Poum Poum Comics Vol. 2 #3

Posted juin 22nd, 2012 by Arez and filed in Comics

Je ne sais pas si c’est la saison, mes hormones ou le fait que j’aie une semaine pour me préparer mentalement à [spoiler du prochain chapitre de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, sortie la semaine prochaine], mais je ressens à travers tout mon corps ce frisson qui me donne envie de te parler d’amour. Alors voilà, cette semaine, on fait péter les petits cœurs, on s’assoit tous les deux dans l’herbe, et on sent le vent sur sa peau.

Enfin non, pas tout de suite. D’abord, je dois te relater une anecdote. Il y a bientôt un mois de cela, peu après la cérémonie des Sama Awards, alors que mon corps était sur le point de me faire payer les deux jours d’Epitanime qui avaient précédé, je discutais avec l’incroyable Lewis de nos lectures diverses et variées. Au détour de notre conversation, le sujet de Batwoman est arrivé, et je crois -mais ma mémoire pourrait avoir été trompée par mon manque de sommeil- avoir déclaré que si Batwoman #10 avait une autre double-page en forme de chauve-souris, j’abandonnerais le titre sans nulle autre forme de procès.

Heureusement pour Williams III, Blackman et McCarthy, il n’en est rien. Mais si le vocabulaire graphique de la mise en page change, il reste un assez gros problème dans l’arc en cours, et c’est l’insupportable manière avec laquelle le scénario saute de flashback en flashback, assassinant toute notion de cohérence dans la temporalité, et coupant systématiquement le moindre élan que l’histoire pourrait proposer. Il reste des moments de réussite dans ce numéro, surtout quand il se concentre sur un seul personnage, comme dans ces passages avec Jacob ou Maggie, et les illustrations de Trevor McCarthy parviennent à s’inscrire dans une continuité stylistique avec ce que fait J.H. Williams III. Toutefois, on est toujours assez loin de la qualité des numéros précédents, mais il y a du mieux.

Je te l’accorde, tout cela ne contenait pas beaucoup d’amour. Alors on va parler un peu de Saga #4, parce qu’à l’intérieur il est justement question d’amour. En tout cas, plus que d’habitude, puisque Marko doit expliquer à Alana pourquoi il a cité le nom d’une autre femme alors qu’il était en train de se vider de son sang.

A ce moment précis de mon propos, je dois te rappeler que Marko est un homme avec les cornes et les oreilles d’un bélier, que lui, sa femme et son bébé et leur baby-sitter qui est un fantôme rose fluo qui s’est fait arracher les jambes sont poursuivis par un chasseur de primes et son coéquipier, une sorte de puma qui parle. Puis, je dois ajouter que dans ce numéro, ledit chasseur de primes s’arrête sur une planète-partouze faite de pur hédonisme, et que le tout est une fois de plus admirablement illustré par la fort talentueuse Fiona Staples.

Mais la vraie force de Saga, c’est que ces personnages qui semblent tout à fait extraordinaires parlent et agissent comme des gens parfaitement ordinaires. Mieux encore, les excellents dialogues de Brian K. Vaughn construisent de manière toute à fait naturelle l’univers dans lequel se déroule l’action. Du coup, on se retrouve irrésistiblement attaché à Saga, et ça c’est gros câlin.

Puisque je vois que l’idée de partouze planétaire t’a quelque peu émoustillé, parlons un peu de Casanova: Avaritia IV, dans lequel tout un espace-temps se fait niquer par devant, puis par derrière, puis en biais, puis à nouveau par devant. Je crois. Je t’ai déjà fait part de tout l’amour que j’ai pour l’oeuvre de Fraction, Moon et Bá, du coup je devrais être assez bien placé pour tenter de t’expliquer ce qu’il se passe dans ces pages, mais je suis absolument infoutu de t’apporter la moindre explication. Mais après tout, y en a t-il vraiment besoin ? Est-ce que tu lis Casanova pour comprendre ce qu’il s’y passe ? Probablement pas. Casanova se lit d’abord et avant tout pour la putain de magie étalée sur toutes les pages, et pour les méta-délires ultra stylisés dans lesquels Matt Fraction et ses collaborateurs veulent s’embarquer, et sur ce front cette dernière livraison balance la sauce. Alors oui, peut-être qu’objectivement c’est absolument n’importe quoi, mais j’aime cette série d’un amour fou et personne ne m’arrêtera.

Je ne comprends pas ce qu’il se passe entre Daredevil #14 et moi. Waid fait ses jolies pirouettes, Samnee les illustre avec le talent qui est le sien, mais ça ne marche plus. Parce que ce serait totalement crétin de mettre ça sur le dos d’une quelconque « magie » qui serait partie, et parce que ça ne serait pas une vraie rupture si on ne tentait pas de se trouver des excuses, tentons d’expliquer tout ça. Il y a eu le cross-over qui a fini sur un total anti-climax. Il y a eu les changements de dessinateurs, qui ont foutu en l’air toute notion de cohérence esthétique d’un numéro au suivant. Quand on arrive au numéro actuellement sur mon bureau, le constat est aussi triste qu’inévitable : on ne sourit plus dans Daredevil, et c’est sans doute ça le plus grave.

Tant que j’en suis à évoquer mes tourments, parlons de Before Watchmen: Comedian #1. Après deux numéros assez bons mais aussi plutôt scolaires écrits par Darwyn Cooke, Brian Azzarello et J.G. Jones arrivent et font tout péter, au moins métaphoriquement. Si on peut se réjouir qu’Azzarello décide ainsi de s’approprier le personnage d’Eddie Blake, il y a quelques problèmes dans la manière dont il s’y prend. D’abord, il y a ce besoin constant de se caser dans l’Histoire, qui donne cette sale impression de revoir Astérix aux Jeux Olympiques tant les apparitions de vrais personnages historiques y semblent forcées. Et puis il y a ce scénario, qui se concentre un peu trop longtemps sur des scènes qui devraient être expédiées assez rapidement. J.G. Jones offre des dessins assez magnifiques, mais ne fait rien de vraiment spécial en termes de structure ou de présentation.

Du coup, les quelques changements que ce numéro propose au niveau des faits établis dans Watchmen ont beaucoup de mal à passer. Le premier, celui de montrer un côté plus sympa d’Eddie Blake, est sans doute nécessaire pour montrer comment il va devenir de plus en plus cynique au fur et à mesure que le monde autour de lui s’écroule. Le deuxième, que je tairai ici parce que les spoilers c’est mal, s’inscrit dans la même démarche, mais ne parvient pas à convaincre de sa nécessité. Mais après tout, c’est peut-être le mot d’ordre de Before Watchmen, d’avoir du mal à convaincre de sa nécessité.

Voilà, j’ai bien tapé sur DC, alors maintenant, des mots sur Avengers Vs. X-Men. D’abord sur Avengers Vs. X-Men #6, de Johnathan Hickman et Olivier Coipel, certainement le numéro le plus réussi de tout cet event. Avec les pages supplémentaires, Hickman redistribue sereinement les cartes pour commencer le deuxième mouvement de la grande baston entre héros de Marvel avec clarté et finesse. Et contrairement à Romita, Coipel a décidé de s’y mettre à fond, du coup, c’est un peu le gros spectacle visuel dans ta face. Je t’épargne le résumé, mais ça fonctionne carrément, et je commence peut-être à avoir du mal à tenir ma position pro-Avengers.  Niveau tie-insSecret Avengers #28 boucle son truc de fort belle manière, comme on pouvait s’y attendre venant de Remender et Guedes. C’est saboté par Bendis dans Avengers et AvX est passé à autre chose, mais bonne lecture néanmoins. Avengers Academy #32 profite de la situation pour renouer avec la justesse émotionnelle qui en avait fait un titre à suivre. La figure est simple, mais réalisée avec intelligence et efficacité, ce qui permet à Christos Gage de ressortir la tête de l’eau.

Mais la star de la semaine niveau AvX, c’est une fois de plus Kieron Gillen, qui signe avec Uncanny X-Men #14 le début de l’arc qu’il avait commencé à préparer depuis le début de son run. Il montre à nouveau la maîtrise de son sujet, ici Mister Sinister, fantastique en dictateur-savant fou-maniaque égocentrique. Mais si son scénario est fantastique, c’est les excellents dessins de Dustin Weaver qui finissent de convaincre. La manière avec laquelle il illustre le Londres victorien pas steampunk mais presque que Sinister s’est construit sous San Francisco est absolument sublime, et mérite définitivement le coup d’œil. Et la suite s’annonce plus que prometteuse, alors il y a de quoi être satisfait.

Mais, puisque le cœur a ses raisons que la raison ignore, et que j’aurais bien du mal à te dire tout le bien que je pense de Journey Into Mystery #640 et ses histoires de divinités citadines, passons directement au PICK OF THE WEEK, celui que j’aime plus que tous les autres, Wonder Woman #10. Si d’aucuns s’étaient inquiétés de la direction que prenait Wonder Woman après la controverse soulevée par le #7, ce numéro ne laisse plus aucun doute : Azzarello sait ce qu’il fait. Au cœur de ce numéro, il y a un drame familial, comme il y en a des centaines dans la mythologie grecque, que Wonder Woman va résoudre de la manière la plus appropriée possible pour Wonder Woman. En une page, on comprend pourquoi Diana est aussi spéciale. Ajoutez à cela des dialogues toujours aussi malins, et faites illustrer ça par Kano et Tony Akins, qui offrent ici des scènes d’action fort satisfaisantes, et vous avez un sacré morceau de bravoure, avec plein de petits bouts d’amour en dedans. C’est absolument magnifique.

6 Responses to “Poum Poum Comics Vol. 2 #3”

  1. Gemini dit :

    Je ne suis pas sûr que le but soit d’expliquer comment le Comédien est devenu cynique et violent. Il l’était déjà à l’époque de Minutemen. Mais cette relation privilégiée m’interpelle malgré tout ; même si nous l’avons toujours vu comme un salopard, nous savons qu’au moins un membre des Minutemen a trouvé en Eddie Black un personnage sensible et aimant, alors pourquoi pas dans sa propre série. Je reste toutefois plus dubitatif que pour Minutemen #1 (je n’ai pas lu Silk Spectre #1 dans la mesure où je me désintéresse totalement du personnage), mais je lirai la suite.

    • Vicky dit :

      Stands back from the keyboard in amemazent! Thanks!

    • Hey, there are a couple guys from our youth group going to Canyon City, CO this month. Maybe they could pick up your notebooks for you if someone could connect them? (Nothing like volunteering someone else but I’m pretty sure they wouldn’t mind to do it)

    • http://www./ dit :

      I’m sorry you don’t like my writing. I’m heartbroken… truly. I might even cry! Or, y’know… not. My main point about Madden was that it would be far better for more than one company to have the rights to make official NFL games. How ANYONE could disagree with that, I don’t know. But hey, it’s YOUR opinion, so it’s fine.

    • Do I sound like a broken record? LOVE, LOVE, LOVE the post! So inspriational. Would love to come up with a theme for my family as well. Looking foward to following you on your journey– back in the saddle again and hitting all the markers/milestones.You have a talent with words and images… thank you so much for sharing and inspiring.With love,Merr

    • Claro. Es una forma ladina de abaratar los salarios: de esa forma los empleados están hipnotizados con sus gadgets (¡los muy membrillos…!) pero les vas haciendo trabajar mas horas por el mismo dinero sin que se den cuenta.

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