Quelques Mots sur Zankyou no Terror (ou Terror In Resonance) [Attention Spoilers]

Posted juillet 13th, 2014 by Arez and filed in Animes

Depuis la semaine dernière, je suis officiellement un contributeur à Minorin, le blog collaboratif de critiques d’animes tenu par Amo. C’est un nouveau truc pour moi, c’est pas mal enrichissant, et ça m’a redonné l’envie d’écrire sur Internet sur des sujets, comme par exemple Sailor Moon Crystal (prochain article la semaine prochaine, évidemment, wink wink lâchez vos comms). Je vous dis ça d’abord parce que peut-être que vous vouliez de mes nouvelles, vous la foule en délire qui vous précipitez sur ce que nous nous sommes mis d’accord pour appeler Mon Blog, et ensuite parce que ça explique les paragraphes à venir, c’est une introduction, c’est un peu le but, mais il est bon de s’en rappeler, pour vous comme pour moi.

Zankyou no Terror (ou Terror In Resonance) (Ou Terror In Tôkyo) (Ou Mon Curé Chez Les Nudistes) (Non je déconne) est probablement l’une des meilleures surprises non seulement de cette saison estivale, mais aussi du bloc noitaminA de Fuji TV. C’est super bien mis en scène, évidemment pour du Shinchiro Watanabe. La musique surbute, évidemment pour du Yoko Kanno, et c’est super joli, parce que c’est ce à quoi le studio MAPPA nous a habitué.

Si j’avais écrit l’article sur ce premier épisode pour Minorin, j’aurais sûrement élaboré sur ces points. Malheureusement pour moi et heureusement pour vous, RdNetwork a déjà commencé à couvrir la série, et ce qu’il dit sur le sujet est probablement plus intelligent que ce que j’aurais écrit. Et je n’ai pas écrit l’article sur ce premier épisode pour Minorin parce que je m’y suis pris trop tard, et que les règles de Minorin n’autorisent qu’un seul contributeur à écrire sur un seul épisode d’une seule série.

(C’est d’ailleurs pour ça que j’étais un peu réticent à l’idée de publier mon article sur Sailor Moon Crystal. J’avais peur de prendre la place d’une contributrice qui pourrait mieux parler de Sailor Moon que moi puisqu’elle aurait été le public visé. J’ai toujours un peu peur de ça, notez, et je réitère ici le fait que je suis totalement prêt à laisser une femme couvrir les prochains épisodes de Sailor Moon Crystal à ma place, parce que je détesterais m’imposer sur un territoire qui n’est pas exactement le mien. Je fais cette aparté là comme ça parce que c’est mon blog où je peux faire ce que je veux, et zut à la fin.)

Bref : j’avais des mots à dire au sujet de Zankyou no Terror, et la seule place qu’il restait à ces mots pour exister était ce blog, la maison que j’ai abandonnée pendant trop longtemps. Ça va un peu dans le détail de ce qu’il s’est passé pendant l’épisode, du coup je préviens, il y aura des spoilers. Introduisons ici une coupure pour délimiter.

Établissons à nouveau ici que ce premier épisode réussit tout un tas de trucs au niveau du rythme, de la mise en scène, de l’écriture et de la bande-son. D’abord parce que c’est vrai, ensuite parce que ça me permet de rebondir, et d’expliquer que la plus grande réussite de cet épisode se trouve dans la façon dont il traite de la terreur. Ce qui tombe bien, puisque les personnages principaux sont des terroristes, mais je voulais plutôt parler d’un autre genre de terreur. La petite terreur du quotidien, celle dont on ne ressent le poids que lorsqu’elle sur le point de nous écraser de son poids.

Ce n’est pas une bombe planquée dans une peluche et qui met Shibuya à feu et à sang, certes, mais ses effets sont tout aussi dévastateurs et oppressants.

C’est la terreur de Nine, hanté par ses cauchemars d’une vie passée. J’ose imaginer que la série nous expliquera à un moment où un autre l’origine de ces cauchemars et l’identité des gens qui les ont causé.

C’est la terreur de Shibazaki, mis au placard figurativement et littéralement, qui joue au Shôgi pour tuer le temps parce qu’il n’a plus que ça à faire de ses journées.

C’est surtout dans ce premier épisode la terreur de Lisa, étouffée par sa mère et brimée par ses camarades de classe, qui se planque pour souffrir dans le silence d’une cabine dans les toilettes, et que tout dégoûte, à commencer par elle-même. C’est la terreur qui fout la nausée et qui coupe l’appétit au point de vouloir jeter sa bouffe.

Une autre des nombreuses réussites de ce premier épisode, c’est la façon magistrale dont sa fin répond à son début. C’est un truc que j’affectionne particulièrement en fiction en général, et en particulier lorsque ça permet de soulever un propos, comme c’est le cas ici. L’épisode est assez clair dans le parallèle qu’il fait, mais je crois qu’il mérite d’être exploré, surtout lorsqu’il est mis en relation avec la terreur citée tantôt.

Au début de l’épisode, Lisa est sur le plongeoir d’une piscine, encerclée par des tortionnaires qui se moquent d’elle et qui cherchent à l’humilier, forcée de sauter pour leur amusement. Mais alors qu’elle s’apprête à céder à sa terreur, Twelve arrive et, un sourire moqueur sur ses lèvres, saute joyeusement dans la piscine à sa place, pour s’amuser, comme s’il était au-dessus de la violence de ce groupe d’adolescentes.

A la fin de l’épisode, Lisa est sur une passerelle démolie, encerclée par les flammes et la fumée qui l’auraient tuée si elle n’avait pas suivi les instructions de Nine. Forcée de sauter pour survivre. Là, elle repense à l’incident du début de l’épisode, à Twelve, à Nine, à la terreur de son bizutage, à la terreur qui l’oppresse en général, et d’un air décidé, elle saute dans les bras de Twelve qui l’attend plus bas.

Après avoir vu ce premier épisode de Zankyou no Terror, je m’attends à certaines choses du reste de la série. Notamment à une exploration de ce qui pousse les gens vers le terrorisme. Qu’est-ce qui pousserait quelqu’un à prendre ainsi les armes ? Qu’est ce qui a poussé Lisa à accepter de devenir la complice des deux types qui viennent de couvrir Shibuya de cendres ? Pourquoi sauter ?

D’abord pour survivre, évidemment. Mais je crois qu’il y a beaucoup plus dans cette scène que le simple désir de ne pas mourir cramée. Je crois qu’il y a le désir de se libérer de sa terreur par le seul moyen qu’elle nous laisse de le faire. Je crois qu’il y a le désir de se venger face à un oppresseur qui n’a aucun visage, mais qui en même temps a tous les visages. Je crois surtout que je vais laisser à la série le soin d’apporter sa réponse à la question, parce que je suis convaincu que sa réponse sera plus éloquente que la mienne.

Zankyou no Terror est un excellent animé. Tu peux le regarder sur Wakanim. Tu devrais le regarder sur Wakanim. Moi, je vais réviser le deuxième chapitre de Sailor Moon pour ma prochaine contribution à Minorin. On se verra là-bas.

One Response to “Quelques Mots sur Zankyou no Terror (ou Terror In Resonance) [Attention Spoilers]”

  1. home dit :

    ywdjwrduwzstobwglxbjuobk

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