Scooby-Doo Mystères Associés

Posted avril 11th, 2012 by Arez and filed in Télévision

Je sais ce à quoi tu es en train de penser, et ce n’est pas à cause des centaines de milliers d’euros que j’ai récemment dépensé pour installer chez toi un système incroyablement complexe de caméras et de micros qui m’informent en temps réel du moindre de tes mouvements. Non. Je sais qu’à la lecture du titre de cet article, par ce pouvoir qu’à l’esprit humain d’associer entre elles des idées et des stimulis, tu as immédiatement associé le nom de Scooby-Doo à cette affreuse sensation d’ennui que l’on peut ressentir le samedi matin lorsque, désireux d’occuper son esprit tout en ingurgitant un petit déjeuner complet, on se colle devant la télé même si le programme actuellement diffusé est d’une médiocrité qui donne envie de se noyer dans son bol de céréales.

Et je peux tout à fait comprendre ce sentiment. Après tout, en quarante années d’existence, la formule d’un épisode de Scooby-Doo a perdu sa fraîcheur plus vite qu’une plaquette de beurre laissée sur une table à découvert une journée de canicule. Un monstre apparaît, nos héros arrivent pour mener l’enquête, cet idiot de Scooby fait des blagues et mange pour cinq, puis le monstre revient, il poursuit les héros, les héros l’attrapent et à la fin on découvre que c’était Monsieur Jenkins l’agent immobilier qui voulait faire fermer le parc d’attraction pour racheter le terrain une bouchée de pain et le transformer en parking.

Intentionnellement ou non, Scooby-Doo représente ce divertissement qui fait peur mais pas trop, ce monde totalement inoffensif ou tous les monstres sont en carton-pâte et dans lequel il n’y a absolument aucune conséquence, afin de garder les gamins devant le poste tout en s’assurant qu’ils ne feront pas de cauchemars la nuit venue. Bref, cette bouille sans saveur que l’on subit plus que l’on goûte et qu’on nomme ennui. Tu noteras ici que j’ai cédé aux créateurs de Scooby-Doo le bénéfice du doute quand à leurs intentions. Parce qu’il y a quelque chose de génialement subversif dans la formule que la série a employé depuis sa création.

Dans le monde de Scooby-Doo, il n’y a pas de monstres. Il n’y a que des adultes qui mentent aux enfants, et il appartient à ces enfants d’utiliser le pouvoir de leur pensée et de mener l’enquête pour faire triompher la vérité. Et ces mensonges que racontent les adultes ne sont pas anodins : ils trouvent tous une base dans la superstition, là où la pensée laisse sa place à la croyance, et par extension à la frayeur, contre laquelle la pensée rationnelle et basée sur des preuves tangibles doit toujours triompher.

J’avais besoin de te faire cette petite explication de texte pour te situer un peu le contexte dans lequel se situe Mystères Associés. Parce que pour la première fois en quarante ans d’existence, une série portant le nom de Scooby-Doo est à la hauteur de son ambition de base. Et pour cela, elle utilise une technique simple mais qui fait toujours son petit effet : un bon gros arc mythologique qui va permettre aux personnages de se développer et d’évoluer d’un épisode au suivant, en finissant enfin avec des années et des années d’un format ultra-répétitif. Certes, il y a un nouveau monstre toutes les semaines, mais ce n’est qu’un prétexte pour faire se retrouver nos héros et pour faire avancer la résolution d’un mystère bien plus large.

Je sens que je t’ai perdu, alors remettons tout ça dans le contexte de la série. L’action de Mystères Associés se déroule dans la charmante bourgade de Crystal Cove, auto-proclamée « l’endroit le plus hanté sur Terre » à cause d’une très haute tendance à attirer les évènements suspicieux de nature monstrueuse et paranormale. Loin d’être un problème, cela permet à la riante cité d’attirer des cars entiers de touristes curieux de découvrir les divers mystères de la cité. Dans ces conditions, l’activité de résolveur de mystères semi-professionnel est assez mal vue, parce que les gens qui se déguisent en monstres ce n’est pas très intéressant.

Et justement, parmi les gens qui profitent du statut de piège à touristes de Crystal Cove se trouvent une bonne partie du cast secondaire. Et parmi ce cast secondaire se trouve une nouveauté assez énorme pour une série tirée de Scooby-Doo. En effet, pour la première fois, nous sommes introduits aux parents des héros. Parce que tu as suivi ma démonstration jusque là, tu vas relier les points comme un grand : par le truchement des éléments cités précédemment, tu vas comprendre que le grand mystère de Crystal Cove et les évènements qui découlent de sa résolution vont prendre une dimension personnelle pour nos héros, et c’est là que la série devient particulièrement intéressante, parce que Mystères Associés amène ses personnages principaux dans des directions suffisamment inattendues pour qu’il soit nécessaire que je m’abstienne de vous les décrire. Je dirai cependant que la façon dont la série justifie les traits de caractère qu’elle donne à ses personnages au lieu de se contenter de les exploiter pour une bête série de gags est absolument admirable.

Mais cet aspect ne représente que la partie submergée de l’iceberg d’excellence qu’est Mystères Associés. En surface, il y a évidemment les mystères que résolvent la joyeuse bande et leur camarade canin semaine après semaine. Et là aussi, il y a de quoi être agréablement surpris. Après avoir inspiré des générations d’imitateurs, le plus connu d’entre eux étant certainement Buffy Contre Les Vampires, le Scooby-Doo nouveau se nourrit de quarante ans d’horreur au cinéma et ailleurs pour sortir des affaires tirant leur inspiration de sources allant de Poltergeist à Terminator en passant par le mythe de Cthulhu, et va même se payer le luxe de multiplier les références à la longue histoire des diverses aventures télévisées des occupants de la Mystery Machine, le tout avec un humour frais et décontracté qui fera tout aussi bien rire les fans acharnés et les novices.

Et en plus, tout cela est assez joli à regarder. Du character design fantastiquement expressif à la réalisation particulièrement bien foutue, utilisant astucieusement le cadrage et les jeux de couleur pour ajouter à l’impact des scènes, on a ici une série particulièrement intéressante visuellement, et c’est assez rare dans le domaine des séries pour enfants pour être signalé. Bref, Scooby-Doo Mystères Associés est une réussite sur tous les points, un X-Files/Fringe pour gamins qui traite son audience avec le respect qu’elle mérite, et ça fait un bien fou à voir, croyez-moi.

Scooby-Doo Mystères Associés passe tous les jours sur Cartoon Network, parfois aussi sur France 3, est sortie en DVD, et la saison 2 va commencer le 3 Mai aux Etats-Unis.

La Roue De La Fortune Version Trois Point Zéro

Posted janvier 2nd, 2012 by Arez and filed in Télévision

Alors oui, il y aurait un millier de bien meilleurs sujets pour un premier article, surtout pour inaugurer ce qui sera sans doute la dernière année de l’histoire de l’humanité, mais à ces reproches que je sens déjà nombreux, j’aurais deux réponses. D’abord, je sais que l’inéluctable marche du Ragnarok qui mènera notre planète à sa destruction totale ne sera pas interrompue par un de mes articles, aussi mauvais soit-il. Ensuite, si après 4 mois de silence radio de ma part, tout ce que tu trouves à partager avec moi c’est la lame sarcastique d’un couteau fait de cynisme dans mon dos, je trouve que c’est quand même pas très très sympa et je te prierais de t’excuser parce que je ne suis pas entré dans cette pseudo-profession pour affronter la cruauté d’une meute de hyènes affamées même si en vérité je vous aime tous qui que vous soyez et je ne vous souhaite que le meilleur pour cette nouvelle année, profitez de vos derniers moments sur Terre et tout ça.

Qu’on se le dise, 2012 sera une année totalement placée sous le signe de la créativité et de la hype, et je ne dis pas ça juste parce que j’ai passé les quatre derniers mois à regarder tout ce qui fonctionnait à peu près bien sur Twitter afin de le reprendre dans mes articles. Non, en 2012, je te promets des articles de qualité sur des sujets divers et variés, et pas juste un ramassis de catchphrases déjà moisies venues d’un type tellement désespéré qu’il essaiera de noyer le poisson qu’est son manque absolu de talent sous l’eau de la dernière série à la mode.

Bref, j’ai regardé la Roue de la Fortune.

Avant d’aller plus avant dans cette critique, dont je sais que tu l’attendais dans ton for intérieur depuis des semaines au point de causer une insupportable douleur à ton petit coeur meurtri, je dois revenir ne serait-ce qu’un moment sur les épisodes précédents.

GRAND A PETIT UN: LA ROUE DE LA FORTUNE, UNE HISTOIREUH TUMULTUEUSEUH

Créée en 1975 par Merv Griffin, Wheel Of Fortune arrive sur NBC en- non attends t’as Wikipédia pour ça, pourquoi j’irai me casser le cul avec une présentation et tout. Tout ce que tu as besoin de savoir, c’est que le 2 janvier de cette année, Benjamin Castaldi a rejoint ce grand panthéon de la télévision Française qu’on appelle « La liste des animateurs de la Roue de la Fortune », qui contient entre autres sommités Michel Robbe, Christian Morin, Alexandre Debanne et Olivier Chiabodo. Je n’ai vu cette première ère de la Roudelaf, comme on s’amuse à la nommer dans les milieux autorisés, que pendant son déclin, mais j’ai une bonne excuse, je venais à peine de naître et à 5 ans j’avais autre chose à foutre. (A l’époque, ma mère pensait encore que j’arriverais à faire quelque chose de ma vie)

Par contre en 2006, lorsque Christophe Dechavanne, son chien et sa chatte, je veux dire ses nichons, je veux dire sa pute, je veux dire Victoria ont repris la boutique, cette fois en access prime-time, juste entre Secret Story et le journal de 20h. Et, même si tu sais comme moi que j’ai un certain passif avec Secret Story qui m’a coûté un poste auprès d’un blog qui gagnait à être connu, je dois t’avouer qu’à l’époque là non plus je ne m’emmerdais pas assez pour regarder un seul épisode en entier, malgré les pitreries de ce brave Christophe.

Mais aujourd’hui le monde a changé, et je ne parle pas uniquement du fait que partout à travers le monde des jeunes enfants sont sacrifiés lors de tentatives futiles de calmer la rage destructrice des anciens dieux qui ont gouverné sur la race humaine depuis des temps immémoriaux. Il y a une nouvelle Roue de la Fortune, dans un tout nouveau décor, avec de toutes nouvelles cases, et des tout nouveaux animateurs. Et puisque c’est la première nouveauté de 2012, je me suis dit que ça méritait investigation.

D’abord, il y a Benjamin Castaldi. Et nombreux sont les humoristes à s’être moqués de sa prétendue idiotie, et de son insupportable attitude de gamin constamment émerveillé par tout ce qui l’entoure, à commencer par le fait qu’il est à la télévision, comme ce gamin qui joue avec la caméra de son parrain, imitant un animateur télé avec une brosse à cheveux. Et je pourrais me moquer de cet amateurisme qui est tellement plus insupportable que charmant. Je pourrais tirer des conjectures et écrire qu’il demande au public de compléter ses phrases parce qu’il serait trop con pour être animateur sur TF1, un exploit qui mériterait d’être consigné dans le livre des records. Mais de une, ce serait faire preuve d’une fainéantise digne des auteurs des Guignols de l’Info, et de deux, il a produit Gloire et Fortune : La Grande Imposture sur M6 en 2004, et du coup sa balance karmique est dans le positif à vie.

Ensuite, donc, il y a Valérie Bègue, ancienne Miss France, prouvant définitivement que vers la fin Geneviève de Fontenay avait complètement pété les plombs, décrétant qu’avec suffisamment de fond de teint, même un lézard pouvait devenir une reine de beauté. Valérie Bègue donc, qui prend la place de la chatte non je veux dire les nichons non je veux dire la pute non je veux dire Victoria, et qui quand elle ne fait pas semblant de retourner les lettres en marchant devant un écran mange des souris vivantes. Valérie Bègue, enfin, qui parce qu’elle arrive à aligner deux mots dans un français correct l’un après l’autre te balance des grands morceaux de sagesse comme « la chance est le sourire de l’inconnu ». Certes, elle n’a pas autant de charisme (ma façon à moi de dire « nichons ») que Victoria, mais Victoria n’était pas la réincarnation du dieu lézard Quetzalcóatl, ce qui veut dire qu’elle sera parmi les premières à mourir lors de l’inévitable bain de sang prévu pour le 21 décembre.

Alors, il reste le jeu en lui-même, et c’est sans doute là que se situe le plus gros problème de cette nouvelle mouture de la Roue de la Fortune, à savoir que la Roue de la Fortune est sans doute le pire jeu jamais diffusé à la télévision, et je sais de quoi je parle puisque je regardais religieusement le Kouij avec Gérard Vivès, un sacré warrior de la comédie auquel je devrai rendre hommage un de ces jours. Et je ne parle pas ici du type du candidat que la Roue attire, bien qu’il y aurait des paragraphes entier à écrire sur l’infinie connerie dont ils sont capables. Non. Pour te parler en des termes de nerd dont je sais que tu vas les comprendre, je vais t’expliquer le game system de la Roue de la Fortune.

GRAND A PETIT B: LE GAME SYSTEM DE LA ROUE DE LA FORTUNE, UNE IMPOSTURE DIGNE DE HEAVY RAIN

Je peux imaginer avec une certaine certitude les questions que tu es en train de te poser. Oui, il y a des règles à la Roue de la Fortune. Et oui, lorsqu’elles sont scrutées avec un minimum d’attention, on s’aperçoit qu’à grand renfort de mauvaises idées et de contradictions, ces règles sabotent totalement l’intérêt de la Roue de la Fortune en tant qu’émission de divertissement.

Tiens, par exemple, comme tu le sais sans doute, chaque manche de la Roue de la Fortune est centrée autour de la résolution d’une énigme. Un canevas immaculé que les joueurs remplissent au fur et à mesure avec des lettres, jusqu’à trouver la solution afin de remporter la manche. Tu pourrais alors penser que le but de la manche est de résoudre l’énigme, et qu’il y aurait une récompense à la clé si tu venais à trouver la bonne réponse avant les autres candidats. BAH NON MON CON, tu vas vite t’apercevoir que le but de la manche n’est pas de trouver la réponse le plus tôt possible, mais de la trouver et DE LEECHER COMME UN GROS SALE DESSUS POUR FAIRE LE MAXIMUM DE POINTS. Et l’amateur de superplays que je suis te le dira sans hésitation : le leeching, c’est chiant.

« Mais », t’entends-je alors crier, « Je remporte la manche, non ? N’est-ce pas là le but ? De remporter le plus de manches possibles ? » HA HA HA MAIS QUE TU ES STUPIDE, BIEN SUR QUE NON. Le but de la Roue de la Fortune, c’est D’ACCUMULER DE L’ARGENT. Pourquoi avoir des manches qu’on peut remporter, alors ? MAIS PUTAIN QU’EST CE QUE J’EN SAIS.

« Et la roue alors ? » La ROUE ? NE ME PARLE PAS DE LA ROUE, PETIT HOMME. LA ROUE EST UN MYSTÈRE. Parfois, elle décidera de TOTALEMENT COUPER LE JEU DANS SON ÉLAN pour entrer dans la Caverne, un concept TOTALEMENT CON ou un type a 30 secondes pour tenter d’accumuler un maximum d’objets SANS DÉPASSER LA VALEUR MAXIMALE. La connerie du concept étant évidemment qu’en 30 secondes, le candidat n’a GÉNÉRALEMENT PAS LE TEMPS de prendre pour plus de 1500 euros dans la caverne, rendant la limitation FINALEMENT ASSEZ REDONDANTE.

ET NE VIENS PAS ME PARLER DU DEMI CADEAU.

J’EMMERDE LE DEMI CADEAU.

Bref, La Roue de la Fortune, 11h05 sur TF1, c’est un peu de la merde.

Batman : The Brave And The Bold

Posted mars 29th, 2011 by Arez and filed in Télévision

Laisse-moi te faire un aveu, copain lecteur. Ecrire est une discipline terriblement compliquée. Trouver la bonne tournure de phrase, choisir les mots appropriés pour parler des perles de la pop-culture, et faire ces jolies allitérations que tu aimes tant ? Un effort incroyablement complexe, qui peut prendre des heures, voire des jours entiers. Et pour quel résultat ? Un gros paquet de pas grand chose. Alors, quand il s’agit d’écrire un article sur un truc tel que Batman, crois bien que je vais aller à l’essentiel. Voici donc mon article, composé exclusivement de l’image suivante.


Bon, okay, je comprends, ça manque peut-être un peu de clarté pour toi. Pour me faire pardonner, je te propose un petit test. Dis-moi ce que tu as vu dans l’image suivante, et je te dirais qui tu es.

Petit A, tu as vu un message crypto-gauchiste faisant office de commentaire absolument hilarant sur le résultat des élections cantonales. Tu es passé complètement à côté de la plaque, je crois que tu cherchais le blog de Christophe Barbier, ça arrive à tout le monde de se tromper, mais maintenant sois gentil casse-toi parce qu’on parle de choses sérieuses ici.

Petit B, tu as vu une référence à l’un des moments les plus fantastiques de l’histoire du pain dans la gueule séquentialisé. Dark Knight Returns. Pour la jeunesse qui ne connaitrait pas ce classique parmi les classiques, et pour citer la quatrième entrée dans la liste des choses pour lesquelles je voue une haine irrationnelle Jean-Marc Morandini, REGARDEZ :

Petit C, tu y as vu une putain de belle mandale, et malgré la très claire faiblesse de ton intellect incapable de voir au-delà de l’aspect superficiel des choses je te respecte quand même, parce que je sais que tu essaies et que ça n’est pas vraiment évident pour toi.

Petit D, tu connais le contexte de cette séquence. Tu sais sans doute à peu près où je veux en venir avec cet article, et je crois que tu peux passer à autre chose. Il fait beau dehors, pourquoi ne pas faire un truc plus utile avec ton temps, comme aller au parc, apprendre le sanskrit, jouer au bilboquet ou refaire le plafond de la Chapelle Sixtine en pyrogravure. Pour les autres, j’explique : Dans le premier épisode de la saison 3 de Batman The Brave and the Bold, Batman doit affronter le pire connard de toute l’histoire de l’univers DC, à savoir le Superman du Silver Age. Et il finit par lui coller ce pain absolument magnifique.

Je crois que ce que j’ai essayé de te démontrer avec cette image, c’est que Brave and the Bold, c’est magique comme ça. C’est du bon gros délire Silver Age bien dingodingue pour les kids, mais c’est également une fantastique friandise pour nerd, bourrée jusqu’à la moëlle de références piochées dans toute l’histoire de DC, et dieu sait que cette histoire est bourrée de références à piocher. C’est l’idée géniale de la série, en fait. Batman, c’est juste le point d’entrée. Le vrai intérêt de la série, c’est de le voir intéragir avec l’incroyable galerie de second couteaux de l’univers DC. Et c’est là que je vais te faire une confession qui va certainement te choquer : J’adore les seconds couteaux de l’univers DC.

Laisse-moi t’expliquer : Batman et Superman, c’est peu ou prou 70 ans de bons et loyaux services. Ils sont toujours géniaux, ça je dis pas, mais ils ont eu le temps de s’installer. Tu les connais suffisament pour facilement te rendre compte que ce tâcheron d’Hollywood grassement payé est en train de faire n’importe quoi à tes personnages favoris. Tu sais aussi qu’ils ont une histoire définitive qui ne pourra jamais être égalée quoi qu’il arrive. Batman a Year One. Superman a All-Star Superman. Alors oui, c’est sympa de voir Superman surmonter l’insurmontable et Batman toujours avoir une dizaine de trains d’avance sur ses adversaires. Mais parfois, d’avoir quelque chose de différent à se mettre sous la dent ça peut-être agréable. (Le premier qui utilise cet argument pour me faire bouffer du poisson se mange un uppercut.)

Evidemment, de ne pas utiliser des types qui passent le plus clair de leur temps sous les sunlights des tropiques, ça permet à n’importe quel auteur avec un minimum de talent et de créativité de remplir les zones d’ombres avec des trucs qui déchirent dans la plupart des cas. (Petite note : si tu veux voir une sublime démonstration d’auteurs s’amusant avec des seconds couteaux avec énormément de talent, fais-moi plaisir et paies-toi les 4 TPB de 52, une série qui suinte l’héroïsme jusque dans son concept.) Pour te donner un exemple, Aquaman, qui était un peu un joke character depuis des années et des années se paie un lifting de ouf malade au point d’en devenir furieusement cool. Et crois moi, c’est loin d’être le seul.

L’autre idée géniale de la série, c’est qu’hommage au Silver Age oblige, on tape très souvent dans le high-concept qui épate d’imagination. Je veux pas trop te gâcher les surprises qui t’attendent, mais il y a une comédie musicale dans le lot. Je ne tiens vraiment pas à t’en dire plus, d’autant que j’ai passé la journée à écrire cet article et que je crois qu’il est grand temps que j’en arrive à une conclusion.

Batman the Brave and the Bold est plus qu’un gros délire extrêmement nerdy célebrant tout ce que le Silver Age a pu nous apporter de plus taré. C’est une série absolument géniale, ce qui veut bien évidemment dire qu’elle est sans sa dernière saison et qu’après les 13 épisodes de la saison 3 c’en sera terminé pour toujours, parce que le monde est pourri comme ça. Mais hé, je ne vais certainement pas bouder mon plaisir, parce que du super-héroïsme comme ça j’en veux tous les matins avec mes céréales. De la classe, de l’humour et aussi un peu d’émotion, parfois, que demander de plus ?

Nerdz – « Wolf Urine »/ »Zizette »

Posted novembre 19th, 2010 by Arez and filed in Télévision

Je sais que faire cet aveu dans la première phrase de mon article va inexorablement entacher ta perception de mon opinion que tu jugeais jusqu’alors comme une vérité objective, mais je dois ici le dire haut et fort afin que nous partions d’un pas sûr sur la route d’une connaissance complète et totale : j’ai toujours eu un problème avec Nerdz, et je crois qu’il est nécessaire avant de se lancer dans une critique du début de cette quatrième (et dernière, si l’on en croit ses auteurs) saison de tenter de comprendre pourquoi.

En effet, il a été établi par un comité d’experts indépendants composé des meilleurs esprits que compte la blogosphère geek-otaque francophone que Nerdz était une série de merde, et ce malgré le talent avéré de ses trois créateurs, Davy Mourier, Didier Richard (responsables des films plutôt poilants de Une Case En Moins) et Monsieur Poulpe (achetez l’album des Rois de la Suède). A regarder de plus près la saison 3, qui est la saison qui précède la saison 4 dont les deux premiers épisodes sont l’objet de cet article, je crois qu’il est assez simple de comprendre pourquoi cet effroyable constat. A essayer de faire tout et son contraire, Nerdz n’a jamais vraiment réussi à trouver un ton qui lui était propre. (Et à tous les connards qui répondront que c’est peut-être là que se situe le ton de Nerdz : allez vous faire foutre au lieu d’essayer de jouer au plus malin avec moi.)

Je sais que la tournure de la phrase précédente m’a probablement donné l’air d’un sale connard condescendant, alors je vais étayer mon propos. Nerdz tente de prendre l’humour pipi-caca simple et fédérateur, et d’y ajouter une dimension dramatique basée sur l’interaction entre ses personnages. L’intention est louable, mais le résultat final n’est pas à la hauteur de cette ambition, principalement parce que pour créer une tension dramatique il faut que le spectateur puisse se reconnaître dans un (ou plusieurs) des personnages. Et c’est là qu’on arrive au noeud du problème Nerdz : ses personnages sont tous antipathiques. Dark est un insupportable crétin, Jérôme est un connard prétentieux, Caroline est une fille, et Régis-Robert est Régis-Robert. Alors, comme un type en pleine crise de la quarantaine qui tente de réveiller son mariage à grand renforts de DVD pornos et de sextoys divers et variés, Nerdz a cherché une autre solution pour raviver la flamme de l’intérêt dans les yeux de ses téléspectateurs : faire monter les enjeux de façon spectaculaire. C’est la saison 3, avec ses histoires de meurtres et d’avortement, qui ont autant leur place dans une série comique qu’un type de gauche dans le gouvernement ou qu’une vanne sur l’actualité du monde politique dans un de mes articles. Je pourrais passer des heures et des heures à tenter de vous expliquer pourquoi tenter ce genre de cascades est souvent très dangereux voire carrément aliénant pour ceux qui ne sont pas prêts à suivre vos délires quoi que vous fassiez, mais l’article étant déjà assez long comme ça je me contenterais d’une simple métaphore. La comédie, c’est comme une bouteille de coca : à trop vouloir la secouer, ça finit par nous péter à la tronche, et après le sol est tout collant et je vais pas nettoyer cette merde surtout que c’est à cause de tes conneries qu’on en est là alors tu ne touches pas à cette bouteille. Pour faire plus simple encore : DANS UNE BONNE COMEDIE, LE STATU QUO DOIT TOUJOURS FINIR PAR L’EMPORTER.

Et le statu quo, justement, il s’était quand même pas mal fait défoncer la tronche à la fin de la saison 3. (Oui, on arrive enfin à la partie de l’article ou je chronique les deux premiers épisodes de la saison 4 de Nerdz) Tout le monde avait quitté l’appartement des trois premières saisons pour se retrouver dans le village natal de Régis-Robert, il s’est passé un paquet de trucs, Dark et Caroline se sont séparés, et accessoirement le missile qui trônait sur la place du village avait explosé. Comment tu reviens au statu quo après ça ? C’est l’objet du premier épisode de cette saison 4, « Wolf Urine ». Au vu de la situation, il allait falloir une pirouette scénaristique de premier ordre pour tenter de résoudre la situation. La solution que « Wolf Urine » propose, c’est qu’au lieu d’une bombe classique comme on la connaît trop bien dans notre monde ravagé par les guerres et les conflits paix et amour sur terre tout ça tout ça, la bombe qui a explosé à la fin de la saison 3 n’était qu’un prout géant, né d’un plan des nazis pour acquérir une image de sacrés rigolos auprès des populations occupées.

Tu me connais, Internet, et tu sais que normalement j’ai du mal à résister à une bonne vanne sur les nazis. Mais une fois passé le choc initial d’une révélation aussi décevante, on s’aperçoit assez rapidement que l’épisode n’a rien d’autre à proposer, les vannes de l’épisode se résumant à regarder les quatre acteurs principaux parler avec un fort accent allemand dans un décor rempli de croix gammées. Il y a bien une tentative de raconter l’anniversaire d’Adolf Hitler et sa fascination pour son yo-yo, mais à peine l’idée est évoquée que l’épisode est déjà terminé. (Notez que la performance de Davy Mourier dans le rôle du Führer est cependant incroyablement poilante.)

Pour avoir la suite des aventures de Dark et ses amis, on se tournera vers le second épisode « Zizette ». On retourne ici au format classique d’un épisode de Nerdz, avec nos quatre héros dans une seule pièce à s’échanger des répliques idiotes. Globalement, l’épisode fonctionne, parce que merde quand on a passé trois saisons à écrire des dialogues pour des personnages on acquiert quand même une certaine expérience lorsqu’il s’agit de balancer des vannes qui font mouche. Là ou l’épisode tombe un peu à plat selon moi, c’est dans les séquences sensées illustrer ce qu’il se passe dans l’imaginaire de Dark. Ici, une métaphore un peu lourde à base de Left 4 Dead raconte le choc de la rupture avec la subtilité d’un Hummer. Mais l’épisode reste agréable à regarder, et dans l’ensemble le début de cette saison 4 est plutôt encourageant, grâce à l’expérience acquise lors des précédentes saisons et au budget accru.

(La saison 4 de Nerdz est diffusée sur Nolife et disponible en avant-première en VOD sur Ankama.com pour le prix d’1€ par épisode.)

Super Grand Journal 7 Ultra Turbo Championship Edition

Posted août 30th, 2010 by Arez and filed in Télévision

Aussi inéluctable que la mort et les impôts, Canal+ nous sort comme tous les ans son nouveau Super Grand Journal. Evidemment, on a en mémoire le lamentable épisode précédent, avec une IA complètement à la ramasse qui rendait le jeu en high-level inintéressant au possible, (La partie de Nico92 est à ce sujet une véritable leçon pour qui veut faire du superplay dans un Grand Journal, avec des combos tellement stratosphériques qu’on se serait cru en plein dans un Tool Assisted Speedrun), quelques bons persos enterrés sous des tonnes de personnages nazes, et bien d’autre défauts que j’évoquerais sans doute quand il sera temps de faire la comparaison avec ce nouvel épisode.

Oui, il était grand temps que Canal injecte de la nouveauté dans son moteur, au moins pour faire justice à la fanbase toujours plus nombreuse du jeu, qui est en droit d’attendre un titre de qualité. Et des changements, il y en a pléthore. Alors, quoi garder et quoi jeter ? C’est bien pour voir cela que nous allons nous lancer dans un inventaire de ce Grand Journal septième du nom, en deux parties, parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne.

Donc, première partie. Premier bon point, on remarque immédiatement le nouvel habillage. Les nouvelles musiques sont incroyablement classieuses, et si l’on pourrait reprocher un certain manque d’originalité dans les graphismes, force est de constater qu’il y a quand même une très nette amélioration. Tant qu’on est à parler de l’aspect graphique, les décors aux fonds pastels laissent place à une ambiance plus sombre, donnant au moins le ton de ce nouvel épisode, qui sera un peu plus sérieux que ces prédecesseurs.

Les premiers stages se déroulent sans grand accroc, et Josp1, le superplayer invité à venir tester la nouvelle version, trouve finalement assez peu d’opposition, mais c’était attendu vu le niveau et le fait qu’encore une fois on soit en début de partie. Et c’est là qu’on arrive au premier des nouveaux stages de cette septième version, le Crash-Test. Stage assez inintéressant, puisqu’il privilégie la petite phrase -récompensée par un joli visuel et un son rigolo-, à la réflexion un peu poussée que son prédécesseur spirituel avançait. Une fausse bonne idée, donc, mais si Canal tente de sauver les meubles on pourra sans doute avoir un truc moyen, sinon convenable.

Et ensuite, c’est un peu la cata. Denisot fait son invocation de témoignage poignant, Massenet balance ses platitudes level 40, Apathie enchaîne avec son ultra billet politique ultra-populo à grands renforts de dramatisme à deux ronds, combo tellement suranné que Josp1 ne s’est pas laissé prendre, malgré une petite chute qu’il a très vite rattrapé pour éviter qu’Apathie capitalise et monte pour le KO. Puis Massenet tente la recovery en balançant sa nouvelle Ultra combo « Le Bureau de l’info », qui tombe totalement à plat parce qu’elle n’est ni drôle ni intéressante.

Alors oui, à ce moment là le match est carrément mal parti. Mais stage suivant, arrivée de Yann Barthès et de son SHIN PETIT JOURNAL, qui devrait être un des temps forts du mode arcade. Sauf que cette année, devant la surpuissance de cette Ultra Combo, Canal a tenté un équilibrage un peu extrème en la coupant au milieu avec une CROSS PUB COUNTER. Et mine de, ça démolit un peu le combo, vu que son intérêt était dans le rush qui pouvait faire monter très haut le compteur de hits. Alors certes, la deuxième moitié offre un follow-up intéressant avec le DailyMouloud, qui arrive à faire du dégat, mais l’ultra aurait pu être tellement mieux équilibré qu’on ne peut être que déçus de voir cette décision.

Et on en arrive à la fin du premier loop, avec le nouveau boss final Miss Météo. Evidemment, à l’évocation de ce nom, vous pensez tout de suite à l’incroyablement moisie Pauline Lefèvre, dont les ultras vannes pas drôles et pas spécialement bonnasse ont fait rager plus d’un joueur jour après jour. Canal a voulu jouer un peu plus consensuel avec Charlotte Le Bon. Design carrément choupi, signe de la bonne volonté de l’éditeur, ce nouveau perso est au départ quelque peu déconcertant, notamment à cause du doublage, pourri par un accent québécois totalement idiot. Fort heureusement, l’accent n’est qu’une ruse, qui cachait un jeu qui s’il n’était pas exceptionnel, montrait pas mal de possibilités pour monter des tactiques assez intéressantes, et en tout cas fortement poilantes à sortir.

Je trouve l’article assez long comme ça, donc mes impressions du loop 2, avec Katy0-3< viendront dans la deuxième partie. Restez, je vous jure que ça devient intéressant après.