Taimanin Asagi ~Kessen Arena~

Posted décembre 25th, 2014 by Arez and filed in Jeux Vidéo

AVERTISSEMENT : Pour les moins éduqués au monde merveilleux du hentai qui l’ignorent, Taimanin Asagi est une série de jeux hentai assez hardcore et plutôt violente. Le contenu de cet article sera donc carrément NSFW et il vient avec quelques trigger warnings pour les plus sensibles au sexe, à la violence et au sexe violent.

Ne nous voilons pas la face : 2014 a été une année de merde. Le peu de positif à tirer de cette année s’est retrouvé noyé sous un torrent d’immondices diverses et variées. Et bien que je soie pressé de passer à autre chose, c’est-à-dire ici Fallait Que J’y Vote mon épopée J-Pop quotidienne qui commence le premier janvier soyez-chics-suivez-faites-moi-plaisir, je ne peux pas échapper à la cruelle réalité du temps et de la semaine qui nous sépare de la Saint Sylvestre et du glas sonnant sur cette année 2014 de chie.

Alors que faire ? Préparer l’avenir ? Vous connaissez ma compétence et savez donc que, si la possibilité m’est offerte de prendre le temps de faire quelque chose correctement, je la refuserai tel un enfant capricieux devant une assiette de poisson à la cantine. (Je suis aussi l’enfant capricieux dans cette métaphore.) Non, pour boucler l’année, on va partir en roue libre et parler d’un jeu japonais aussi obscur qu’obscène, avec une bonne dose d’humour douteux et d’allitérations alambiquées. Un bon article à l’ancienne comme je les faisais à l’époque où j’étais rigolo. C’est mon cadeau pour vous, audience attentive. Joyeux Noël.

Ça a commencé parce que je cherchais un nukige yaoi bien sale pour m’occuper pendant mes longues nuit d’hiver froides et solitaire. Je vous raconte cela pour deux raisons : d’abord par besoin de réaffirmer ma bisexualité, afin de clarifier ma situation pour vous, mais surtout pour moi, parce que j’ai fait mon coming-out il y a six mois et que je suis encore en plein questionnement de mon identité. Ensuite, parce que je veux non seulement partager ma découverte, mais le cheminement qui m’y a mené, sinon pour la postérité, au moins pour vous offrir une opportunité de vous moquer de moi.

Bref, après quelques clics insatisfaisants sur vndb, j’élargis le champ de mes recherches à quelques tags que j’apprécie quel que soit le genre des personnages qu’ils concernent. Et c’est là que je tombe sur la page du jeu dont nous parlons aujourd’hui. Une recherche Google plus tard, je découvre que non seulement il y a un nouveau jeu dans la série Taimanin Asagi, que j’apprécie particulièrement, mais qu’en plus, il est gratuit. Et ce n’est que le précipice d’une abysse si profonde qu’il fallait que j’y consacre un article.

En effet, après avoir créé mon compte sur le portail DMM et m’être armé de la meilleure traduction approximative que je pouvais trouver, j’ai commencé à jouer à ce nouveau Taimanin Asagi. Et, au fur et à mesure de mon progrès, je devais me rendre à l’évidence : c’est l’un des meilleurs jeux Free-To-Play auxquels j’ai joué cette année. Avant de vous expliquer comment, laissez-moi tenter de vous expliquer pourquoi, ainsi que tout un tas de trucs tout à fait prétentieux.

D’un point de vue académique, je pense qu’il est important de parler de l’intersection entre pornographie et jeu vidéo pour deux raisons. D’abord parce qu’en entretenant le tabou, on laisse le champ libre aux pires dérives, les plus sensationnalistes. Si on ne veut pas d’autres jeux dans l’acabit de Rapelay, il est nécessaire d’ouvrir la discussion sur comment faire de la pornographie de manière saine en jeu vidéo et d’établir un cadre pour ça.

Ensuite, plus prosaïquement, les jeux pornographiques nous offrent aussi une occasion d’en apprendre plus sur la science du game design. Alors qu’il est compliqué de définir ce qui constitue une récompense dans un jeu d’un autre genre, la récompense dans un jeu porno est facile à voir. C’est les scènes où les personnages sont tout nus et font des choses. Une fois qu’on a trouvé ça, on peut commencer à remonter un peu pour voir l’autre partie du système, c’est à dire les mécaniques qui donnent l’accès à ces récompenses.

Et c’est là que ça devient intéressant à étudier, parce que dans le contrat social du jeu porno existe le besoin de récompenser le joueur le plus souvent possible, ce qui demande de simplifier au maximum les mécaniques. La plupart du temps, ça se fait en prenant la forme du Visual Novel, incroyablement simple mécaniquement : une série de choix entre plusieurs options qui mènent à une branche ou à une autre d’un script déjà écrit. Mais lorsqu’un jeu sort de ce cadre, on obtient quelque chose que je trouve fascinant à analyser : des jeux qui ressemblent à des titres plus courants, mais qui, parce qu’ils doivent donner au joueur son quota de gens tout nus, ont subi une purge de toute mécanique un tant soit peu chiante ou compliquée.

Et c’est là qu’on tombe sur le nœud du problème. Parce que, et vous n’allez sans doute pas le découvrir à la lecture de cette phrase, les jeux en free-to-play sont, la plupart du temps, exactement le contraire : des machines haineuses dont le but est de forcer le joueur à perdre son temps, sinon son argent, en multipliant les contraintes et en cachant autant que possible la nature de ces contraintes. De bien meilleurs articles que celui-ci en parlent beaucoup mieux, et je vous recommande de les lire.

Ce qui nous amène, enfin, au jeu auquel cet article était censé être consacré, et à l’affirmation suivante : Taimanin Asagi ~Kessen Arena~ est l’un des meilleurs jeux free-to-play auquel j’ai joué en 2014, parce qu’il apporte au genre toutes les simplifications mécaniques et les récompenses du monde du jeu porno. Pour comprendre comment ça marche, et comment le jeu réalise une figure aussi difficile, on va passer à la partie concrète de l’article, qui va également servir de guide si vous voulez débuter.

LA PARTIE CONCRÈTE DE L’ARTICLE, C’EST-A-DIRE LE GUIDE

Premièrement, rendez-vous sur la page du jeu, cliquez, et, si besoin est, faites-vous un compte sur DMM. Je ne vais pas vous expliquer comment, parce que la procédure est incroyablement simple et parce que je veux que vous vous forciez à apprendre les katakanas, c’est incroyablement simple et ça vous servira pour tout un tas de trucs. Vous pouvez passer l’interface du site en anglais, mais tout ce que vous aurez c’est une grosse redirection bien sale vers Nutaku, qui est l’équivalent pour les jeux de R18.com, sauf que R18.com a quasiment tout le catalogue vidéo de DMM alors que Nutaku a exactement trois jeux. Du coup, ne le faites pas.

Une fois que c’est fait, vous aurez droit à un tutorial auquel vous ne comprendrez rien si vous ne parlez pas japonais, puis, si vous êtes bien sages et que vous appuyez sur les boutons correctement, vous aurez droit à votre première scène H. C’était sympa, hein ? Vous en voulez plus ? Maintenant que le tuto est fini et que vous avez le champ libre, laissez-moi vous expliquer comment ça marche.

Vous noterez que j'ai choisi Ingrid parce que j'ai bon goût, et qu'elle est habillée parce que yo, NSFW mais faut pas pousser

Oui, comme ça, ça paraît atrocement compliqué. Mais comme les systèmes du jeu se nourrissent les uns les autres, et qu’il y a très peu de bullshit, c’est simple comme bonjour. J’explique.

En 1, on a la jauge d’endurance commune à 90% des jeux free-to-play qui existent. Elle se recharge automatiquement d’un point toutes les deux minutes et totalement lors d’un changement de niveau, ou on peut la recharger manuellement à l’aide de potions. A quoi servent ces points d’endurance ? A faire des quêtes (c’est le 2). Ici, pas de mini-jeu à la PazuDora ou Love Live, vous croisez des gusses, vous tuez ces gusses, et vous gagnez de l’XP (3), qui vous permet de monter en niveau (4), ce qui vous permet de gagner plus d’endurance. Les quêtes sont divisées en chapitres et niveaux, et plus on va loin dans les chapitres, plus ils demandent d’endurance et donnent de l’XP. C’est le cercle vertueux des barres qui se remplissent et se remplissent que tout le monde peut apprécier.

Après, il y a les BP (5). Vous n’en avez que 6, ils se rechargent très lentement (un toutes les 20 minutes), mais ils permettent de faire le truc le plus important du jeu : affronter des boss. Ils se trouvent de trois façons : soit ils sont croisés au détour d’une quête, soit vous avez répondu à l’appel au secours d’un autre joueur (6), soit vous avez choisi d’affronter un autre joueur en PvP pour faire monter votre rang dans l’arène. (7) Dans tout les cas, le fonctionnement est le même. Vous pouvez dépenser 1, 2 ou 3 BP pour faire un peu, beaucoup ou pas mal de dégâts à l’adversaire, qui, une fois terrassé, vous rapportera un beau paquet de récompenses. (8)

Ces récompenses, c’est les médailles et le Gold que vous voyez en 9. Les médailles permettent de se rendre au Gacha (10) pour acquérir de nouvelles cartes pour votre deck (11). Il y a trois niveaux de Gacha, chacun demandant une ressource de plus en plus rare pour avoir des cartes de plus en plus puissantes. (Truc sympa : vous pouvez convertir vos doublons du niveau R ou supérieur en médailles, pour essayer d’obtenir une autre carte.) Vu que c’est un free-to-play japonais, vous connaissez à peu près la musique : vous composez une équipe avec vos cartes, et c’est elles qui se battent en votre nom lors des combats face aux boss. Le principe est celui d’un pierre-feuille-ciseaux tout con, dans lequel les Ninjas (Rouge) battent les Démons (Bleu), qui battent les Soldats Américains (Jaune), qui battent les Ninjas. Et le Gold ? C’est là que ça devient vraiment sympa.

Le Gold vous permet de payer pour l’entraînement de vos cartes (12). Vous prenez la carte que vous voulez améliorer, vous choisissez des cartes inférieures à sacrifier, et vous dépensez le Gold pour que la carte gagne en XP. (Deuxième truc sympa : le jeu a un bouton qui calcule automatiquement le niveau auquel arrivera la carte, comme ça vous pouvez éviter de payer trop cher pour rien). Et c’est là qu’intervient la partie hentai de ce free-to-play hentai. Toutes les cartes de niveau R ou supérieur ont une ou plusieurs scènes H qui leur sont associées, et qui sont débloquées lorsqu’elles atteignent leur niveau maximal. Et là, c’est un peu la fête du slip. (Troisième truc sympa, alliage parfait du thème et des mécaniques : l’animation de level-up d’une carte c’est de se faire encercler de chaînes, puis fouettée.)

Certes, les scènes n’ont pas de musique, mais elles sont doublées, et, surtout, elles sont illustrées par un Who’s Who des meilleurs dessinateurs de hentai un peu tordu. Kagami et Aoi Nagisa, les illustrateurs réguliers de la série et de ses spin-offs, sont ici rejoints par des gens qu’on a vu dans d’autres productions Lilith, comme ShindoL, mais aussi des nouveaux comme Mizuryu Kei, Erect Sawaru ou Fei. Les mauvaises langues pesteront tant leurs styles sont différents, mais les vrais amateurs sauront apprécier à leur juste valeur. Et toutes ces scènes sont facilement accessibles via l’album qui vous permet de voir en un clic vers qui vous devriez porter votre attention. (13)

Et là, vous vous demandez où se trouve la douloureuse. « Ceci m’a l’air fort bon », vous me dites. « Mais, il y a forcément un piège à gogos quelque part, un puits sans fond dans lequel tombent les économies de consommateurs moins avertis que moi, non ? ». Même pas. Okay, vous pouvez payer pour avoir accès au Gacha premium et avoir plus de chances de tomber sur une carte ultra-rare, mais vous pouvez tout aussi bien recevoir des tickets gratuits. Le Shop en 14 ? Tout juste vous permet-il d’acheter des potions pour recharger endurance et BP, que vous pouvez tout aussi bien dropper pendant une quête, dans des versions moins puissantes, certes, mais toujours utiles. A aucun moment, sauf si vous êtes pressés, vous n’avez à dépenser le moindre sou.

Alors, et puisque la fin d’année réclame nombre de bilans : est-ce que Taimanin Asagi ~Kessen Arena~ est le meilleur jeu de 2014 ? Bien sûr que non. Le meilleur jeu porno ? Je ne crois pas. Le meilleur free-to-play alors ? Non. Mais dans sa catégorie à lui, le jeu propose un moment intéressant et détendu, qui évite les travers de ses pairs en ne se transformant pas en à travail à temps complet où le patron est une machine capricieuse. Avec le bonus non négligeable de scènes hentai de qualité qui sauront plaire aux amateurs. Qu’est-ce que ça vous coûte d’essayer ? Si vous avez besoin d’un guide plus complet, voilà celui que j’ai utilisé.

Sur ce, joyeux Noël, les loulous. On se revoit en 2015, promis ça va déchirer.

P-S : Durant la rédaction de cet article, je me suis rendu compte qu’on pourrait faire exactement le même jeu, mais avec les cyberbastons de rue de l’univers de Dramatical Murder à la place du combat millénaire entre démons et ninjas. Et genre, à la place des guerrières en tenues improbables on a des jolis garçons en tenues improbables. Je dis qu’il y a carrément moyen de se faire un bon paquet de thunes là-dessus, si vous avez des contacts chez Nitro+Chiral, essayez de faire passer, je demande pas grand chose, juste plus de CGs avec Virus et/ou le boule à Clear. Merci.

P-P-S : Je cherche toujours un bon nukige yaoi, si ça peut aider j’ai déjà fait Hadaka Shitsuji et c’était BIEN BIEN BIEN. Merci.

One Response to “Taimanin Asagi ~Kessen Arena~”

  1. home dit :

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