beaucoup de talent aussi bien dans le dessin que dans la mise en scène, pour un résultat propre, clair, assez stylé, mais dont le scénario gagnerait à être un peu moins alambiqué.
Il n’y a qu’une seule scène dans les 22 pages de Deathstroke #2. Mais quelle scène, mes amis, quelle scène. Ça commence comme une simple discussion dans un bar, et au fur et à mesure, Kyle Higgins et Joe Bennett partent dans un crescendo complètement dingue à base de scènes de plus en plus bad-ass, qui se termine par une personne découpée en deux par des pales d’hélicoptère. Le style de Bennett est parfait pour tout ce déluge de sang et d’ultra-violence, du coup, bordel de merde qu’est-ce qu’on se marre.
Tout comme on rigole bien en lisant Green Lantern #2, tant on se réjouit de voir Sinestro offrir à ce gros crétin d’Hal Jordan une leçon magistrale sur comment utiliser les pouvoirs de son anneau. On pourrait regretter qu’il n’y ait pas grand chose d’autre à tirer du titre, mais niveau catharsis, de voir Hal s’en prendre plein la tronche fait quand même pas mal plaisir. Et finalement, le plaisir, n’est-ce pas cela qui compte le plus ?
On parle beaucoup dans The Shade #1. On parle d’octobre, d’ennui, d’aventure et de mélancolie. Mais ce n’est pas un comic chiant. D’abord, parce que les dialogues de James Robinson sont exquis. Ses personnages s’expriment de manière très intelligente, si bien qu’il se dégage de la façon dont les personnages parlent une certaine érudition que Robinson transmet avec un plaisir assez communicatif, et qui lui permet de jouer avec les attentes de ses lecteurs d’une manière assez amusante. Mais au delà de cette joie de la parole éduquée, il y a un scénario tout aussi malin qui mélange habilement ces phases de dialogue avec des scènes d’action intéressantes, et le style très propre de Cully Hamner complémente parfaitement ces moments avec beaucoup de soin et d’énergie. Et c’est parce que ce même soin est apporté aux scènes de dialogues, il finit de convaincre que The Shade devrait être une mini-série assez intéressante à suivre.
Batwoman #2 est aussi incroyablement maîtrisé que son prédécesseur, et toujours aussi intelligent, mais yo, tu as déjà acheté ce bouquin parce que tu sais qu’il est absolument génial, et je n’ai pas vraiment besoin de perdre du temps et des signes à t’apporter une quelconque validation. Tu as bon goût, voilà ta médaille, maintenant passons au PICK OF THE WEEK.
Demon Knights #2, qui continue avec la même insolence à nous raconter une histoire incroyablement dingue de dragons, de barbares, de démons et de chevaliers qui se mettent sur la gueule. Mais plus que les blagues, c’est l’incroyable don de Paul Cornell et Diogenes Neves pour offrir des grandes scènes épiques de baston qui explosent dans tous les sens qui impressionnent tout en réinventant ses personnages avec des twists assez malins. Bref, que du bonheur. Et des dragons.
Poum Poum Comics #5
Tu sais quoi ? Après plusieurs semaines d’articles longs comme un jour sans pain, cette semaine je vais essayer de la faire à la cool. Marre de passer trois jours par article à chercher la bonne tournure de phrase, la petite observation qui va bien ou la sacrément poilante bonne blague qui fera rire mon demi-milliard de fans hilares. On va faire simple et funky cette semaine.
Tiens, regarde comme je suis cool. Je pourrais te dire que X-Men: Schism #5 est assez maladroit, d’abord parce que si le numéro précédent avait réussi à montrer que le conflit était inévitable, celui-ci peine à convaincre du bien fondé de la séparation des X-Men en deux équipes, et ensuite parce qu’en montrant ne serait-ce que l’espace d’un instant le nouveau statu quo des mutants il marche sur les plate-bandes de Kieron Gillen et de son Regenesis qui arrive la semaine prochaine. Mais parce que je suis cool, je vais te dire que tout le début de ce numéro est consacré à une bonne grosse scène de baston entre Cyclops et Wolverine, avec au milieu un Sentinel pour arbitrer les débats qu’Adam Kubert illustre avec beaucoup d’énergie, pas mal de talent et aussi un peu d’imagination.
Mais euh yo, juste parce que je suis cool, ça ne veut pas dire qu’on peut me fourguer tout et n’importe quoi. Tiens, par exemple, là je suis cool hein, mais ça ne va pas m’empêcher de te dire que Detective Comics #2 est absolument nauséabond. Tony Daniel n’offre absolument rien d’intéressant, entre un nouveau méchant incroyablement générique et un Batman qui balance platitude sur platitude tout en étant d’une inutilité qui fait presque peine à voir. Pire encore, parce qu’il est absolument incapable de la moindre subtilité, il tente de nous faire le même coup que le mois dernier en casant un bon gros truc bien dégueulasse sur la dernière page.
Un type moins cool que moi t’aurais dit que Hawk & Dove #2 est une sombre merde. Bon, il aurait un peu raison. Mais il est mauvais comme les bonnes vieilles daubes des années 90. Evidemment, d’abord il y a Rob Liefeld et sa vision très particulière de l’anatomie, qui brille ici dans ces scènes ou ce bon vieux Rob tente de nous dessiner des femmes en robe de soirée. Il y a aussi son sens aléatoire de la mise en scène, qui fait que certains personnage semblent se téléporter d’un endroit à un autre en l’espace de quelques pages. Mais surtout, il y a le scénario de Sterling Gates, tellement idiot qu’il est absolument impossible que ce ne soit pas fait exprès. Barack Obama en personne se fait plaquer contre un mur par Condor, qui est une sorte de clone maléfique de Hawk. C’est con comme un très mauvais Steven Seagal, et donc forcément génial.
Tiens, puisqu’on parle de génial, Red Lanterns #1, lentement mais surement s’approche de plus en plus de son concept absolument génial de super-Punishers de l’espace qui résolvent leurs problèmes en vomissant du sang sur leurs ennemis. Mais comme la dernière fois, il se traîne un énorme boulet fait d’une insupportable narration qui tente de faire d’Atrocitus un personnage dramatique et torturé, alors que tout ce qu’on veut c’est le voir défoncer du vilain avec toute la puissance de sa rage vengeresse. A cela s’ajoute une première mission dans laquelle Atrocitus descend des affreux soldats américains de l’espace qui ont tué des gamins afghans de l’espace qui jouaient avec des bâtons parce qu’ils croyaient qu’ils avaient affaire à des talibans de l’espace. On a vu plus subtil, mais paradoxalement, c’est dans l’absence totale de subtilité du bon gros vomi de sang atomique dans la tronche que Red Lanterns arrive le plus à briller.
Et tant qu’on en est à parler d’absence totale de subtilité, O.M.A.C. #2 est exactement ça. Le premier numéro donnait le ton en faisant tout péter dans tous les sens, et même s’il y a quand même pas mal de bonne grosse castagne dans ce deuxième numéro, Giffen et DiDio décident cette fois de prendre un peu leur temps et d’introduire Kevin Kho, loser un peu nerd sur les bords pris malgré lui dans les machinations du génialement machiavélique Brother Eye. Mais évidemment, tu viens surtout pour voir Keith Giffen faire du Jack Kirby de manière absolument magistrale, et tu t’en prends plein les mirettes. A un moment, Brother Eye parle d »OMACTIVATION ». Je ne sais pas trop comment encore plus te convaincre de te jeter dessus. Mais c’est phénoménal.
Je sais que ça aurait été assez cool que j’arrive à lancer deux paragraphes de suite avec une assez bonne transition, mais yo, la coolitude, c’est aussi ne pas trop en faire. Un peu comme Justice League International #2, qui fait un peu le minimum syndical. Un peu d’action, un peu de vannes, un peu de moments de gros clash qui tache, un peu d’action et un peu de Batman. Malgré les excellents dessins d’Aaron Lopresti, il manque à ce titre quelque chose de spécial, et je serais absolument incapable de te dire quoi.
Tout comme je serais incapable de te dire pourquoi Stormwatch #2 n’est pas un meilleur bouquin. Les dessins d’Al Barrionuevo permettent au titre de rattraper les quelques errances artistiques du numéro précédent -Heureusement Miguel Sepulveda se rattrape dans les quelques scènes qu’il a dans ce numéro-, mais le script de Paul Cornell jongle maladroitement entre ses 9 personnages principaux et peine quelque peu à équilibrer correctement les scènes sur la Lune et les scènes à Moscou. Heureusement, il reste les idées, toujours aussi dingues, et les personnages, toujours aussi classes.
Static Shock #2 est aussi sympa que son prédécesseur. Quand Static se bat au-dessus de New York, Scott McDaniel et Andy Owens offrent des scènes d’action simples mais convaincantes contre des vilains qui manquent peut-être un peu d’imagination mais qui sont efficacement écrits. Quand Virgil essaie de mener sa petite enquête tout en ayant une vie à peu près normale de jeune étudiant, le script de Rozum et McDaniel se permet de faire quelques pirouettes de bon aloi, comme cette séquence ou Sharon (la soeur de Virgil) et son doppleganger font exactement le même rêve et le racontent de façon similaire à leurs parents. Bien fun, bien malin, en somme de quoi être satisfait.
Devant faire suite à ce qui s’est révélé être l’une des meilleures surprises du mois dernier, Batwing #2 continue à faire des prouesses. Ben Oliver et Brian Reber continuent à tout illustrer de fort belle manière, arrivant même à sublimer les horreurs que laisse sur son passage le plutôt bien nommé Massacre. Le scénario de Judd Winnick est lui aussi à la hauteur, introduisant avec beaucoup d’intelligence David Zavimbe -la personne sous le costume de Batwing- et le monde autour de lui. Du coup, confirmation : tu devrais acheter Batwing. C’est de la bonne.
Tu sais qu’Action Comics #2 déchire. Forcément. Tellement de trucs géniaux dans la relecture contemporaine du Superman des années 30 par Grant Morrison qu’il faudrait des pages entières pour en parler. Evidemment que la première confrontation entre Kal-El et Lex Luthor est fantastique. On est presque déçus alors de voir les quelques ratés dans les dessins de Rags Morales, mais pas assez pour ne pas se réjouir de ces nouvelles aventures de Superman.
On parle beaucoup, sans doute même un peu trop, dans Swamp Thing #2. Scott Snyder décide d’introduire les règles du jeu de l’univers d’Alec Holland, et ça prend une place assez considérable dans ce numéro, probablement parce que Snyder essaie de faire en sorte qu’anciens comme nouveaux lecteurs puissent comprendre les implications de tous les concepts qu’il pose sur la table. La deuxième moitié de ce numéro, une scène d’action presque muette, rassure, et montre que ce n’est qu’un petit moment d’infodump à passer. Evidemment, la vraie star ici c’est Yannick Paquette, et l’incroyable imagination avec laquelle il agence les cases dans ses pages, leur donnant un aspect végétal du meilleur effet, et son incroyable style qui présente les personnages avec un certain réalisme qui rend les passages fantastiques encore plus efficaces dans l’horreur. Bref, un excellent titre.
Comme il y a un mois, le PICK OF THE WEEK est Animal Man, numéro 2 cette fois-ci, toujours aussi magnifiquement emmené par Jeff Lemire et Travel Foreman. Je tiens à te répéter tout le bien que je pense de ce titre. C’est absolument génial, et je ne vais pas t’en dire plus, parce que tu vas l’acheter, parce qu’on ne refuse pas quelque chose d’aussi excellent. C’est pas poli.
Poum Poum Comics #4
La semaine dernière, on fonçait dans le tas, alors du coup je crois que cette semaine on va plutôt essayer de prendre notre temps et de la faire un peu à la cool. Donc on va commencer par Spider-Island. Et oh putain semaine de merde pour l’homme araignée. Amazing Spider-Man #670 est un insupportable trou noir de stupidité dans lequel Peter Parker est réduit au simple statut de témoin. Et comme un trou noir, il entraîne inéluctablement dans sa chute des victimes, ici le très honorable Venom #7, forcé de coller verbatim aux scènes que Slott a écrit dans le titre principal, si bien que Rick Remender n’a pas la place pour faire ces scènes d’action over-the-top comme on les aime. Herc #8 est un peu plus libre de faire son propre truc, mais yo, je vais te convaincre en une phrase de ne pas acheter ce bouquin. Herc, transformé en créature mi-homme mi-araignée géante, rencontre Arachné, et ils finissent par baiser. Je suis absolument putain de sérieux. Je préférerais qu’on passe à autre chose.
J’ai oublié de parler du numéro précédent, alors laisse-moi faire amende honorable en te parlant un peu de Secret Avengers #17. Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis deux numéros, c’est Warren Ellis qui a repris la boutique, et qu’on le retrouve ici à faire tout ce qu’on aime, c’est-à-dire de l’action high-concept avec beaucoup d’explosions et un peu d’humour, bien punchy comme il faut, et qui se règle en un seul numéro. C’est l’équivalent en comics d’une bonne part de flan chez le pâtissier du coin, mais avec Captain America. Dans ce numéro, lui et son équipe combattent un camion. Et c’est furieusement cool.
Le point Ultimate Comics de la semaine, et bon, je ne vais rien te cacher, à part pour les très jolis dessins de Sara Pichelli, tu ne devrais pas acheter Spider-Man. Pas que ce soit mauvais hein, mais Bendis a décidé d’aller très lentement et de faire causer les gens pendant des heures et des heures et mon dieu mais quand est-ce qu’il va se passer un truc bordel de merde pas que je m’emmerde hein, mais en face… En face y’a The Ultimates #2, qui TE BALANCE SON GROS MEGATON DE FOU FURIEUX. J’en ai entendu douter du talent de Hickman face à un premier numéro qui se mélangeait presque les pinceaux avec ses storylines. Ils ont l’air carrément moins malin, maintenant. C’est le genre de trucs ultra-couillus pour lesquels tu lis l’univers Ultimate, et c’est soutenu par une écriture aux petits oignons (Putain de merde ce passage entre Thor et Loki de la classe). Tout plein de petits cœurs. Cours l’acheter.
Avec ça de bouclé, il est temps d’en terminer avec les 52 titres du relaunch de DC. Et promis, cette fois pas d’énorme controverse. Juste des gros titres de merde, comme The Fury Of Firestorm #1, qui se lit comme une très mauvaise fanfic écrite par un ado de 15 piges. Alors au début, y’a des terroristes, et les terroristes ils sont SUPER MÉCHANTS, genre à un moment ILS BUTENT UN GAMIN ET TOUTE SA FAMILLE, et genre, y’a DU SANG, et ILS SE MOQUENT DU GAMIN parce qu’ils sont SUPER MÉCHANTS. Et puis ensuite, le premier héros c’est genre UN SPORTIF, et comme c’est un sportif il est UN PEU CON SUR LES BORDS et il est COLÉRIQUE ET VIOLENT et peut-être aussi UN PEU RACISTE. Et le deuxième héros, bah c’est UN INTELLO, du coup il est MALIN et il NE SE LAISSE PAS FAIRE parce qu’il est COOL. Et donc après tu vois QU’ILS NE S’AIMENT PAS parce qu’ils NE SONT PAS D’ACCORD et tous les deux pensent que l’autre est un connard (alors qu’en vrai le connard c’est LE SPORTIF) mais en même temps tu vois QU’ILS NE SONT PAS SI DIFFÉRENTS QUE ÇA ET C’EST SUPER C’EST LA TOLÉRANCE et y’a DES EXPLOSIONS PARTOUT. C’est absolument affreux, donc.
Et puisqu’on parle d’affreux, Batman: The Dark Knight #1. Du David Finch pur jus, que je vais résumer en une seule image :
Une des grandes questions de la semaine, juste après « Mais comment diable Gail Simone arrive t-elle encore a avoir du boulot dans l’industrie ? », c’est « Mais qu’est-ce que Tony Daniel essayait de faire avec The Savage Hawkman #1 ? ». Carter Hall est un archéologue, mais si le bouquin essayait de faire du Indiana Jones superhéroïque, c’est raté. Hawkman est un ancien guerrier qui a traversé les époques, mais si le bouquin essayait de communiquer cette dimension assez bad-ass du personnage, c’est tout aussi raté. Du coup, il ne reste qu’un titre d’une affligeante banalité, dans lequel on s’emmerde beaucoup.
Il ne se passe pas grand chose dans Green Lantern: New Guardians #1, et c’est assez problématique. Certes, il réussit à faire ce qu’il fait avec une classe et un humour certains, mais il n’empêche qu’on se retrouve là face à un titre qui passe beaucoup trop de pages à raconter l’origin story de Kyle Rayner et à nous présenter les différentes lanternes qui existent dans l’univers DC et pas assez à lancer une grande aventure intergalactique.
Ça ne surprendra absolument personne, mais Superman #1 n’est pas à la hauteur de Action Comics. Mais ça, on s’en doutait déjà. Alors qu’est-ce que ça vaut ? C’est la partie compliquée. Contrairement à Morrison, qui a l’excuse d’une origin story pour faire à peu près ce qu’il veut avec Clark Kent, George Pérez doit quant à lui introduire tous les éléments de la nouvelle continuité de Superman. Du coup, entre un passage sur le rachat du Daily Planet par un grand conglomérat médiatique et le nouvel amant un peu con de Lois Lane, Pérez décide de jouer la sécurité et de juste faire une petite baston simple et efficace contre un type en feu, ce qui marcherait plutôt bien s’il n’asphyxiait pas les illustrations de Jesus Merino avec une narration aussi omniprésente que redondante, finissant cette sale impression de « comic de vieux » qui ressort du bouquin.
Ce qui peut te surprendre par contre, considérant le sujet et l’auteur, c’est que Teen Titans #1 n’est pas totalement mauvais. En se donnant pour objectif de faire quelque chose de très simple -introduire les personnages et le conflit qui va les animer au moins dans leur premier arc-, Scott Lobdell s’offre une toile de fond solide sur laquelle il peut solidement installer ses idées et ses personnages. Le résultat, c’est un bouquin assez fun rempli de cette adorable effronterie adolescente, ce qui tombe plutôt bien dans un bouquin consacré à des jeunes héros.
Voodoo #1 est plutôt intelligent. Bien raconté, en tout cas. Il résume l’histoire de son personnage principal de façon assez maline, à travers une scène d’interrogatoire plutôt bien ficelée, et l’idée même que ce que l’on découvre sur ce personnage ne soit finalement que rumeurs et interprétations est un concept intéressant qui n’est pas assez exploité dans les comics et oui je crois que ça commence à se voir que je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter de vous dire qu’accessoirement le bouquin se passe dans une boîte de strip-tease et que du coup il y a un peu beaucoup de cul et de nichons sur les pages mais ce sont des culs et des nichons plutôt bien dessinés par Sami Basri et je suis à peu près sérieux quand je dis que c’était plutôt bon mais après les gens vont me dire que je suis un sale pervers je le sens mais c’est vraiment un bon bouquin hein je vais pas aller jusqu’à vous recommander de l’acheter ou de le lire en public mais enfin c’est pas si mauvais que ça.
Sans doute parce que c’est le troisième bouquin à porter ce nom dans le titre, Justice League Dark #1 est plus une profession de foi qu’autre chose. Du coup, on a Batman, Superman, Wonder Woman et Cyborg qui squattent six pages. Et qui se font démonter, parce que la magie dans l’univers DC, ça ne déconne pas. Ce qui pour l’instant fait la série, plus que ses personnages principaux, à qui on laisse juste le temps de faire coucou et de se présenter, ce sont ses concepts magiques de fou furieux. L’Enchantress -celle de DC hein, qu’on soit d’accord- pète un câble, et le monde devient complètement dingue avec elle. 34 répliques d’une même femme se retrouvent sur une autoroute. Une pluie de bouquins dans une langue morte tombe et tue six personnes. Et Superman ne peut rien faire, à part de se faire déchirer en lambeaux par une tempête de dents, et le résultat est sublime.
Quand j’imaginais à quoi ressemblaient les militaires de l’univers DC, je ne pensais pas à l’à-peu-près réalisme à-peu-près chiant de Men Of War. Non, j’avais plus en tête les délires para-militaires à base de technologie pseudo-scientifique de Blackhawks #1, qui gratte parfaitement cette partie de mon cerveau qui a adoré le film GI Joe. Certes, ce numéro est surtout là pour nous présenter ses personnages, mais il arrive quand même à caser son action défiant toutes les lois de la physique, ses concepts qui narguent la science moderne, ses grands moments de classe dans ta face et ses glorieuses explosions. Exactement mon genre de bouquin, donc.
Comme à peu près 90% de la population, j’avais un a priori assez négatif à propos de I, Vampire #1, tout ça parce qu’une certaine franchise de livres et de films avait décidé de ruiner les vampires pour tout le monde. Et à la couverture moche, j’avais encore quelques doutes. Heureusement, les vampires écrites par Joshua Hale Fialkov sont fantastiquement monstrueux, et si t’as réussi ça, tu peux à peu près tout réussir. Certes, j’ai du un peu m’y reprendre à trois fois avant de comprendre la narration quelque peu confuse, mais une fois ce cap passé on a ici l’un des bouquins les plus réussis et absolument fascinants du relaunch.
Parce qu’il a été écrit par deux artistes, on sent que The Flash #1 a d’abord été pensé avec les illustrations en tête. Et mes aïeux quelles illustrations. Francis Manapul dessine les aventures de Barry Allen avec une inventivité rare, et je sais que je parle rarement de dessin dans cette colonne mais bordel de merde c’est sans doute le plus magnifique des numéros 1 publiés ce mois-ci et pourtant on a quand même eu des trucs assez sublimes. Mais en plus, le scénario arrive à suivre, et plus qu’un prétexte pour toutes les jolies images, il montre que Manapul et Buccelato maîtrisent leur personnage sur le bout des doigts, lui offrant une aventure fun, un cast de personnage secondaires sympas et un bon gros mystère à base de pseudo-science high-concept comme je les aime. Bref, que du bon.
Tout comme moi, Geoff Johns est persuadé que Arthur Curry est secrètement le personnage le plus cool de tout l’univers DC, et il est résolu à le montrer dans Aquaman #1. Il y arrive, mais c’était loin d’être gagné, parce qu’il y a deux mouvements à la démonstration de coolitude de Johns. Celui qui gène, c’est le premier, dans lequel Geoff Johns confronte Aquaman à sa perception dans la culture populaire. Une confrontation qui semble un peu désespérée, parce que la seule vraie réponse qu’il apporte à cette perception est que « les gens qui disent du mal d’Aquaman et bah c’est des cons ». Le deuxième mouvement, celui qui sauve le bouquin, c’est celui dans lequel Geoff laisse les illustrations d’Ivan Reis nous montrer toute l’étendue de la classe et de la noblesse du roi de l’Atlantide avec un talent et une subtilité non négligeables. Et puis à côté, il y a la promesse de la suite, avec l’arrivée des méchants de ce premier arc, des bon gros monstres marins biens flippants comme on les aime, qui finit de convaincre que oui, Aquaman sera un bouquin à suivre.
Et finalement, on arrive au PICK OF THE WEEK, l’excellentissime All-Star Western #1. Idée absolument géniale, d’abord. Jonah Hex et Amadeus Arkham dans le Gotham City de 1880 menant l’enquête sur un serial killer ? Evidemment que ça va me plaire. Gray et Palmiotti maîtrisent leur sujet, évidemment après leur run sur Jonah Hex, et offrent une histoire assez maline, qui se permet même de caser les 2-3 références qui vont bien à l’histoire de Gotham telle qu’elle a été racontée dans les pages de Batman. Et Moritat illustre le tout avec un style très propre, très détaillé, qui colle parfaitement à l’ambiance que le scénario veut évoquer, ce qui donne un résultat des plus intéressants.
Poum Poum Comics #3
Allez, je ne vais même pas tenter de faire une introduction alambiquée, on va foncer dans le tas et commencer la colonne de la semaine par X-Men: Schism #4. Et putain, paie ta bonne surprise de la semaine. Si tu suis cette colonne avec le moindre petit bout d’assiduité, tu sais que mes deux gros problèmes avec l’event écrit par Jason Aaron étaient d’une part que le fameux schisme n’arrivait pas assez vite, et d’autre part que les morveux du nouveau Hellfire Club, en plus d’être extrêmement mal écrits prenaient une place non-négligeable dans le déroulement des évènements. A la lecture de ma réaction, tu auras sans doute deviné que oui, enfin, ce quatrième numéro contient la baston Cyclops/Wolverine que l’on attendait, et pas la moindre trace des petits merdeux qui te rappellent qu’ils ont 12 piges à chaque fois qu’ils prennent la parole. Avec un robot géant dans l’arrière-plan. Du coup, oui, enfin, je suis satisfait de la tournure que prennent les évènements.
Comme la dernière fois, Generation Hope #11 assure le renfort derrière pour un peu mieux expliquer ce qu’il arrive à la jeune génération et pour un peu montrer que le clash entre Scott et Logan dépasse le cadre de la querelle de types qui ont aimé la même femme. Non, c’est une bonne vieille engueulade idéologique des familles, un Civil War mais chez les mutants et en bien foutu, donc forcément un truc assez intéressant à suivre. (Et parce que je sais qu’au fond de toi tu te poses la question, of course je suis du côté de Wolverine.)
Bouclons la page X-Men avec Ultimate Comics: X-Men #1. Nick Spencer, dont on reparlera un peu plus bas, part d’un point de départ à très gros potentiel. Déjà, Magneto, Charles Xavier, Cyclops et Wolverine sont morts. Ensuite, les mutants ne sont pas le produit de l’évolution naturelle de la race humaine, mais le résultat d’une tentative ratée du gouvernement américain de reproduire le sérum qui a donné naissance à Captain America. Le premier problème, c’est que pour l’instant tout ça ne reste qu’au stade de potentiel. Spencer décide de prendre son temps, et de réintroduire la situation des mutants, ce qu’il réussit plutôt bien, même s’il ne fait rien de vraiment spécial. C’est justement le deuxième problème de ce numéro un. Les illustrations de Paco Medina n’ont absolument rien de spécial. On a une sale impression de « ni fait ni à faire » en lisant ce livre, ce qui est fort dommage, parce que ça pourrait être le premier chapitre de quelque chose de vraiment spécial.
D’un coup d’un seul on passe au point #SpiderIsland de la semaine. Le one-shot Spider-Woman est tellement peu important que j’ai totalement oublié son contenu ALORS QUE JE VIENS A PEINE DE LE RELIRE POUR EN PARLER DANS CETTE COLONNE. La star de cette semaine, c’est Cloak & Dagger #2, de Nick Spencer, dont on a déjà parlé un peu plus haut. Mâtin quel bon bouquin. Ayant montré dans le précédent numéro qu’il était plus que capable d’écrire ces deux personnages de fort belle manière, Spencer décide de se lancer dans une série d’extravagances sublimement soutenues par l’art d’Emma Rios et les couleurs de Javier Rodriguez, chevauchant ce cheval sauvage qu’est le Zeitgeist. Tellement impressionnant qu’il va être insupportable de lire le troisième numéro en sachant que ce sera le dernier.
Pas grand chose à dire sur Captain America #3, qui assure le boulot de façon simple et funky comme on aime, et à peine plus à dire sur Daredevil #4, absolument maîtrisé de bout en bout, qui montre toute l’étendue du talent de Mark Waid et de Marcos Martin. Surtout, ce numéro est consacré à l’idée complètement dingue qui est introduite à la fin du numéro précédent, et la pilule passe beaucoup mieux. Je te l’ai déjà dit et je vais le répéter, tu devrais acheter Daredevil. C’est l’un des meilleurs bouquins actuellement sur les étals.
Il est temps de passer à DC. Prenons le taureau par les cornes et adressons les deux titres à controverse de la semaine. Catwoman #1 est extrêmement simple, comme si Judd Winick suivait une checklist de tout ce que les gens savent sur Catwoman. Elle est cool, check. Elle est sexy, check. Elle aime les chats, check. Elle vole des trucs, check. Elle sait sortir les griffes quand il faut se battre, check. Et elle a une relation un peu tordue avec Batman, ça aussi check, mais check version 2011 « EXPLICIT LYRICS » à fond. Et ensuite, il y a Guillem March, qui dessine avec une certaine délectation la forme féminine. Le résultat est plutôt bien foutu, même si je me suis senti un peu sale après avoir lu ce bouquin.
Le bouquin compliqué de la semaine, c’est Red Hood And The Outlaws #1. Si ça ne te dérange pas, on va commencer par le bon, hein ? Avec Jason Todd et Roy Harper, Scott Lobdell réussit à écrire une bonne grosse bromance bien baveuse comme je les apprécies. Roy est un crétin d’idéaliste qui veut changer le monde, et Jason est un bad boy un peu cynique sur les bords qui veut juste qu’on le laisse tuer des gens en paix. Et ils vont être forcés à collaborer dans des aventures complètement dingues illustrées part l’excellentissime Kenneth Rocafort. Si le bouquin s’arrêtait à ça, je pourrais vous le recommander et on pourrait passer à autre chose. Malheureusement, il va falloir parler du gros problème de ce premier numéro, à savoir la façon dont Starfire, qui complète le trio en plein milieu de la couverture, est écrite. Parce que le reste du numéro est si réussi, je veux croire que tout ça va quelque part. Mais dans les faits, on a quand même des pages comme ça, et c’est quelque peu problématique :
(clique pour agrandir, évidemment)
Du coup, même si je suis incroyablement curieux de voir la suite, je ne peux pas te recommander ce bouquin.
En parlant de bouquins difficilement recommandables, mais cette fois pour d’autres raisons, Legion Of Super-Heroes #1 est mieux ficelé que le piètre Legion Lost de la semaine dernière, mais il est tout aussi inintéressant. Parce que c’est bien beau d’introduire un cast avec trouzemille personnages, mais du coup j’en ai un peu rien à foutre de ce qu’il pourrait bien leur arriver, d’autant plus que je n’ai suivi pratiquement aucune des récentes aventures de la légion, ce qui n’aide en rien la compréhension. Oui, c’était un peu pourri.
Captain Atom #1 a beaucoup de problèmes à surmonter. D’abord, il est écrit par ce gros tâcheron de J.T. Krul. Ensuite, la meilleure histoire de Captain Atom a déjà été écrite dans une petite mini-série en 12 épisodes publiées dans les années 80. Peut-être que tu en as déjà entendu parler. C’est un petit truc qui s’appelle Watchmen. Du coup, quand on se retrouve avec les aventures plutôt banales d’un clone un peu moisi de Dr Manhattan qui parle beaucoup mais principalement pour ne rien dire, même si c’est le premier chapitre d’une histoire qui se veut assez ambitieuse, c’est un peu pourri. Heureusement, le très talentueux Freddie Williams II est lui à la hauteur des ambitions exprimées par le script, ce qui donne un petit peu d’espoir pour la série.
Supergirl #1 est brillant par son efficacité. 22 pages qui passent comme une lettre à la Poste. Michael Green et Mike Johnson signent un script simple mais efficace, centré sur la confusion de quelqu’un arrivant dans un monde qui lui est totalement étranger et qui doit en même temps se battre contre des robots, le tout soutenu par des illustrations absolument fantastiques de subtilité signées du très talentueux Mahmud Asrar. Une putain de démonstration de force, donc.
J’aimerais tant en avoir bien plus à dire sur Birds of Prey #1, mais Duane Swierczynski, dont je cite ici le nom juste pour artificiellement gonfler le nombre de caractères de cet article, et Jesus Saiz font ce qu’on attend d’eux sans rien de vraiment spécial. C’est sympa à lire et c’est assez malin, ne vous trompez pas, mais je ne peux pas vraiment vous en dire plus parce qu’il n’y a pas grand chose à dire dessus. Ce sont des femmes. Et elles combattent le crime. Et elles sont jolies. Mais surtout elles combattent le crime.
Green Lantern Corps #1 est un bon bouquin. Mais comme Batman and Robin la semaine dernière, c’est un bouquin placé dans l’ombre d’un autre bouquin, ici le Green Lantern de Geoff Johns. Et comme la dernière fois, c’est un bouquin qui, si sa trame principale n’est pour l’instant pas des plus intéressantes, réussit à intéresser avec ses bons moments de vie quotidienne. Et parce que je suis absolument incapable de dire non à plus de Guy Gardner, je ne peux pas résister.
Avec Blue Beetle #1, Tony Bedard réintroduit Jamie Reyes et ses copains, dans un bouquin qui jongle entre intrigue intergalactique et super-héroique et simple petite histoire d’ados vivant leur vie. Sans trop se forcer, il arrive à présenter les personnages et les enjeux de manière claire, et c’est un véritable plaisir que de découvrir cet univers. Derrière, les illustrations bourrées de détails de Ig Guara finissent de convaincre, et le résultat est excellent.
DC Universe Presents #1 est une histoire de Deadman, ce qui est déjà assez cool en soi. C’est surtout une nouvelle origin story pour Boston Brand, qui est désormais en quête de rédemption karmique, ce qui donne à Paul Jenkins l’occasion de livrer le début d’une magnifique méditation sur la vie, la mort, et tout ce qu’il se passe entre. Et en même temps, il utilise l’humour pour éviter de trop rester dans une contemplation qui serait quelque peu ennuyeuse. C’est particulièrement réussi, tu devrais l’acheter.
Une de mes grandes peurs en lisant Nightwing #1, c’était que le temps que Dick Grayson a passé dans le rôle de Batman soit planqué sous un tapis et oublié pour toujours. Avec Kyle Higgins aux commandes, j’aurais pourtant du savoir que cela n’allait pas être le cas. Tout de suite, il établit que oui Dick a remplacé Batman pendant un peu plus d’un an, et il décide d’explorer ce que ça a changé. Il est plus fort, plus confiant, mais au fond il reste le même gars. Et à ce moment là, Higgins te sort son idée géniale : il va confronter ce nouveau Grayson à son passé dans le cirque où il a été élevé. Ce contraste est absolument fascinant à regarder, du coup on est convaincu et on veut en voir plus. Mission réussie.
Je t’épargne le paragraphe à base de fellation figurative à propos de Batman #1, dans lequel Scott Snyder montre encore une fois à quel point il est malin dans la façon qu’il a de réintroduire Bruce Wayne et tout son univers tout en l’inscrivant dans la continuité de ce qui est venu avant lui. On va passer directement au PICK OF THE WEEK, à savoir Wonder Woman #1, dans lequel Brian Azzarello pioche des éléments familiers de la mythologie grecque qu’il réarrange et amène à notre époque sans pour autant qu’il soit nécessaire d’avoir étudié l’antiquité pour en comprendre les enjeux. A ce script d’une intelligence rare s’ajoute les illustrations très propres et incroyablement stylisées de Cliff Chiang, si bien qu’on a l’impression d’assister sous nos yeux à la création d’un nouveau mythe. Et ça mes amis, c’est une sacrée performance.
Poum Poum Comics #2
Je croyais que la semaine dernière serait absolument énorme. Elle l’était, ne va pas te méprendre, mais je crois que cette semaine est encore plus grande. Je viens à peine de commencer à écrire, donc je n’en suis pas vraiment certain, mais on a beaucoup de boulot et pas assez de temps, donc allons-y gaiement et commençons par #SpiderIsland. Amazing Spider-Man #669, à mi-chemin dans cet event estival, est totalement ventre mou, ce qui tu l’auras compris est ma façon de dire poliment que je me suis un peu emmerdé. Les intrigues s’accumulent comme des feuilles mortes, mais des feuilles mortes un peu stupides, parce que la grande méchante de l’histoire est enfin révélée, et que son plan c’est de transformer tout le monde en araignées géantes. Spider-Girl est lui aussi un peu con-con, avec des Avengers qui en ont absolument rien à foutre que des guêpes géantes veuillent tuer des innocents. Mais il y a Hobgoblin, et Hobgoblin est cool, du coup ça pourrait être pire. Heureusement, cette semaine il y avait aussi Herc #7, et je vais faire court : Herc, le plus cool de tous les demi-dieux, s’est installé depuis quelque temps à Brooklyn. Du coup, comme tout New-York, il devient un homme-araignée, et c’est aussi génial que dans tes rêves. Ouaip.
Puisqu’on en est à parler de Spider-Man, parlons un peu de Ultimate Comics: Spiderman #1, qui n’est pas forcément mauvais, mais dans lequel il se passe vachement peu, parce que Bendis a décidé de prendre son temps et de faire tout vachement lentement. Du coup, même si Sara Pichelli signe ici un boulot absolument magnifique au niveau visuel, j’ai pas vraiment eu envie de voir ce qui allait arriver ensuite, ce qui est un peu problématique pour ce qui est le début des aventures de Miles Morales, le nouvel homme-araignée de l’univers Ultimate. Au moins, ça emmerde Fox News.
Daredevil #3 n’est pas aussi satisfaisant que j’aurais voulu qu’il soit. Certes, Paolo et Joe Riviera ont comme à leur habitude maîtrisé leur sujet et signé un travail fantastique, mais le scénario de Mark Waid, qui doit conclure les deux intrigues qu’il a lancé dans les numéros précédents, et qui te balance deux trucs presque sortis de nulle part qui m’énervent un peu. Le premier pue un peu plus le deus-ex machina que le second. J’espère que tout ça va quelque part, et oh ça tombe bien Daredevil #4 sort juste la semaine prochaine.
Pour en finir avec Marvel, Uncanny X-Force #15 continue la tradition de la série. Magnifique. Extrêmement bien écrit. Vachement couillu, aussi. Tu devrais l’acheter. Non. Tu l’as déjà acheté parce que tu as bon goût et donc je n’ai absolument rien de plus à te dire.
Hop là. C’est réglé pour Marvel, on va passer aux 13 nouveaux bouquins que DC a sorti cette semaine. Je serais absolument incapable de vous expliquer ce qu’il se passe dans Legion Lost #1. A cause de mon manque de familiarité avec la Legion of Super-Heroes, peut-être, mais surtout parce qu’en 22 pages ce numéro n’arrive pas à faire passer la moindre information sur qui sont ces personnages ou pourquoi je devrais m’intéresser à ce qu’il pourrait leur arriver. Pire encore, la narration décide de se barrer dans tous les sens pour un résultat totalement décousu et incroyablement confus. Du coup bam, comic de merde.
Red Lanterns #1 était un bouquin que j’attendais avec une certaine impatience à cause de la géniale stupidité de son concept. Les Red Lantern sont un groupe de justiciers qui tirent leur pouvoir de leur colère. Leur chef est un type qui s’appelle Atrocitus. Il vient du secteur spatial 666. Le plus célèbre de leurs membres est Dex-Starr. Dex-Starr est un petit chat. Ils vomissent du sang sur leurs ennemis. Tu te demandes comment ils pourraient foirer un truc comme ça, surtout que les premières pages sont absolument géniales. Simple. Tu passes le reste de ce numéro à regarder Atrocitus chialer pour sa maison et sa famille. C’est aussi chiant que ce que tu imagines. A regarder les dessins d’Ed Benes, tu pourrais croire qu’il participe volontairement ou non, à la blague, mais je ne suis pas certain qu’il y ait la moindre vanne dans le script de Peter Milligan.
Grifter #1 contient une bonne idée de méchant (piquée à Invasion Los Angeles), mais son personnage principal (piqué à Sawyer de Lost) est un peu con-con. Quand il est l’arnaqueur malin qui peut se sortir de n’importe quelle situation en improvisant un peu, il est franchement cool. Mais quand il est le pauvre type qui ne comprend pas l’histoire incohérente dans laquelle il est embarqué, il perd beaucoup, mais alors beaucoup de charisme. Quand même le bouquin ne peut pas être d’accord avec lui-même pour savoir combien de temps Grifter a été retenu par les aliens, tu sais qu’il y a un problème de narration assez énorme.
Inconsciemment, j’avais oublié de prendre Suicide Squad #1 lorsque je suis passé dans ma boutique préférée. Peut-être est-ce le fait qu’Adam Glass ait écrit le plus révoltant des tie-in de Flashpoint. Peut-être est-ce le nouveau costume d’Harley Quinn. Mais parce que je t’aime très fort, j’ai pris la version digitale, et finalement c’était PAS SI MAL QUE ÇA. Glass ne livre pas un scénario spectaculaire, et tu peux sans doute voir venir d’assez loin le twist à la fin de ce numéro, mais il montre qu’il comprend les spécificités des personnages qu’il utilise, et il montre qu’il sait ce qu’il fait avec les concepts qu’il introduit. Agréable surprise, donc.
Une ombre plane sur Batman and Robin #1, et elle a la forme de Grant Morrison. Parce qu’avant de faire quoi que ce soit, Peter J. Tomasi devait ré-introduire les 5 ou 6 dernières années de Batman pour les nouveaux lecteurs. Le problème, c’est que ça laisse assez peu de place pour donner au titre une direction. Heureusement, Tomasi sait écrire l’interaction entre Bruce Wayne et son fils Damian, à qui il offre des petits moments de magie familiale. Du coup, ça marche assez pour me donner envie d’en voir un peu plus.
Mister Terrific #1 est peut-être la plus grosse surprise de la semaine. Un James Bond de la super-science qui utilise son super-intellect pour résoudre des super-crimes de super-science, c’est cool. Eric Wallace a de bonnes idées, mais le bouquin perd un peu en qualité vers la fin, quand il perd le sens de la nuance qu’avait le début de ce numéro. Quand il force le trait pour faire du commentaire socio-politique, le bouquin devient étonnamment simplet, ce qui pour un bouquin sur un type ultra-intelligent la fout un peu mal.
Green Lantern #1 aurait tout aussi bien pu s’appeler Green Lantern #68, puisqu’il reprend directement là où War of the Green Lanterns s’était arrêté, c’est-à-dire avec Sinestro en charge de la protection du secteur 2814 de l’univers et Hal Jordan viré comme un malpropre et de retour sur Terre. Sinestro dans l’uniforme vert qu’il a tant détesté est absolument fascinant, et Hal Jordan dans sa vie de tous les jours est tellement pitoyable qu’il en deviendrait presque attachant. Plutôt bien foutu.
Deathstroke #1 est une bonne surprise, lui aussi. Kyle Higgins écrit un Slade Wilson à la fois incroyablement badass et absolument ignoble. Et non seulement c’est une grosse enflure, mais il veut que tout le monde le sache. Kyle Higgins file des friandises bourrées de testostérone à Joe Bennett, et le twist final finit de m’assurer que Deathstroke est l’un des bouquins les plus violemment cools de ce relaunch.
Il y a énormément d’idées dans Superboy #1. Plutôt que de privilégier Superboy le brave Superman en plus jeune et en plus rural ou Superboy le clone torturé de Superman et de Lex Luthor, Scott Lobdell décide de faire les deux en même temps, et en même temps de jouer un peu avec tout ça, tout en introduisant des personnages secondaires et des concepts assez intrigants, le tout soutenu par les excellentes illustrations de R.B. Silva. Bref un truc assez prometteur.
Resurrection Man #1 est un bouquin de super-héros. Mais aussi un peu un bouquin d’horreur. Ce mélange des genres est assuré avec un certain talent par le duo Abnett et Lanning, qui malgré deux-trois vannes qui tombent à l’eau réussissent à ressusciter (ha ha) le concept qu’ils avaient inventé dans les années 90, et putain quel concept mes amis. Un type qui à chaque fois qu’il meurt revient à la vie avec un nouveau pouvoir, c’est une idée tellement intéressante que ça ne peut pas foirer.
Après avoir lu l’excellentissime Animal Man de la semaine dernière, on ne pouvait attendre qu’avec la plus grande des impatiences Frankenstein, Agent of S.H.A.D.E. #1, le deuxième titre écrit par Jeff Lemire de ce reboot de DC. Et oui, c’est aussi réjouissant que ce que tu peux imaginer. Jeff Lemire balance idée géniale à base de pseudo-science sur idée géniale à base de pseudo-science, pour un résultat incroyablement dingue, créant un univers que même la créature de Frankenstein trouve incroyablement étrange, avec des grosses scènes de baston illustrées avec beaucoup de talent et de détail par Alberto Ponticelli.
Demon Knights est lui aussi un titre complètement dingue. Tu devrais l’acheter. Paul Cornell a pris un groupe de personnages du Moyen-Âge qui traînaient dans l’univers DC, et il les rassemble dans un bouquin de super-heroic-fantasy, qui a en plus ce petit soupçon d’insolence qui le rend encore plus sympathique à mes yeux. Presque mon choix pour la semaine, mais vu que je t’avais fait le coup la semaine dernière cette fois je ne vais pas te prendre en traître.
Parce qu’évidemment, le PICK OF THE WEEK cette semaine, c’est Batwoman #1. Sur mes conseils avisés, tu as acheté les précédentes aventures de Batwoman. Tu devrais savoir à quoi t’attendre. Ce Batwoman #1 est magnifique, maîtrisé de bout en bout, et J.H. Williams III montre toute l’étendue de son talent pour utiliser les visuels dans le but de raconter une histoire. Absolument magistral. Achète-le. S’il te plaît.



