Poum Poum Comics Vol. 2 #5

Posted juillet 14th, 2012 by Arez and filed in Comics

Avant de se lancer dans la colonne de la semaine, toutes mes plus plates excuses pour mon absence de la semaine dernière. Il y avait le podcast, la carte, les finales de King Of Fighters XIII à l’Evo 2012 et une invasion de moustique dans ma demeure qui au fur et à mesure de son progrès me transforme en grosse boursouflure sur pattes. Mais assez parlé de moi, les dossiers importants se sont entassés sur mon bureau et je crois qu’il est grand temps de les traiter. Deux semaines de comics à rattraper, alors oui, je vais sans doute bâcler un peu, mais après tout, la différence avec les articles réalisés dans des conditions un peu plus normales se verra à peine.

Du coup, histoire de se remettre doucement dans le rythme, on va commencer par le plus compliqué, c’est-à-dire Before Watchmen. Puisqu’il est sorti la semaine dernière, ouvrons avec Ozymandias #1. Et disséquons tout ça dans la joie et la bonne humeur. D’abord le script de Len Wein. Il n’est pas très bon. Verbeux bien plus que de nécessité, il estime qu’il suffit de nous dire ce que ressent un personnage pour qu’un attachement émotionnel soit créé. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, cette approche a beaucoup de mal à fonctionner. À cela, il faut ajouter d’intenses gesticulations sous forme de clins d’œil lourdingues à Watchmen qui tentent de faire passer de manière assez forcée un message sur la façon dont il faut lire les évènements dans l’oeuvre originale. Quand on retire tous ces éléments, il reste une aventure certes bourrées de clichés presque sans saveur, mais qui fonctionnerait presque.

Il reste alors les dessins de Jae Lee, et c’est là qu’Ozymandias -le bouquin, pas le personnage- brille de plusieurs centaines de milliers de feux. Non seulement ses dessins sont sublimes, mais la façon dont il construit ses pages porte en elle un propos. L’implacable méthode avec laquelle il utilise les cercles et les rectangles dans une seule de ses pages porte en elle un propos bien plus fort que tout ce que les longues logorrhées de Len Wein peuvent contenir. On est face à ce genre de génie qui te fait employer des mots comme « logorrhées » dans ton paragraphe. Du coup, malgré les faiblesses du script, on se retrouve sinon emporté, au moins convaincu.

Minutemen #2, lui, continue dans sa lancée relativement scolaire, avec peu ou prou les mêmes qualités que le numéro précédent. Il y a toujours la même intelligence dans la construction, toujours le même respect pour les personnages et l’univers, et il y a même cette fois-ci une petite touche d’humour des plus bienvenues. Les introductions faites dans le numéro précédent, Darwyn Cooke a cette fois l’opportunité de nous montrer ses personnages en action.

Il y a cependant quelques problèmes. Le premier, si tant est que ce soit réellement un problème, c’est qu’on en apprend tout autant sinon plus sur les personnages à travers la façon dont ils interagissent les uns avec les autres qu’à travers les longues introductions du numéro précédent. Pas vraiment de quoi tenir rigueur au numéro sorti cette semaine, mais il fallait le signaler. Le second problème, c’est une séquence finale assez confuse dans la façon dont elle juxtapose trois évènements séparés. Rien de bien méchant, mais il faut bien s’accrocher pour tout comprendre.

Okay, maintenant je suis  parfaitement détendu, je vais pouvoir commencer à me lâcher un peu, et tiens donc, il est temps de voir un peu ce qu’il se passe dans l’univers de Avengers Vs. X-Men. Dans le bouquin principal, après les rebondissements des numéros précédents, on est revenu à de l’event comic plus classique. Il y a de la grosse baston, des moments de n’importe quoi, du feu, des explosions, mais quand même aussi pas mal de baratin. Le concept reste intéressant, mais on sent un peu le remplissage jusqu’au prochain gros rebondissement. C’est un event comic, quoi.

Du coup, on tente un peu de voir si les tie-in peuvent proposer quelque chose de plus excitant. Uncanny X-Men #15, qui lance cette fois pour de vrai l’arc promis dans le numéro précédent, par exemple. Problème : les X-Gens passent une bonne partie de ce numéro à parlementer sur que faire quand on est un cinquième d’un oiseau cosmique enflammé et qu’on s’ennuie un peu. Anti-problème : Comme d’habitude, Kieron Gillen a un plan, et toutes ces scènes de parlotte lui permettent de montrer toute l’étendue de sa maîtrise sur la voix de ses personnages. Re-problème : on reste surtout dans l’annonce d’une grosse baston à venir, et on sent poindre le dénouement en peau de chagrin. Mais re-anti-problème : il adresse la situation de Colossus et Cyttorak, et même si ce n’est pas vraiment essentiel ça fait plaisir à voir.

Même si elle est écrite par Rick Remender, la première partie de Versus #4 fait peine à voir. Même s’il maîtrise son sujet, le contexte d’une moitié d’un bouquin uniquement consacré aux bastons l’empêche de faire ce qu’il fait de meilleur, et je t’expliquerai cet argument plus tard dans cet article, promis juré. Certes, il arrive à sonner juste avec les voix de Psylocke et Daredevil, mais ses efforts semblent assez vains quand on voit que Brandon Peterson a décidé qu’il allait faire comme à peu près 90% des gratte-papier qui ont eu à dessiner Betsy Braddock en tentant de caser du cul et des nichons sur à peu près toutes les cases. Bleurgh.

La deuxième partie, en revanche, c’est Thor et Emma Frost qui se bastonnent sous le crayon de Kaare Andrews. Du coup, voilà neuf pages de pop-art totalement débridé mais cependant maîtrisé de bout en bout, tenue par l’incroyable talent qu’a Andrews pour dessiner les corps en mouvement. C’est des bourre-pifs qui volent dans tous les sens, du comics décomplexé comme on aimerait en voir plus souvent dans ce monde désespérant où personne n’a tiré de leçons de Watchmen. Un scribe bien plus talentueux que moi dirait sans doute que c’est le truc le plus dans les dents sorti en 2012. Il aurait absolument raison.

Mais puisqu’on parle de tirer des leçons de Watchmen, Jason « Go fuck yourself Alan Moore » Aaron ouvre Wolverine and the X-Men #13 ouvre sur une parodie de la scène entre Walter Kovacs et son psy dans le chapitre 6, mais avec Warbird dans le rôle du psychopathe. C’est la seule occasion de rire sincèrement qu’on trouvera dans ce nouveau numéro de WatXM, et certes c’est une occasion de plus que dans les précédents numéros, mais la tournure moribonde qu’a pris la série pendant cet event n’a toujours pas été enrayée. Il ne reste alors qu’un conflit maladroitement raconté. Ce n’est pas AvX qui est enfermé avec toi, c’est toi qui est enfermé avec AvX, Jason. Désolé.

Les dossiers prioritaires sont expédiés, passons au reste. Batman #11, qui marque à peu près la fin de la première année de Snyder et Capullo sur le titre, est satisfaisant. Sans plus, ce qui est un peu problématique. C’est un final qui réussit tout ce qu’il entreprend tout simplement par manque d’ambition, et qui une fois l’affaire réglée se lance dans un épilogue de cinq pages pour tenter de colmater les brèches restantes. On a l’impression de s’être fait avoir en lisant ce dénouement bien trop vague pour être totalement honnête. Mais l’excellence technique prime, ce qui rend cette livraison au final assez plaisante.

Pour répondre à ta question, enfin, Rick Remender est à son meilleur lorsqu’il a un plan. Lorsqu’il décide de prendre un personnage, et de le confronter à une situation qui va lui donner l’occasion de l’analyser sous toutes ses coutures. Et dans son boulot pour Marvel, le plus souvent, il décide de prendre des personnages et des idées que personne d’autre ne voudrait utiliser, et il les répare, il les reconfigure, et il les utilise dans le cadre d’un propos un peu plus global. Uncanny X-Force #27, fait tout ça et un petit peu plus encore. Il boucle l’arc d’un personnage, il développe ses grand méchants, et il balance sur la table le plat principal, à savoir l’étude de Wolverine. Je ne peux pas t’en dire plus parce que spoilzorz, mais tout ce que tu dois savoir c’est que UXF est à nouveau prêt à tout faire péter.

Dans le reste de la pile, on a des comics bien bien tarés. Matt Kindt qui continue son délire dans Mind MGMT #2. C’est un peu plus simple à suivre, puisqu’on a un peu plus d’informations, mais on reste quand même relativement paumé, et en même temps tant mieux. Dial H #3 introduit l’idée d’une histoire secrète de la téléphonie. Et ce n’est même pas le truc le plus dingue dans ce numéro. Alors certes, ça reste un peu décousu, mais ça fonctionne, parce que China Miéville a tout plein d’idées. Et juste quand tu crois avoir les réponses, Defenders #8 change les questions, toujours avec cette irrésistible pointe d’insolence que l’on apprécie venant de Matt Fraction, mais aussi avec Jamie McKelvie, qui dessine particulièrement bien les high-kicks. Du coup, réussite totale.

Le PICK OF THE WEEK, enfin, et puisque c’est toujours les soldes et que je suis feignasse, un seul choix pour deux semaines : Fury Max: My War Gone By #4, dans lequel Garth Ennis et Goran Parlov continuent d’explorer les gros ratages de la diplomatie américaine pendant la Guerre Froide à travers les yeux de Nick Fury, le soldat le plus blasé du monde. C’est classe, efficace, vachement malin, et on s’apprête à refaire la Baie des Cochons. Toi même tu sais qu’on va bien se marrer.

Poum Poum Comics Vol. 2 #4

Posted juillet 1st, 2012 by Arez and filed in Comics

Tu m’excuseras pour le retard, mais ma semaine a été particulièrement chargée en projets divers et variés dont je devrais sans doute te faire la publicité. Puisqu’en plus, j’ai l’impression en regardant la pile de mes sélections que cet article sera relativement pauvre en contenu, autant utiliser cette occasion pour te tenir informé des quelques entreprises dans lesquelles je me suis lancé ces dernières semaines.

  • Premièrement, il y a l’Übercarte de la Japan Expo. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le concept, raton-laveur et moi avec l’aide de quelques camarades prenons la carte de la Japan Expo, et nous la passons au peigne fin afin de vous signaler les bons coins de la convention et les stands à éviter, afin de vous éviter de tomber sur des vendeurs de contrefaçons, des gens bêtes et méchants, ou des auteures de fanfiction yaoi. Nous passons ensuite un vernis de blagues vaseuses, et tu prends ensuite le résultat avec toi pour avoir la meilleure expérience de convention possible. Si tu lis cet article, et que tu te dis « Tiens, je tiens un stand à la Japan Expo et je suis cool et très tolérant vis-à-vis de ce gratte-papier sans talent qui vomit sa bile verbeuse sur les réseaux », fais-toi signaler dans les commentaires, sur Twitter ou par e-mail à arez(at)jolibateau(point)net, que je puisse entourer ton stand de petits cœurs rose bonbon.
  • Deuxièmement, il y a le Grand Tournoi du Hentai, le projet à la con que je porte en moi depuis que j’ai commencé à écrire des mots sur Internet. Il y a presque deux ans de cela, j’avais tenté de les lancer sans succès sur ce même blog, mais cette année, c’est la bonne, puisque je suis assez mature pour mener cette entreprise à son terme mais pas assez pour réaliser à quel point c’est une mauvaise idée. Le tournoi commencera à la mi-juillet, et je suis totalement ouvert aux suggestions, ce qui veut dire qu’il te reste un peu plus d’une semaine pour m’envoyer une liste de tes personnages favoris de productions pornographiques animées originaires du Japon afin de t’assurer que ta voix soit entendue. Attention cependant : je t’impose une règle. Les personnages qui participeront au tournoi devront tous sans exception être apparu dans au moins une adaptation animée de leurs aventures. Tu penses pouvoir te tenir à cette règle ? Alors envoie ta liste à arez(at)jolibateau(point)net. D’avance merci.
  • Troisièmement, il y a le présent article, que je vais de ce pas commencer.

Je t’avais un peu prévenu la semaine dernière, et j’en ai un peu parlé sur Twitter entre temps, nous avons cette semaine une sélection plutôt étrange de gourmandises sur papier glacé, et ça commence avec la plus étrange d’entre toutes, The League of Extraordinary Gentlemen Century : 2009, le dernier chapitre du troisième volume de l’oeuvre d’Alan Moore et Kevin O’Neill. Étrange parce qu’Harry Potter y tue un homme avec un éclair qu’il tire de sa bite, d’abord. (Peut-être que je fais une fixation sur ce concept, mais je crois qu’il est important de le répéter une fois de plus pour pouvoir se faire une idée de l’oeuvre.)

Étrange, ensuite, parce que pour la première fois dans un tome de la Ligue, je n’ai pas besoin des annotations de Jesse Nevins pour comprendre les dizaines de références plus ou moins obscures que O’Neill planque dans chacune de ses cases. Mais du coup, plus étrange encore, puisque ces références et la façon dont est peinte cette image de Londres en 2009 n’évoquent pas vraiment l’année 2009, et trahissent la relative isolation de ses auteurs vis-à-vis du paysage pop-culturel de l’époque. En soi, ce n’est pas vraiment un problème, mais pris avec le reste du propos de Moore, il dévoile une position assez troublante.

Parce que, et c’est sans doute là que se situe le gros problème, 2009 porte en lui une thèse qui sonne assez creuse intellectuellement. A plusieurs reprise, et sans la moindre subtilité, Moore tente de communiquer l’idée que la culture c’était mieux avant, et que vous les jeunes et votre culture corporatiste de masse vous avez tout ruiné. Et si cette thèse pouvait être défendable, l’effort fourni pour tenter de montrer ce désenchantement de la culture moderne transpire le mépris, allant même jusqu’à ressasser des arguments surannés, comme dans cette séquence de massacre présentée à la première personne assez clairement censée évoquer les first person shooters. Du coup, il en ressort l’idée qu’Alan Moore ne sait absolument pas de quoi il parle en matière de culture.

Et pourtant, et il n’y a absolument rien d’étrange à cela, ce nouveau chapitre de la Ligue reste une fort excellente lecture. Parce qu’Alan Moore reste l’un des meilleurs écrivains dans le monde des comics, et qu’il reste imbattable sur certains points, comme l’écriture de ses personnages. Mieux encore, contrairement à 1969, il leur laisse ici la place de se développer et d’interagir, sans qu’aucun ne soit le faire-valoir d’un autre. Tous vont au fur et à mesure progresser vers une conclusion satisfaisante, et même carrément ingénieuse. Et s’il se casse les dents sur l’observation de notre culture, Alan Moore soulève quelques points intéressants sur notre société. Au final, bonne lecture, mais avec pas mal de problèmes.

Mais puisqu’on a parlé de l’avatar de tout ce qui ne va pas dans notre culture de masse corporatiste, Before Watchmen : Nite Owl #1, de J. Michael Straczynski, Andy Kubert et Joe Kubert. Certaines personnes que j’ai imaginées dans ma tête m’ont signalé que j’avais fait preuve de pas mal de clémence vis-à-vis de Before Watchmen. Et je suis bien forcé de reconnaître que ces gens inventés de toute pièce ont absolument raison. Laisse-moi donc rassurer tout le monde : Nite Owl #1 est une putain de daube, le genre de trucs qui pourraient te convaincre s’il en était besoin qu’en aucun cas tout cela n’aurait dû arriver.

Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, ça reste le truc le moins horrible que JMS a écrit depuis un moment. Le gros problème pour le critique feignant que je suis, c’est qu’il n’y a pas de gros problème. Il y a en fait l’accumulation de plusieurs problèmes de taille modeste, qui une fois empilés les uns sur les autres donnent le tas de problème présent sur mon bureau.

Le premier problème, celui qui saute aux yeux, c’est que ce numéro n’a absolument aucune direction. Ou plutôt, qu’il essaie d’en avoir plusieurs à la fois, mais qu’il ne prend le temps de s’intéresser à aucune d’entre elles. Le script pose une idée, la regarde le temps d’une page ou deux, puis passe à autre chose sans nulle autre forme de procès ni espoir de revenir en arrière. Du coup, on se retrouve avec un collier de nouilles narratif, tenu par la plus maigre des ficelles. Il n’y a pas ou peu de logique dans la façon dont les évènements se suivent, ce qui la fout assez mal quand on se veut dans la continuité d’une oeuvre aussi méticuleusement développée que Watchmen.

Le deuxième problème, c’est que ces nouilles d’histoire puent le cliché périmé à plusieurs kilomètres à la ronde. Par exemple, le père de Dan Dreiberg est méchant. Comment je le sais ? D’abord c’est un banquier, et même un banquier pingre et méchant, puisqu’après tout c’est de saison. Ensuite, il est tellement méchant qu’il tente de violer sa femme, qu’il frappe à coups de ceinture quand elle n’obéit pas. Et en plus, il a pris tout les jouets de son fils et les a jeté au feu. Pourquoi ? Mais parce que c’est un méchant, évidemment. Et comment se sortir de cette situation familiale, sinon par le cliché ? Pour son deuxième tour, JMS repompe l’origine de Tim Drake, mais attention c’est totalement différent parce que j’ai dit Nite Owl. Encore une fois, quand on suit une oeuvre dont la réputation s’est faite par la manière dont elle envoyait aux oubliettes les clichés, il y a un problème.

Le troisième problème, la touche finale à la dégustation de cette piquette que nous sert ici DC, c’est l’insupportable manière avec laquelle JMS s’est approprié les personnages et les situations présentées dans Watchmen pour en faire n’importe quoi. Sur la forme, d’abord. Si le script est pressé de passer des parties potentiellement intéressantes, c’est sans doute aussi un peu parce que son auteur était tellement obsédé par l’idée de coller à Watchmen qu’il se sentait obligé de tomber dans la redite. Là ou c’est problématique, c’est qu’il n’a absolument rien d’intéressant à dire. Pire encore, JMS montre toute l’étendue de son ignorance en se plantant totalement dans la voix qu’il donne aux personnages qui fait intervenir, ce qui donne par exemple un Rorschach au bord de la parodie, qui balance un « hurm » tous les trois mots comme si c’était son trait de caractère le plus important.

Avec tous ces reproches -et encore, j’ai fait preuve de retenue-, on en oublierait presque les dessins des Kubert. C’est Andy qui fait les crayons et son papa Joe qui encre, et l’ensemble a cette qualité atemporelle qu’ont les grands classiques, se plaçant dans une continuité stylistique avec les bandes dessinées de l’époque que Watchmen raconte. Un meilleur scénariste que JMS pourrait s’appuyer sur un tel talent pour soutenir un propos intéressant. Mais cela, comme les critiques dont je te parlais plus haut, n’existera que dans ma tête. Il ne reste alors plus qu’un vaste gâchis.

Et puisqu’on parle de vaste gâchis, Avengers Vs. X-Men. Et plus précisément, Wolverine and the X-Men #12, une bonne grosse déception signée Jason Aaron et Chris Bachalo. Mais peut-on encore être surpris lorsque c’est le quatrième numéro à faire le tie-in de l’event de l’été ? Probablement pas. Et puisque je n’ai pas parlé des numéros précédents, expédions en quelques phrases le gros problème derrière tout ça : Jason Aaron est forcé de s’en tenir au script de AVX, quand ce qui fait tout le sel des aventures de Wolverine et ses potes tient dans la capacité qu’a Aaron d’aller toujours plus loin dans ses délires.

D’ailleurs, et c’est c’est sans doute là le plus triste, on voit encore par intermittence des traces de ce génie, notamment par le biais des séquences avec Kid Gladiator, avec lequel tout peut arriver puisque de toutes façons il n’apparaît presque pas dans le bouquin principal. Et puis, il y a les quelques blagues auxquelles la série nous a habitué, qui fonctionnent toujours. Et évidemment, il y a le trait incroyablement énergique et expressif de Chris Bachalo, qui offre à l’ensemble une patate d’enfer. Mais rien n’y fait, le Wolverine nouveau manque de pêche, et on s’ennuie un peu.

Et tiens, puisque je parle de Jason Aaron et d’ennui, The Incredible Hulk #10. Toujours « Still Angry », toujours la même comparaison à « Haute Tension ». Mais cette fois dans l’espace. Ne vous réjouissez pas trop vite. C’est l’espace, certes, mais c’est aussi une station spatiale russe désaffectée avec des savants fous et des ours cyborgs. Je vais détourner le regard un moment pour que tu puisses bailler. Parce qu’autant se mettre d’accord maintenant : les ours cyborgs, ça a quand même beaucoup moins la classe que les bouseux des fonds marins et leurs lance-requins. Encore une fois, Jason Aaron, accompagné cette fois de Tom Raney, fait le boulot avec beaucoup de panache, mais ça ne suffit pas.

Et puisqu’on parle d’absence totale de transition, Ultimate Comics : The Ultimates #12, qui boucle l’année que Jonathan Hickman aura passé sur le titre. Accompagné par Sam Humphries, qui prendra vraiment les choses en main à partir du prochain numéro, il va boucler sa grosse storyline, dans laquelle Reed Richards est devenu un tyran mégalomane qui a totalement détruit Washington avec une bombe à anti-matière. Alors certes, la façon dont tout cela est résolu sent un peu trop le deux ex machina pour être totalement honnête, mais il n’empêche qu’on serre les points très fort et qu’on hurle « putain ouais » à l’idée d’enfin voir nos héros arriver à se tirer d’un faux-pas. Et puis, comme les deux dernières pages le soulignent, c’est toujours un peu la merde dans l’univers Ultimate, et le gros cross-over qui s’en vient va tenter tant bien que mal de résoudre tout ça.

Mais puisque j’ai cité le nom de Jonathan Hickman, je vais te toucher deux mots sur mon truc préféré qu’il écrit en ce moment, c’est à dire The Manhattan Projects #4, qui contient ta dose mensuelle recommandée de super-pseudo-science, d’histoire alternative et de savants fous. Chaque numéro a son gros twist de dingue absolument génial, et pas mal de storytelling de qualité, grâce au talentueux Nick Pitarra aux dessins et Jordie Bellaire aux couleurs. Ce numéro commence avec l’arrivée d’aliens. Et d’une manière impossible à raconter, tout devient beaucoup plus dingue beaucoup plus vite.

Et puisqu’on parle de dingue (Okay, cette transition-là est très ténue, je suis prêt à le reconnaître), Batman Incorporated #2, de Morrison et Burnham. Pas grand chose de vraiment nouveau, mais un flashback assez intéressant sur Talia Al Ghul, intelligemment raconté, mais qui vaut surtout le coup pour l’incroyable manière avec laquelle Chris Burnham arrive à invoquer Neal Adams dans certaines de ses cases pour un résultat du meilleur effet. Donc ouais, c’était cool.

Mais puisque l’article touche presque à sa fin, passons très vite au PICK OF THE WEEK, presque par dépit dans cette saloperie de semaine placée sous le signe de l’étrange. Pas trop par dépit non plus, puisqu’il s’agit de Justice League Dark #10, deuxième numéro écrit par le génialissime Jeff Lemire, qui arrive sans efforts à faire l’équilibre entre le fun, l’horreur et l’exploration de la bande de tordus qu’il a pour cast principal. Il y a d’excellents passages dans ce livre, mais surtout, John Constantine y est un fin connard, ce qui fait toujours plaisir à voir. Bon, je vous laisse, j’ai du boulot.

Poum Poum Comics Vol. 2 #3

Posted juin 22nd, 2012 by Arez and filed in Comics

Je ne sais pas si c’est la saison, mes hormones ou le fait que j’aie une semaine pour me préparer mentalement à [spoiler du prochain chapitre de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, sortie la semaine prochaine], mais je ressens à travers tout mon corps ce frisson qui me donne envie de te parler d’amour. Alors voilà, cette semaine, on fait péter les petits cœurs, on s’assoit tous les deux dans l’herbe, et on sent le vent sur sa peau.

Enfin non, pas tout de suite. D’abord, je dois te relater une anecdote. Il y a bientôt un mois de cela, peu après la cérémonie des Sama Awards, alors que mon corps était sur le point de me faire payer les deux jours d’Epitanime qui avaient précédé, je discutais avec l’incroyable Lewis de nos lectures diverses et variées. Au détour de notre conversation, le sujet de Batwoman est arrivé, et je crois -mais ma mémoire pourrait avoir été trompée par mon manque de sommeil- avoir déclaré que si Batwoman #10 avait une autre double-page en forme de chauve-souris, j’abandonnerais le titre sans nulle autre forme de procès.

Heureusement pour Williams III, Blackman et McCarthy, il n’en est rien. Mais si le vocabulaire graphique de la mise en page change, il reste un assez gros problème dans l’arc en cours, et c’est l’insupportable manière avec laquelle le scénario saute de flashback en flashback, assassinant toute notion de cohérence dans la temporalité, et coupant systématiquement le moindre élan que l’histoire pourrait proposer. Il reste des moments de réussite dans ce numéro, surtout quand il se concentre sur un seul personnage, comme dans ces passages avec Jacob ou Maggie, et les illustrations de Trevor McCarthy parviennent à s’inscrire dans une continuité stylistique avec ce que fait J.H. Williams III. Toutefois, on est toujours assez loin de la qualité des numéros précédents, mais il y a du mieux.

Je te l’accorde, tout cela ne contenait pas beaucoup d’amour. Alors on va parler un peu de Saga #4, parce qu’à l’intérieur il est justement question d’amour. En tout cas, plus que d’habitude, puisque Marko doit expliquer à Alana pourquoi il a cité le nom d’une autre femme alors qu’il était en train de se vider de son sang.

A ce moment précis de mon propos, je dois te rappeler que Marko est un homme avec les cornes et les oreilles d’un bélier, que lui, sa femme et son bébé et leur baby-sitter qui est un fantôme rose fluo qui s’est fait arracher les jambes sont poursuivis par un chasseur de primes et son coéquipier, une sorte de puma qui parle. Puis, je dois ajouter que dans ce numéro, ledit chasseur de primes s’arrête sur une planète-partouze faite de pur hédonisme, et que le tout est une fois de plus admirablement illustré par la fort talentueuse Fiona Staples.

Mais la vraie force de Saga, c’est que ces personnages qui semblent tout à fait extraordinaires parlent et agissent comme des gens parfaitement ordinaires. Mieux encore, les excellents dialogues de Brian K. Vaughn construisent de manière toute à fait naturelle l’univers dans lequel se déroule l’action. Du coup, on se retrouve irrésistiblement attaché à Saga, et ça c’est gros câlin.

Puisque je vois que l’idée de partouze planétaire t’a quelque peu émoustillé, parlons un peu de Casanova: Avaritia IV, dans lequel tout un espace-temps se fait niquer par devant, puis par derrière, puis en biais, puis à nouveau par devant. Je crois. Je t’ai déjà fait part de tout l’amour que j’ai pour l’oeuvre de Fraction, Moon et Bá, du coup je devrais être assez bien placé pour tenter de t’expliquer ce qu’il se passe dans ces pages, mais je suis absolument infoutu de t’apporter la moindre explication. Mais après tout, y en a t-il vraiment besoin ? Est-ce que tu lis Casanova pour comprendre ce qu’il s’y passe ? Probablement pas. Casanova se lit d’abord et avant tout pour la putain de magie étalée sur toutes les pages, et pour les méta-délires ultra stylisés dans lesquels Matt Fraction et ses collaborateurs veulent s’embarquer, et sur ce front cette dernière livraison balance la sauce. Alors oui, peut-être qu’objectivement c’est absolument n’importe quoi, mais j’aime cette série d’un amour fou et personne ne m’arrêtera.

Je ne comprends pas ce qu’il se passe entre Daredevil #14 et moi. Waid fait ses jolies pirouettes, Samnee les illustre avec le talent qui est le sien, mais ça ne marche plus. Parce que ce serait totalement crétin de mettre ça sur le dos d’une quelconque « magie » qui serait partie, et parce que ça ne serait pas une vraie rupture si on ne tentait pas de se trouver des excuses, tentons d’expliquer tout ça. Il y a eu le cross-over qui a fini sur un total anti-climax. Il y a eu les changements de dessinateurs, qui ont foutu en l’air toute notion de cohérence esthétique d’un numéro au suivant. Quand on arrive au numéro actuellement sur mon bureau, le constat est aussi triste qu’inévitable : on ne sourit plus dans Daredevil, et c’est sans doute ça le plus grave.

Tant que j’en suis à évoquer mes tourments, parlons de Before Watchmen: Comedian #1. Après deux numéros assez bons mais aussi plutôt scolaires écrits par Darwyn Cooke, Brian Azzarello et J.G. Jones arrivent et font tout péter, au moins métaphoriquement. Si on peut se réjouir qu’Azzarello décide ainsi de s’approprier le personnage d’Eddie Blake, il y a quelques problèmes dans la manière dont il s’y prend. D’abord, il y a ce besoin constant de se caser dans l’Histoire, qui donne cette sale impression de revoir Astérix aux Jeux Olympiques tant les apparitions de vrais personnages historiques y semblent forcées. Et puis il y a ce scénario, qui se concentre un peu trop longtemps sur des scènes qui devraient être expédiées assez rapidement. J.G. Jones offre des dessins assez magnifiques, mais ne fait rien de vraiment spécial en termes de structure ou de présentation.

Du coup, les quelques changements que ce numéro propose au niveau des faits établis dans Watchmen ont beaucoup de mal à passer. Le premier, celui de montrer un côté plus sympa d’Eddie Blake, est sans doute nécessaire pour montrer comment il va devenir de plus en plus cynique au fur et à mesure que le monde autour de lui s’écroule. Le deuxième, que je tairai ici parce que les spoilers c’est mal, s’inscrit dans la même démarche, mais ne parvient pas à convaincre de sa nécessité. Mais après tout, c’est peut-être le mot d’ordre de Before Watchmen, d’avoir du mal à convaincre de sa nécessité.

Voilà, j’ai bien tapé sur DC, alors maintenant, des mots sur Avengers Vs. X-Men. D’abord sur Avengers Vs. X-Men #6, de Johnathan Hickman et Olivier Coipel, certainement le numéro le plus réussi de tout cet event. Avec les pages supplémentaires, Hickman redistribue sereinement les cartes pour commencer le deuxième mouvement de la grande baston entre héros de Marvel avec clarté et finesse. Et contrairement à Romita, Coipel a décidé de s’y mettre à fond, du coup, c’est un peu le gros spectacle visuel dans ta face. Je t’épargne le résumé, mais ça fonctionne carrément, et je commence peut-être à avoir du mal à tenir ma position pro-Avengers.  Niveau tie-insSecret Avengers #28 boucle son truc de fort belle manière, comme on pouvait s’y attendre venant de Remender et Guedes. C’est saboté par Bendis dans Avengers et AvX est passé à autre chose, mais bonne lecture néanmoins. Avengers Academy #32 profite de la situation pour renouer avec la justesse émotionnelle qui en avait fait un titre à suivre. La figure est simple, mais réalisée avec intelligence et efficacité, ce qui permet à Christos Gage de ressortir la tête de l’eau.

Mais la star de la semaine niveau AvX, c’est une fois de plus Kieron Gillen, qui signe avec Uncanny X-Men #14 le début de l’arc qu’il avait commencé à préparer depuis le début de son run. Il montre à nouveau la maîtrise de son sujet, ici Mister Sinister, fantastique en dictateur-savant fou-maniaque égocentrique. Mais si son scénario est fantastique, c’est les excellents dessins de Dustin Weaver qui finissent de convaincre. La manière avec laquelle il illustre le Londres victorien pas steampunk mais presque que Sinister s’est construit sous San Francisco est absolument sublime, et mérite définitivement le coup d’œil. Et la suite s’annonce plus que prometteuse, alors il y a de quoi être satisfait.

Mais, puisque le cœur a ses raisons que la raison ignore, et que j’aurais bien du mal à te dire tout le bien que je pense de Journey Into Mystery #640 et ses histoires de divinités citadines, passons directement au PICK OF THE WEEK, celui que j’aime plus que tous les autres, Wonder Woman #10. Si d’aucuns s’étaient inquiétés de la direction que prenait Wonder Woman après la controverse soulevée par le #7, ce numéro ne laisse plus aucun doute : Azzarello sait ce qu’il fait. Au cœur de ce numéro, il y a un drame familial, comme il y en a des centaines dans la mythologie grecque, que Wonder Woman va résoudre de la manière la plus appropriée possible pour Wonder Woman. En une page, on comprend pourquoi Diana est aussi spéciale. Ajoutez à cela des dialogues toujours aussi malins, et faites illustrer ça par Kano et Tony Akins, qui offrent ici des scènes d’action fort satisfaisantes, et vous avez un sacré morceau de bravoure, avec plein de petits bouts d’amour en dedans. C’est absolument magnifique.

Poum Poum Comics Vol. 2 #2

Posted juin 15th, 2012 by Arez and filed in Comics

Parce que ça fait un peu plus d’un an que j’écrits des mots sur des illustrés sur ce blog et que c’est une occasion à célébrer, je vais t’offrir l’un de mes secrets de fabrication. Lorsque je prépare cette chronique, parce que oui, contrairement à ce que le manque de talent visible dans ma prose tendrait à indiquer je prépare cette chronique, je cherche un thème commun à plusieurs des bouquins dans la pile sur mon bureau. Parfois, c’est incroyablement simple, comme la semaine dernière, mais parfois c’est incroyablement compliqué. Et puis, souvent par hasard, je trouve une clé pour déverrouiller tout ça, et je peux lancer la machine.

La clé cette semaine, c’est Ultimate Comics X-Men #13. Je t’explique : après avoir passé un an à s’emmêler les pinceaux avec une demi-douzaine d’intrigues dans lesquelles il ne se passait pas grand chose, Nick Spencer a gentiment été remercié et viré à coups de tatane dans l’arrière-train, pour être remplacé par Brian Wood, qui dès la première phrase de son script balance un gros tacle bien vicieux dans les tibias de son prédécesseur, mais vois plutôt:

A la lecture de ces deux pages, tu as certainement compris de quoi il sera question avec Wood aux manettes. On revient à l’idée de base, à savoir Kitty Pryde et un petit groupe de mutants qui se prépare à devenir des terroristes au nom de la liberté de ne pas se faire buter par une armée de Sentinels. Sauf que cette fois-ci, pas question de s’arrêter pour un délire politico-religieux qui n’ira absolument nulle part, on se concentre sur l’aspect « résistance » de tout ça, et on s’en tient au plan. Alors oui, il y a un peu l’impression de déjà vu, mais il faut admettre qu’on est mieux partis que la fois d’avant.

Et tiens, puisque j’en suis à cause de Brian Wood et de X-Men, autant toucher deux mots sur X-Men #30, illustré cette fois par David et Alvaro López. Là aussi, on est dans du simple et efficace, avec une équipe de mutants en mode black ops, contre de gros ennemis high concept, avec ce que ça implique comme action pêchue. Pour le dessert, nous allons terminer avec The Massive #1, le bouquin militant de la semaine, dans lequel Brian Wood est cette-fois ci accompagné au dessin par Kristian Donaldson. Je dis militant, parce qu’il met en scène une bande de militants écologistes à la Greenpeace perdus en mer après une grosse catastrophe écologique à la recherche de leur vaisseau-mère. Alors certes, il ne s’y passe pas forcément grand chose, mais la force de ce premier numéro, c’est l’efficacité avec laquelle Wood et Donaldson construisent en quelques pages leur post-apocalypse, et la façon dont ils arrivent à la rendre suffisamment proche du monde dans son état actuel pour qu’elle apparaisse comme un futur étonnement probable.

Je me suis peut-être un peu paumé avec cette triple ration de Brian Wood, alors revenons sur un truc simple, et faisons le point sur Before Watchmen, avec cette semaine dans la pile Silk Spectre #1, de Darwyn Cooke et Amanda Conner. J’avais déploré la semaine dernière l’extrême rigueur avec laquelle Minutemen #1 collait à l’oeuvre originale de Moore et Gibbons. A ce jeu là, Silk Spectre est peut-être encore pire, vu le nombre de conventions qu’il emprunte à Watchmen, à commencer par la grille de 9 cases caractéristique à la série. Le numéro va même jusqu’à se terminer par une citation qui contient le titre du chapitre et un petit symbole en dessous sur fond noir, histoire de bien faire comprendre que c’est totalement comme Watchmen hein alors ne pars pas tu vas voir on peut tout faire comme eux mais en mieux.

Mais, éloigné de toutes ces considérations, on se retrouve ici avec une histoire d’amourettes entre adolescents dans les années 60 presque banale, mais située dans l’univers de Watchmen, donc avec un certain vernis de cynisme et de violence. Et même si le scénario de Cooke et Conner a ses problèmes, notamment au niveau des dialogues, sans doute un peu trop élaborés pour être naturels, il n’hésite pas à aller jusqu’au bout de son trip, au point de contenir une fort belle méchanceté à base d’éjaculation faciale qu’il m’a fallu lire trois fois pour m’assurer que c’était absolument ce qui était entendu dans la situation.

Et très rapidement, on oublie les quelques problèmes du texte parce que les dessins d’Amanda Conner sont absolument sublimes. Non seulement ses personnages sont fantastiquement expressifs, mais ses cases sont soigneusement construites à l’aide de détails particulièrement soignés pour souligner les moments importants de l’histoire. Mais elle va également jouer avec les styles, et caser quelques petites caricatures pour représenter la façon dont son héroïne voit les évènements autour d’elle. Pour faire court, le résultat est quand même franchement fantastique, et mérite qu’on oublie ne serait-ce qu’un temps toute la controverse autour de Watchmen, histoire de regarder et d’admirer un peu. Bref, youpi.

J’ai un petit problème avec The Incredible Hulk #9, de Jason Aaron et Pasqual Ferry. Il a été établi par la plupart des gens qui savent lire que « Stay Angry », l’arc commencé au numéro précédent, n’est qu’une vaste repompe de Haute Tension, avec Jason Statham en plus gros et plus vert. Et l’un des facteurs qui rend ces deux films absolument géniaux est la constante escalade dans l’absurdité des obstacles placés entre le héros et son objectif. Et là, on passe de Hulk et son pote le Punisher contre une armée d’hommes-caniches dealers de drogue au Mexique à Hulk sous l’eau contre une pieuvre géante et des hommes-sirènes qui ont des lance-roquettes chargés avec des requins-marteaux, ce qui constitue quand même une certaine baisse de niveau. Mais après tout, c’est mon seul problème avec le numéro, et il y quand même de la grosse action qui défonce, alors il y a quand même de quoi être satisfait. Et le prochain numéro se passe dans l’espace. Alors bon.

La couverture de Frankenstein, Agent of S.H.A.D.E. #10 attribue le scénario a Jeff Lemire, alors qu’en réalité c’est son remplaçant et compère de studio Matt Kindt qui vient pour le remplacer, toujours avec les dessins d’Alberto Ponticelli. Et si la transition se fait en douceur au niveau du ton et de la qualité, ce changement de scribe amène avec lui un décentrage assez opportun. Certes, Frankie est toujours le personnage principal -il est même plus Frankenstein que jamais, à balancer ses vers de Byron à tout bout de champ- , mais ses petits camarades les Creature Commandos ont un petit peu plus de place pour s’exprimer. Surtout, Kindt ajoute un élément de mystère à son histoire, glissant par-ci par-là quelques indices de choses beaucoup plus larges sur lesquelles il va sans doute revenir, tout comme il l’a fait il y a quelques semaines de cela dans le très recommandable Mind MGMT publié chez Dark Horse. Et évidemment, il n’oublie pas d’enfiler concept dingue sur concept dingue dans un joli collier de pseudo-science, du coup, tout va bien.

Avant de boucler cette chronique, je me dois de te dire, une fois de plus, tout le bien que je pense de The Shade, et plus précisément de The Shade #9, sans doute le truc que j’attendais le plus cette semaine, puisque James Robinson est accompagné cette fois-ci par le fort talentueux Frazer Irving. Accessoirement, c’est aussi la confrontation entre Shade et celui qui est derrière les quelques péripéties qui ont ouvert la mini-série. Je ne dis pas « Accessoirement » parce que le script de Robinson montrerait quelque faiblesse qui le placerait au second plan, bien au contraire, il est toujours aussi fantastique d’esprit et d’intelligence, mais putain de bordel de merde Frazer Irving offre des pages d’une beauté absolument fantastique et je suis absolument incapable d’en parler avec la moindre objectivité parce que c’est un peu mon artiste préféré. Mais rien de tout cela ne devrait te surprendre puisque mes recommandations répétées t’ont longtemps à l’avance poussé à acquérir cette série.

Faisons rapidement les fonds de tiroir : Demon Knights #9 est toujours fantastiquement impertinent, et continue d’aligner les grands moments de bravoure avec ce mois-ci des pirates qui se baladent en serpent de mer géant. Batman and Robin #9 fait péter le bon gros clash qui tache entre tous les Robins, fun et cool comme il le faut. Mais, plutôt que de se demander si Brian Bendis s’est fâché avec Rick Remender tant son Avengers #27 marche sur les pieds de Secret Avengers dans cette grande danse que sont les tie-in d’Avengers Vs. X-Men, pourquoi les flashbacks dans Suicide Squad #9 sont toujours violets, ou bien si Marvel tente de faire passer un message aux nostalgiques de la Mère Patrie en balançant tout plein de russes dans AVX Versus #3, il est temps de parler du PICK OF THE WEEK, qui ne surprendra absolument personne puisque c’est Batman #10, le début de la fin de Batman contre les hiboux, le dernier gros twist de malade avant la bataille finale, particulièrement bien amené par Snyder et Capullo, qui vont boucler leur première année sur Batman avec quelque chose de carrément super. La collection des 6 premiers numéros est sortie en VF à 15 euros, et c’est le meilleur truc que DC publie alors tu n’as aucune excuse pour ne pas de jeter dessus.

Poum Poum Comics Vol. 2 #1

Posted juin 7th, 2012 by Arez and filed in Comics

Chose promise, chose due, on va relancer la machine Poum Poum Comics et parler un peu de Before Watchmen. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans le microcosme des comics mainstream publiés par Marvel et DC, Before Watchmen est une oeuvre assez problématique. Rapide rappel des faits :

  • Alan Moore et Dave Gibbons signent un contrat dans lequel ils cèdent les droits de Watchmen à DC Comics. Selon les termes de ce contrat, ces droits leur seront restitués lorsque Watchmen aura été épuisé pendant une certaine durée – généralement estimée à un an. Le contrat est salué par une bonne partie de l’industrie comme une victoire pour les droits des créateurs.
  • Watchmen sort, et connaît un succès public et critique alors sans précédent.
  • DC fait alors en sorte que Watchmen ne soit jamais épuisé en continuant à l’imprimer. La pratique est alors sans précédent, et permet à DC de conserver les droits de Watchmen virtuellement indéfiniment selon les termes du contrat qu’ils ont signé.
  • DC décide ensuite de produire des produits dérivés de Watchmen, mais déclare que ce sont des « outils promotionnels », leur permettant ainsi de ne pas donner à Moore et Gibbons la part des bénéfices qui aurait dû leur revenir de droit.
  • En réaction à cette affaire et à l’implémentation d’une classification par âge des comics avec laquelle il était en désaccord, Alan Moore quitte DC. Parmi ses travaux post-DC se trouve La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, publiée chez America’s Best Comics, une sous-branche de Wildstorm, la maison fondée par Jim Lee.
  • DC acquiert Wildstorm, et avec America’s Best Comics. Alan Moore décide alors pour le bien des dessinateurs avec lesquels il travaille d’honorer les contrats signés avec Jim Lee et accepte de travailler à nouveau avec DC.
  • DC interfère avec la publication de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, particulièrement vis-à-vis de la parution du Dossier Noir, poussant Moore à couper les ponts avec DC une fois Le Dossier Noir paru.
  • 26 ans après la sortie de Watchmen, DC décide de publier une préquelle à Watchmen, et ce alors qu’Alan Moore a clairement expliqué qu’il était contre.

(Si j’ai fait une erreur, prière de me corriger dans les commentaires, parce que c’est l’un des rares sujets sur lesquels je tiens à être absolument correct)

La façon dont chacun dans le milieu des gens qui discutent de comics présente ces faits, et la problématique qu’il va tirer de ces faits devrait te donner une impression assez claire de la personne devant toi. Après avoir fait plusieurs fois le tour de l’internet pour préparer ce propos, j’ai décelé deux grandes écoles de pensée.

  • La première, celle que tu auras sans doute le plus de chances de voir dans les grands sites consacrés aux comics, c’est une ligne assez nauséabonde qui place les corporations et leurs marques au-dessus des êtres humains qui les construisent. Ce discours de pom-pom girl désespérée qui balancera les pires saloperies sur ce vieux taré d’Alan Moore, qui décide d’arrêter de prier à son dieu-serpent pour venir dire du mal de nous et de nos jouets, alors que ce méchant hypocrite écrit des mauvaises fanfics dans lesquelles Cendrillon et Blanche Neige se bouffent la chatte, et qui pille le domaine public histoire de raconter ses histoires ou Monsieur Hyde encule l’Homme Invisible à mort, du coup non seulement il ne mérite pas notre respect, mais il mérite encore moins l’argent que DC a eu tant de mal à gagner sur son dos, alors qu’il aille se faire foutre lui et sa vilaine méchanceté.
  • La seconde, celle que tu trouveras le plus souvent dans les blogs de types qui s’y connaissent, consiste en un déversement de bile tellement créatif qu’il pourrait remplacer les fontaines du château de Versailles, le plus souvent dans une longue litanie remplie de cynisme sur cette saloperie d’industrie du comic de capes, incapable de sortir une idée potable tout en exploitant jusqu’à la moelle des créateurs souvent bien trop cons pour mériter ce titre, tellement occupée à regarder son propre nombril qu’elle en oublie que la maison autour d’elle est en feu, le tout pour nourrir des cochons qui pourront se contenter de tout, tant qu’on leur colle la bannière « event comic » dessus.

Je ne veux pas te survendre mon opinion, surtout alors que nous ne sommes que dans la première semaine d’une série qui occupera 34 semaines de notre temps, mais je vais essayer de te proposer un truc un peu différent, peut-être un chouilla plus raisonnable. Selon moi, la question qu’il est nécessaire de se poser en suivant Before Watchmen, c’est celle du coût, d’abord un peu pour toi et tes quatre euros, mais ensuite et surtout pour DC, et ce qu’ils ont perdu en décidant de retourner exploiter le filon de Watchmen.

La question du coût telle qu’elle s’applique à toi est assez simple, et c’est celle à laquelle je tente de répondre à chaque fois que je tape l’une de ces colonnes, à savoir « Est-ce que le bouquin d’une vingtaine de pages que je tiens entre mes mains est bon ? ». Il est généralement assez simple d’y répondre, et sauf ton respect c’est sans doute la moins intéressante des deux.

La question du coût telle qu’elle s’applique à DC est celle qui mérite le plus qu’on s’y attarde. Ici, je parle de coût pour désigner le coût intellectuel et le coût moral d’une telle démarche. D’abord, il y a l’admission implicite qu’aucune idée en 26 ans de comics n’a réussi à avoir l’impact qu’a eu Watchmen dans la pop-culture, ce qui est la marque d’un échec assez cuisant de la part de DC. Ensuite, c’est une décision à l’éthique plus que questionnable de plus, et ce genre de trucs laissent une trace assez indélébile sur la façon dont une compagnie est perçue, autant par ses clients que par ses collaborateurs potentiels. Chris Robertson a récemment quitté DC exactement pour cette raison, considérant que Before Watchmen était la goutte d’eau qui faisait déborder un vase déjà bien rempli par la façon dont l’éditeur a traité les familles de Jerry Siegel et Joe Shuster, les créateurs de Superman, payés une pitance pour avoir inventé le super-héros.

Mais après tout, les deux choses que je viens de citer sont plus ou moins réversibles. Le plus grave, en tout cas c’est mon avis, c’est qu’en traitant Watchmen comme une franchise de plus à exploiter, on retire à l’oeuvre de Moore et Gibbons son statut particulier dans le petit monde des comics. Watchmen était une oeuvre avec un début, un milieu et surtout une fin, qui avait dit en douze numéros tout ce qu’elle avait à dire et qui s’éclipsait poliment à la fin de l’exercice. Et ce genre de trucs était assez rare dans ce microcosme du mainstream pour être signalé. C’était la preuve que les comics pouvaient dépasser cette idée de l’exploitation sans fin de concepts surannés pour devenir quelque chose ayant l’aspiration d’être un moment dans l’histoire de la littérature. En sortant une préquelle, cet espoir est balancé dans un grand hachoir métaphorique. Watchmen n’est plus qu’un comic comme les autres, et c’est carrément dommage.

Mais tout cela, comment ça s’applique à Minutemen #1, écrit et dessiné par Darwyn Cooke ? Ça dépend de la question que tu choisis de traiter. Si tu me demandes si oui ou non c’est un bon comic, alors la réponse est simple. La tâche que Cooke se donne dans ce premier numéro est simple, à savoir introduire chacun des héros dont on va suivre les aventures au fil des six numéros de sa mini-série par le prisme de Hollis Mason. Et il fait le boulot avec la classe qui est la sienne, tout simplement. Il utilise quelques tours de passe-passe graphiques pour étayer son propos, aidé par les couleurs du toujours excellent Phil Noto, et décide de s’intéresser à des personnages auquel Watchmen ne consacrait que quelques cases, ce qui l’aide à ne pas tomber dans la redite. Minutemen #1 se place donc tranquillou dans la continuité de Watchmen, et même s’il a tendance à un peu trop marcher dans les clous, ça reste un très bon illustré. Assez bon pour faire oublier toutes les saloperies que j’ai cité plus haut ? Non. Mais au moins un bon début.

Bon, après cette tartine de mots, j’ai un peu envie de parler d’à peu près tout le reste des trucs de la semaine.

Dans le reste de la pile, le premier thème qui est ressorti c’est le gros twist final. Il arrive de manière assez dégueulasse dans Earth 2 #2, qui aurait autrement été un peu plus intéressant, même s’il réclame d’avoir suivi Mister Terrific alors que c’était une série assez minable. Il arrive de manière assez fantastique comme seul Grant Morrison peut les faire dans Action Comics #10, une idée tellement couillue que même les tanukis se sentent un peu cons, qui pourrait même carrément excuser la façon totalement bordélique dont la série s’est goupillée pour accommoder les retards de Rags Morales. Et enfin, il arrive d’à peu près nulle part à la fin de Avengers Vs. X-Men #5, dans un moment tellement WTF que ni Matt Fraction qui écrit le numéro ou Kieron Gillen, qui suit le point de vue de Cyke et sa bande dans Uncanny X-Men #13 n’arrivent vraiment à le justifier.

Pourtant, ces deux-là font des trucs autrement plus dingues dans leurs propres bouquins. Journey Into Mystery #639, de Gillen et Elson, retourne à ses adorables délires mythologiques après un crossover plutôt sympa avec New Mutants, toujours avec cette fantastique impertinence qui me rend toujours hilare (on tient ici la meilleure non-vanne de la semaine). Dans Defenders #7, Matt Fraction quand à lui continue de faire son petit truc de son côté, avec son histoire complètement dingue qu’on ne veut pas lâcher ne serait-ce qu’un seul instant, d’autant plus que ce numéro est consacré à Black Cat, du coup, aventure smart et sexy illustrée par les Dodsons, du coup, cool. Pas grand chose à dire sur Invincible Iron Man #518, mais j’ai pas vraiment suivi la série alors hein voilà.

Le truc dont je me sens vraiment obligé de vous parler cette semaine, c’est Swamp Thing #10, qui réunit Scott Snyder et Francesco Francavilla, déjà responsables en partie d’un run absolument génial sur Detective Comics dont j’ai déjà dit assez de bien ici. Une fois de plus, le duo fonctionne magnifiquement bien, et tu te dois de lire ça parce que non seulement c’est beau et en même temps un peu flippant, mais c’est aussi fantastiquement raconté. Animal Man #10, de son côté, continue savamment à poser ses concepts tranquillement, balance ses petites bombes, à la cool, mais tente peut-être un peu trop de gagner du temps avant un crossover qui devrait être assez énorme. Pour boucler ce paragraphe, deux mots sur Dial H #2, qui mérite totalement son titre de livre de 2012 qui évoque le plus un livre de Vertigo des années 90, avec une nouvelle meilleure trouvaille de personnage de l’année en la personne de Pelican Army, qui arrive en une seule case à me vendre des heures et des heures de rêve.

Sinon, puisque je ne me sens pas de me moquer de l’horrible massacre de la langue française que Garth Ennis commet dans Fury Max: My War Gone By #3, que G.I. Combat #2 continue d’avoir des jolis dinosaures, que Phil Noto fait de très jolis dessins dans l’une des deux features de Creator-Owned Heroes #1 mais que je n’ai plus assez de mots pour parler de tout ça, passons au PICK OF THE WEEK, ça s’appelle Extermination, c’est de Simon Spurrier et Jeffrey Edwards, c’est un buddy comic aussi super-héroïque que post-apocalyptique super malin et rigolo, c’est publié chez Boom! Comics, et surtout, c’est à UN DOLLAR. Donc bam, pas cher, tu prends, tu kiffes, et tu dis merci.

Et si c’est pas assez, j’ai TROIS CODES pour TROIS COMICS que tu peux récupérer sur le site de Marvel, et j’ai bien envie de te les offrir. Demande poliment dans les commentaires.

POUM POUM COMICS #10

Posted janvier 20th, 2012 by Arez and filed in Comics

VOLUME DEUX DE LA TRILOGIE « ET SI POUM POUM COMICS ETAIT UN VIDEOBLOG ».

JE PENSAIS L’UPLOADER HIER MAIS YOUTUBE A FAIT LE CON.

 

Poum Poum Comics #9

Posted janvier 18th, 2012 by Arez and filed in Comics

Poum Poum Comics #8

Posted janvier 8th, 2012 by Arez and filed in Comics

Ça fait longtemps, hein ? Je sais. J’avais deux-trois idées pour marquer le coup et faire un retour triomphal, mais je me suis assez vite aperçu qu’elles étaient toutes plus ou moins casse-gueule, et je ne sais pas pour toi mais perso je déteste me casser la gueule. Ça va un peu à l’encontre de mes principes. Imagine donc que le numéro précédent parle de tous les comics parus les semaines où je n’étais pas là, et profitons de l’instant présent en parlant des comics parus cette semaine.

Et quand je te dis que cette semaine est placée sous le signe du retour, j’entends retour sur tous les niveaux. Parce que oui, enfin, après plusieurs semaines d’abstinence, je m’en vais violenter un bon gros COMIC DE MERDE. Youpi-ya-ya youpi-youpi-ya, comme on dit par chez moi. And the winner is Avengers X-Sanction #2. Tout dans ce comic est absolument détestable, à commencer par la raison même de son existence : Cable, qui était CARRÉMENT MORT à la fin de Second Coming, n’était en fait PAS VRAIMENT MORT, il doit sauver sa fille Hope sinon le monde va être tout cassé, pour ça il va devoir CASSER LA GUEULE A TOUS LES AVENGERS, et il n’a plus que 24 heures à vivre MAIS POUR DE VRAI HEIN IL VA VRAIMENT CREVER CETTE FOIS.

C’est pas assez à chier pour toi ? Okay. Mettons. Alors prends tout ce que je viens de dire, et confie ça à Jeph Loeb, bien décidé à rester au fond d’un trou qu’il a commencé à creuser depuis déjà plusieurs années. Non, X-Sanction ne marquera pas son grand retour sur le devant de la scène. Rappelant les années 90 dans tout ce qu’elles avaient de plus indigeste, ses dialogues à base de one-liners moisis transforment des personnages respectables en gros tas puants de clichés sur pattes, et son script  ultra-prévisible montre ses quelques rebondissements à des centaines de kilomètres. Résultat : cette insipide baston entre Cable et les Avengers peine à convaincre de son intérêt. Ed McGuiness, quand à lui, fait de son mieux, mais il est clair qu’au delà de sa spécialité (c’est-à-dire les types tellement musclés qu’ils ont des muscles sur leur muscles), il peine à offrir un résultat convenable.

Qu’on soit clairs : je l’ai acheté seulement pour que tu n’aies pas à le faire toi, et je crois que j’ai chopé un cancer des yeux en le lisant. Ne l’achète pas. Si un ami te l’offre, considère-le comme un ennemi. Si c’est censé convaincre du bien fondé d’Avengers Vs. X-Men, c’est un peu foiré.

Mais Marvel ne publie pas que des bouquins de merde, non. Ils publient aussi Defenders #2. Après s’être assez violemment cassé les dents sur Fear Itself, Matt Fraction revient, lentement mais sûrement, au plaisir des choses simples. Les choses simples, dans les comics, c’est de faire péter les gros trucs high-concept de malade. Hulk arrive dans le bureau de Doctor Strange. Et IL FLIPPE SA RACE. Et déjà, tu sais qu’il va se passer un truc d’assez énorme, parce qu’il en faut QUAND MÊME SACREMENT PAS MAL pour faire flipper l’incroyable Hulk. Du coup, ils décident de rassembler une équipe du genre carrément surpuissante, histoire d’être parés à toutes les éventualités. coupez les moteurs

Aux côtés de l’ancien Sorcier Suprême, on retrouve donc une sacrée bande de dingues, avec Namor, le Surfer d’Argent, Red She-Hulk et Iron Fist, même si Iron Fist n’est là que parce qu’il avait un avion de disponible. Et ils doivent affronter Nul, le briseur de mondes, qui est en gros un super fantôme de toute la rage destructrice de Hulk. Ouais. S’ensuivent des aventures à base de kung-fu en apesanteur, de bastons avec des hommes-tigres au sommet d’une montagne, d’artéfacts magiques,  et d’une grande bataille pour sauver la réalité. Et tout cela est quand même assez cool. tout ceux que vous aimez vont mourir

Tout n’est pas parfait, non, et il est vrai que Fraction peine encore à différencier les voix de ses personnages. Mais sa plume s’affine et il parvient à nous offrir des petits moments magiques absolument géniaux entre ses personnages, comme ce passage ou Strange trouve les mots justes pour effrayer Red She-Hulk. Et comme en plus il semble avoir un plan assez dingue, on a d’autant plus envie de le suivre. Et quand à côté Terry Dodson assure avec son trait classe et stylé, on ne peut être que convaincu. battez-vous pour tout sauver

Je pourrais sans doute te parler un peu de X-Club #2, de Uncanny X-Men #4, de Wolverine and the X-Men: Alpha and Omega #1 ou de tous les autres X-Titres placés sous la bannière Regenesis. Mais l’exercice étant relativement conséquent, il mérite que j’y consacre un article complet, stay tuned tout ça tout ça. Mais je peux te toucher deux mots sur Uncanny X-Force #19.1, qui n’a absolument rien à voir avec tout ça puisque c’est l’introduction à Age of Apocalypse #1 qui arrivera en mars. Et une fois de plus, Rick Rememder assure le boulot avec classe, s’amuse à balancer des twists apocalyptiques sur quelques concepts de l’univers Marvel récent, tout en offrant à David Lapham un fantastique point de départ qu’il a intérêt à ne pas gâcher parce que c’est probablement le truc le plus intéressant que Marvel a fait à l’AoA depuis des plombes. Et Billy Tan fait un boulot magnifique. C’est absolument fantastique, mais Uncanny X-Force nous a habitué à du haut niveau alors je ne suis pas étonné.

J’ai écrit beaucoup trop de mots sur le reboot de DC, alors permets-moi de te faire juste un topo assez rapide des #5 sortis cette semaine avant de nous séparer. Justice League International est toujours aussi désespérément chiant, ce qui m’énerve parce que j’aime tous ces personnages et j’aimerais les voir dans un titre à la hauteur de leur potentiel. Fin d’arc, du coup c’est un bon moment pour se dire adieu, JLI. Batwing continue à épater, réussissant à toujours sonner juste, et construisant toujours aussi soigneusement un monde toujours aussi fascinant autour du Batman de l’Afrique. Stormwatch est toujours un bouquin dans lequel tout peut, et donc va, arriver. Rien n’est jamais certain d’un numéro au suivant, et même dans son avant-dernier numéro Paul Cornell balance des bons gros twists de malade, le tout avec classe et humour. O.M.A.C. est toujours le bouquin le plus réjouissant que DC publie, à base de bonnes grosses patates dans la tronche et de grosses explosions qui démontent, et c’est une joie de le voir se battre avec Frankenstein. Comme quoi, ça tient à peu de choses, le bonheur. Action Comics est dingue comme un titre signé Grant Morrison sait l’être. Il ajoute quelques idées complètement dingues à la figure imposée qu’est l’origine de Kal-El, et se termine sur un cliffhanger high-concept de fou comme seul Grant sait les écrire. Et évidemment, Swamp Thing et Animal Man déchirent leur race, les deux chacun à leur façon, mais je ne veux pas t’en dire plus parce que tu dois acheter ces bouquins et je vais t’épargner des longs paragraphes faisant maladroitement état de tout l’amour que j’ai pour ces deux titres. Of course Animal Man est le PICK OF THE WEEK. Allez, à la semaine prochaine.

Poum Poum Comics #6

Posted octobre 18th, 2011 by Arez and filed in Comics

Pour toi, j’ai regardé la maladie dans les yeux. Et lorsqu’elle m’a transformé en l’immondice fait de sang et de morve qui est en train d’écrire ces mots, je lui ai dit « Non, maladie. Non, tu ne m’arrêteras pas. ». Alors je te prierai de bien vouloir m’excuser si j’ai pris un peu de retard. Ça arrive même aux meilleurs. Et à moi aussi d’ailleurs.

Inévitablement, on va ouvrir la semaine avec X-Men: Regenesis, et tout aussi inévitablement, on va en même temps parler de Generation Hope #12, puisque les deux partagent 5 pages. Regenesis a la tâche assez ingrate de refaire ce que des semaines et des semaines de teasing à base de silhouettes ont déjà fait, à savoir de nous dire qui va aller de quel côté, un peu comme l’entre deux tours de la primaire socialiste mais en un peu moins unilatéral. Il n’y a rien de vraiment intéressant dans cette liste, tout comme d’ailleurs il n’y a rien de vraiment intéressant dans l’illustration de cette liste transposée à l’âge de pierre qui ponctue ce numéro, comme pour donner à Billy Tan une excuse pour dessiner autre chose que des gens qui parlent pendant une trentaine de pages. Ce qui fait que Regenesis est aussi bon, c’est alors par élimination le « pourquoi » des décisions que chaque X-personne va être poussé à prendre. Et Kieron Gillen montre là toute l’étendue de son talent, réussissant à donner à presque tout le monde une bonne raison d’aller d’un côté ou de l’autre de la barrière idéologique, tout en plantant les graines de quelques unes des idées qui seront introduites dans les nouveaux X-titres, et en offrant au lecteur tout un tas de petits moments absolument magiques qui finissent de convaincre du bien-fondé de cette séparation.

Comme à son habitude depuis le début de Schism, Generation Hope fait exactement la même chose, mais à l’échelle réduite des jeunes mutants. Et parce qu’il y a un peu moins de terrain à couvrir, Kieron Gillen peut cette fois-ci un peu plus se concentrer sur l’aspect émotionnel du schisme. Ça pleure, ça fait des choses très stupides pour essayer d’oublier qu’il faudrait pleurer, ça essaie de faire des blagues pour ne pas montrer qu’à l’intérieur on pleure, et une fois qu’on a fini de pleurer, ça relève la tête et ça se prépare à affronter ce qui va venir. Et c’est bon. Très bon même.

Tout comme dans le numéro précédent, il y a dans Ultimate Comics: X-Men #2 le potentiel pour quelque chose d’assez énorme. Certes, le thème des humains chassant les mutants a déjà été vu ailleurs, mais la bonne idée de Nick Spencer, c’est de faire intervenir le divin dans tout ça. Et apparemment, le Dieu de l’univers Ultimate, c’est un sacré rigolo, qui pour déconner va parler à la fois aux mutants à travers Rogue et aux chasseurs de mutants, menés par le Révérend Stryker, un type mi-prêtre mi-Sentinel qui chante des chansons pourries et casse du X-mec à la chaîne. Avec son cast réduit, il offre des interactions intéressantes entre ses personnages, même si on pourra peut-être lui reprocher de désamorcer un peu trop vite le sérieux de la situation en balançant des vannes. Ça marche quand même un peu, mais il n’arrive toujours pas à être à la hauteur de son potentiel. Mais on s’en approche.

Au lieu de perdre du temps et des superlatifs pour te parler du génial Uncanny X-Force #16 qui est génial, parlons un peu de Amazing Spider-Man #671, dernier numéro avant le gros climax de Spider-Island, et bordel de merde vivement qu’on en finisse avec cet event tout moisi. Le dessin de Ramos devient absolument insupportable à regarder tant il ignore des trucs aussi simples que l’anatomie ou la lisibilité de l’action. Le scénario de Slott part dans tous les sens, si bien qu’en on oublierait presque qu’on tient dans les mains un comic avec Spider-Man dans le titre. Peter Parker réduit au rôle de témoin qui regarde la situation et qui tente d’ajouter un truc en balançant un one-liner qui tombe à l’eau ? Qui aurait pu penser que c’était une bonne idée ? Ne te laisse pas avoir par les gros nichons de Mary-Jane sur la couverture, on parle ici d’un bon gros comic de merde.

Il n’y a pas grand chose à dire sur Ressurection Man #2. Bon concept, bonne exécution, on se marre un peu, y’a de l’action assez satisfaisante et on en apprend un peu plus sur le mystérieux Mitch Shelley, amnésique qui essaie de retrouver la mémoire poursuivi par des gens qui veulent le tuer alors qu’il est immortel, et c’est assez intéressant pour mériter un coup d’œil.

Mister Terrific #2 se perd un peu dans toute sa pseudo-science, et te balance des tonnes et des tonnes de bon gros technobabble qui tache, et quand on retire cette gangrène, le scénario d’Eric Wallace peine à dépasser le cadre du cliché. Le résultat, c’est une histoire qui tourne un peu trop en mode pilote automatique et qui peine à intéresser, servie par un dessin qui pue un peu l’amateurisme dans les poses et les visages.

Le gros problème de Batman & Robin #2, c’est qu’il pose une question à laquelle Grant Morrison a déjà répondu, à savoir « Mais comment Damian Wayne peut-il être Robin alors qu’il a été élevé par des assassins pour devenir une véritable machine à tuer ? ». Une fois passé ce petit problème de redondance, Tomasi arrive quand même à convaincre, avec son Bruce Wayne qui essaie d’être un père de famille normal, vérifiant que son fils ait fait ses devoirs avant d’aller lui acheter un chien parce qu’il a été très sage, mais qui n’y arrive pas parce que des années et des années d’entraînement chez les ninjas n’apprennent pas grand chose sur la paternité. Mais évidemment, il y a aussi du Batman et du Robin qui tapent des méchants, illustrés de manière très propre par le talentueux Patrick Gleason. Du coup, on est contents.

Sans doute parce qu’il met en scène la première « vraie » mission de ses héros, Suicide Squad #2 est beaucoup plus convaincant que le numéro précédent. D’abord, Adam Glass maîtrise ses personnages, offrant à chaque membre du Squad une chance de briller et de faire quelque chose d’intéressant, entre Deadshot le méthodique, Voltaic le psychopathe, et King Shark le requin géant qui parle. Ensuite, il leur offre un bon gros concept de fou : récupérer un colis dans un stade rempli de techno-zombies, l’occasion d’avoir de bonnes grosse scènes de baston bien cool. Classe, gore, efficace, et aussi un peu surprenant.

Il y a un flashback assez joli dans Frankenstein: Agent of S.H.A.D.E. #2. Exactement le genre de moments qui montre tout le talent de Jeff Lemire et Alberto Ponticelli pour peindre des personnages tellement étranges, mais au fond tellement humains. Et autour de ce flashback, toujours plus de concepts aussi dingues qu’horrifiques, et des grosses scènes de baston avec des gros monstres admirablement bien exécutées. Et si tout cela ne suffisait pas pour convaincre d’acheter le prochain numéro, on a même la promesse d’encore plus de baston encore plus dingue dans le prochain numéro.

Là ou le numéro précédent intéressait, Superboy #2 intrigue. Pas vraiment clair sur les motivations de son personnage principal, le script de Scott Lobdell pose beaucoup de questions et n’offre pas vraiment de réponses satisfaisantes. Heureusement, ses dialogues sont assez solides pour tenir la route, et R.B. Silva fait une fois de plus preuve de beaucoup de talent aussi bien dans le dessin que dans la mise en scène, pour un résultat propre, clair, assez stylé, mais dont le scénario gagnerait à être un peu moins alambiqué.

Il n’y a qu’une seule scène dans les 22 pages de Deathstroke #2. Mais quelle scène, mes amis, quelle scène. Ça commence comme une simple discussion dans un bar, et au fur et à mesure, Kyle Higgins et Joe Bennett partent dans un crescendo complètement dingue à base de scènes de plus en plus bad-ass, qui se termine par une personne découpée en deux par des pales d’hélicoptère. Le style de Bennett est parfait pour tout ce déluge de sang et d’ultra-violence, du coup, bordel de merde qu’est-ce qu’on se marre.

Tout comme on rigole bien en lisant Green Lantern #2, tant on se réjouit de voir Sinestro offrir à ce gros crétin d’Hal Jordan une leçon magistrale sur comment utiliser les pouvoirs de son anneau. On pourrait regretter qu’il n’y ait pas grand chose d’autre à tirer du titre, mais niveau catharsis, de voir Hal s’en prendre plein la tronche fait quand même pas mal plaisir. Et finalement, le plaisir, n’est-ce pas cela qui compte le plus ?

On parle beaucoup dans The Shade #1. On parle d’octobre, d’ennui, d’aventure et de mélancolie. Mais ce n’est pas un comic chiant. D’abord, parce que les dialogues de James Robinson sont exquis. Ses personnages s’expriment de manière très intelligente, si bien qu’il se dégage de la façon dont les personnages parlent une certaine érudition que Robinson transmet avec un plaisir assez communicatif, et qui lui permet de jouer avec les attentes de ses lecteurs d’une manière assez amusante. Mais au delà de cette joie de la parole éduquée, il y a un scénario tout aussi malin qui mélange habilement ces phases de dialogue avec des scènes d’action intéressantes, et le style très propre de Cully Hamner complémente parfaitement ces moments avec beaucoup de soin et d’énergie. Et c’est parce que ce même soin est apporté aux scènes de dialogues, il finit de convaincre que The Shade devrait être une mini-série assez intéressante à suivre.

Batwoman #2 est aussi incroyablement maîtrisé que son prédécesseur, et toujours aussi intelligent, mais yo, tu as déjà acheté ce bouquin parce que tu sais qu’il est absolument génial, et je n’ai pas vraiment besoin de perdre du temps et des signes à t’apporter une quelconque validation. Tu as bon goût, voilà ta médaille, maintenant passons au PICK OF THE WEEK.

Demon Knights #2, qui continue avec la même insolence à nous raconter une histoire incroyablement dingue de dragons, de barbares, de démons et de chevaliers qui se mettent sur la gueule. Mais plus que les blagues, c’est l’incroyable don de Paul Cornell et Diogenes Neves pour offrir des grandes scènes épiques de baston qui explosent dans tous les sens qui impressionnent tout en réinventant ses personnages avec des twists assez malins. Bref, que du bonheur. Et des dragons.

Poum Poum Comics #5

Posted octobre 15th, 2011 by Arez and filed in Comics

Tu sais quoi ? Après plusieurs semaines d’articles longs comme un jour sans pain, cette semaine je vais essayer de la faire à la cool. Marre de passer trois jours par article à chercher la bonne tournure de phrase, la petite observation qui va bien ou la sacrément poilante bonne blague qui fera rire mon demi-milliard de fans hilares. On va faire simple et funky cette semaine.

Tiens, regarde comme je suis cool. Je pourrais te dire que X-Men: Schism #5 est assez maladroit, d’abord parce que si le numéro précédent avait réussi à montrer que le conflit était inévitable, celui-ci peine à convaincre du bien fondé de la séparation des X-Men en deux équipes, et ensuite parce qu’en montrant ne serait-ce que l’espace d’un instant le nouveau statu quo des mutants il marche sur les plate-bandes de Kieron Gillen et de son Regenesis qui arrive la semaine prochaine. Mais parce que je suis cool, je vais te dire que tout le début de ce numéro est consacré à une bonne grosse scène de baston entre Cyclops et Wolverine, avec au milieu un Sentinel pour arbitrer les débats qu’Adam Kubert illustre avec beaucoup d’énergie, pas mal de talent et aussi un peu d’imagination.

Mais euh yo, juste parce que je suis cool, ça ne veut pas dire qu’on peut me fourguer tout et n’importe quoi. Tiens, par exemple, là je suis cool hein, mais ça ne va pas m’empêcher de te dire que Detective Comics #2 est absolument nauséabond. Tony Daniel n’offre absolument rien d’intéressant, entre un nouveau méchant incroyablement générique et un Batman qui balance platitude sur platitude tout en étant d’une inutilité qui fait presque peine à voir. Pire encore, parce qu’il est absolument incapable de la moindre subtilité, il tente de nous faire le même coup que le mois dernier en casant un bon gros truc bien dégueulasse sur la dernière page.

Un type moins cool que moi t’aurais dit que Hawk & Dove #2 est une sombre merde. Bon, il aurait un peu raison. Mais il est mauvais comme les bonnes vieilles daubes des années 90. Evidemment, d’abord il y a Rob Liefeld et sa vision très particulière de l’anatomie, qui brille ici dans ces scènes ou ce bon vieux Rob tente de nous dessiner des femmes en robe de soirée. Il y a aussi son sens aléatoire de la mise en scène, qui fait que certains personnage semblent se téléporter d’un endroit à un autre en l’espace de quelques pages. Mais surtout, il y a le scénario de Sterling Gates, tellement idiot qu’il est absolument impossible que ce ne soit pas fait exprès. Barack Obama en personne se fait plaquer contre un mur par Condor, qui est une sorte de clone maléfique de Hawk. C’est con comme un très mauvais Steven Seagal, et donc forcément génial.

Tiens, puisqu’on parle de génial, Red Lanterns #1, lentement mais surement s’approche de plus en plus de son concept absolument génial de super-Punishers de l’espace qui résolvent leurs problèmes en vomissant du sang sur leurs ennemis. Mais comme la dernière fois, il se traîne un énorme boulet fait d’une insupportable narration qui tente de faire d’Atrocitus un personnage dramatique et torturé, alors que tout ce qu’on veut c’est le voir défoncer du vilain avec toute la puissance de sa rage vengeresse. A cela s’ajoute une première mission dans laquelle Atrocitus descend des affreux soldats américains de l’espace qui ont tué des gamins afghans de l’espace qui jouaient avec des bâtons parce qu’ils croyaient qu’ils avaient affaire à des talibans de l’espace. On a vu plus subtil, mais paradoxalement, c’est dans l’absence totale de subtilité du bon gros vomi de sang atomique dans la tronche que Red Lanterns arrive le plus à briller.

Et tant qu’on en est à parler d’absence totale de subtilité, O.M.A.C. #2 est exactement ça. Le premier numéro donnait le ton en faisant tout péter dans tous les sens, et même s’il y a quand même pas mal de bonne grosse castagne dans ce deuxième numéro, Giffen et DiDio décident cette fois de prendre un peu leur temps et d’introduire Kevin Kho, loser un peu nerd sur les bords pris malgré lui dans les machinations du génialement machiavélique Brother Eye. Mais évidemment, tu viens surtout pour voir Keith Giffen faire du Jack Kirby de manière absolument magistrale, et tu t’en prends plein les mirettes. A un moment, Brother Eye parle d »OMACTIVATION ». Je ne sais pas trop comment encore plus te convaincre de te jeter dessus. Mais c’est phénoménal.

Je sais que ça aurait été assez cool que j’arrive à lancer deux paragraphes de suite avec une assez bonne transition, mais yo, la coolitude, c’est aussi ne pas trop en faire. Un peu comme Justice League International #2, qui fait un peu le minimum syndical. Un peu d’action, un peu de vannes, un peu de moments de gros clash qui tache, un peu d’action et un peu de Batman. Malgré les excellents dessins d’Aaron Lopresti, il manque à ce titre quelque chose de spécial, et je serais absolument incapable de te dire quoi.

Tout comme je serais incapable de te dire pourquoi Stormwatch #2 n’est pas un meilleur bouquin. Les dessins d’Al Barrionuevo permettent au titre de rattraper les quelques errances artistiques du numéro précédent -Heureusement Miguel Sepulveda se rattrape dans les quelques scènes qu’il a dans ce numéro-, mais le script de Paul Cornell jongle maladroitement entre ses 9 personnages principaux et peine quelque peu à équilibrer correctement les scènes sur la Lune et les scènes à Moscou. Heureusement, il reste les idées, toujours aussi dingues, et les personnages, toujours aussi classes.

Static Shock #2 est aussi sympa que son prédécesseur. Quand Static se bat au-dessus de New York, Scott McDaniel et Andy Owens offrent des scènes d’action simples mais convaincantes contre des vilains qui manquent peut-être un peu d’imagination mais qui sont efficacement écrits. Quand Virgil essaie de mener sa petite enquête tout en ayant une vie à peu près normale de jeune étudiant, le script de Rozum et McDaniel se permet de faire quelques pirouettes de bon aloi, comme cette séquence ou Sharon (la soeur de Virgil) et son doppleganger font exactement le même rêve et le racontent de façon similaire à leurs parents. Bien fun, bien malin, en somme de quoi être satisfait.

Devant faire suite à ce qui s’est révélé être l’une des meilleures surprises du mois dernier, Batwing #2 continue à faire des prouesses. Ben Oliver et Brian Reber continuent à tout illustrer de fort belle manière, arrivant même à sublimer les horreurs que laisse sur son passage le plutôt bien nommé Massacre. Le scénario de Judd Winnick est lui aussi à la hauteur, introduisant avec beaucoup d’intelligence David Zavimbe -la personne sous le costume de Batwing- et le monde autour de lui. Du coup, confirmation : tu devrais acheter Batwing. C’est de la bonne.

Tu sais qu’Action Comics #2 déchire. Forcément. Tellement de trucs géniaux dans la relecture contemporaine du Superman des années 30 par Grant Morrison qu’il faudrait des pages entières pour en parler. Evidemment que la première confrontation entre Kal-El et Lex Luthor est fantastique. On est presque déçus alors de voir les quelques ratés dans les dessins de Rags Morales, mais pas assez pour ne pas se réjouir de ces nouvelles aventures de Superman.

On parle beaucoup, sans doute même un peu trop, dans Swamp Thing #2. Scott Snyder décide d’introduire les règles du jeu de l’univers d’Alec Holland, et ça prend une place assez considérable dans ce numéro, probablement parce que Snyder essaie de faire en sorte qu’anciens comme nouveaux lecteurs puissent comprendre les implications de tous les concepts qu’il pose sur la table. La deuxième moitié de ce numéro, une scène d’action presque muette, rassure, et montre que ce n’est qu’un petit moment d’infodump à passer. Evidemment, la vraie star ici c’est Yannick Paquette, et l’incroyable imagination avec laquelle il agence les cases dans ses pages, leur donnant un aspect végétal du meilleur effet, et son incroyable style qui présente les personnages avec un certain réalisme qui rend les passages fantastiques encore plus efficaces dans l’horreur. Bref, un excellent titre.

Comme il y a un mois, le PICK OF THE WEEK est Animal Man, numéro 2 cette fois-ci, toujours aussi magnifiquement emmené par Jeff Lemire et Travel Foreman. Je tiens à te répéter tout le bien que je pense de ce titre. C’est absolument génial, et je ne vais pas t’en dire plus, parce que tu vas l’acheter, parce qu’on ne refuse pas quelque chose d’aussi excellent. C’est pas poli.